Droits de l’homme
L’avocat et ancien juge Haitham al-Maleh est membre de la direction et ex-président de l’Association des droits de l’homme en Syrie (HRAS). Il fait partie d’un petit cercle de militants des droits de l’homme qui plaident pour la suppression de l’état d’urgence en Syrie instauré en Syrie depuis 1980. Il est aussi militant actif contre la peine de mort requise pour les membres de la Confrérie musulmane et plaide pour la libération de tous les prisonniers politiques.
Al-Maleh avait déjà séjourné 6 ans en prison dans les années 80 à cause de ses activités. En 2006, il a reçu la distinction néerlandaise Geuzenpenning en récompense de son dévouement pour la démocratie et les droits de l’homme en Syrie.
"Je ne vais pas se reposer pour autant", affirme en riant Haitham al-Maleh. L’avocat des droits de l’homme syrien, âgé de 80 ans et libéré contre toute attente mardi dernier, continue son combat pour la démocratie et la liberté. Au micro de Radio Nederland, il exprime son vœu de pouvoir continuer. "Si Dieu me permet de vivre encore quelques jours ou quelques années, je vais continuer à me battre contre les dictateurs syriens."
Al-Maleh a été emprisonné au mois de juillet 2010 pour motif d’"affaiblissement de l’ordre national". L’avocat des droits de l’homme avait exprimé sa critique sur la corruption en Syrie et avait demandé au président Bachar al-Assad de parler ouvertement sur le sort des milliers de prisonniers politiques qui sont portés disparus depuis des années.
La libération soudaine d’Al-Maleh, qui avait reçu la distinction hollandaise "Geuzenpenning" en 2006, est due aux autorités syriennes. La décision serait la conséquence d’une décision d’amnistie général prise pour les prisonniers qui purgent des peines légères ou qui sont âgés de 70 ans ou plus. Cette amnistie correspond au 48e anniversaire de la prise du pouvoir par un coup d’Etat du parti Baath en 1963.Révolutions
Al-Maleh ne croit pas que sa libération ait un lien quelconque avec les révolutions qui ont lieu dans les pays arabes voisins. "Le président Al-Assad n’a pas modifié ses stratégies. Son comportement est toujours le même. Même à la lumière de ce qui se passe autour de lui", déclare-t-il au micro de la rédaction arabe de Radio Nederland.
L’avocat des droits de l’homme en profite pour ajouter que l’armée syrienne et les services secrets détiennent toujours au moins 4.000 prisonniers politiques. "Et aucun d’entre eux n’a été libéré. Mes 11 amis non plus."
Espoir de changement
Haitham al-Maleh fait allusion aux écrivains, journalistes, membres de l’opposition et avocats qui ont été emprisonnés ces 5 dernières années. Ils ont fait ensemble une grève de la faim en protestation aux pressions politiques et détentions de masse. Al-Maleh n’est cependant pas désespéré de voir des changements dans son pays. Même s’ils ne vont pas de soi : depuis la révolution en Egypte et en Tunisie, les autorités syriennes ont au contraire intensifié les arrestations de dissidents et de membres de l’opposition.
















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