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mardi 2 septembre  
Au Burundi, ce barrage a été conçu et construit par un seul homme
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Mageyo, Burundi
Mageyo, Burundi

Les turbines de Peres ne tournent pas que dans sa tête

Publié le : 25 février 2014 - 12:44pm | Par Rédaction Afrique (Photo : Léonce Bitariho/RNW)
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Grâce à lui, des dizaines de ménages ont l’électricité. Le jeune Peres Niyonsaba est étudiant, il a 33 ans et a construit de ses mains plusieurs barrages hydroélectriques. Il compte bien élargir son action dans d’autres provinces de son pays.

Par Léonce Bitariho, Mubimbi

La microcentrale hydroélectrique de Mageyo est construite sur la rivière Muhunguzi. Si vous voulez la voir, rendez-vous à une vingtaine de kilomètres de la capitale burundaise, sur le territoire de la commune Mubimbi, province de Bujumbura, à moins de cinq cents mètres au sud de la route nationale n°1 Bujumbura-Bugarama. C’est une œuvre qui dépasse l’imagination si on apprend qu’elle a été réalisée par un seul homme, étudiant de surcroît, qui planche toujours sur les bancs d’un collège à Nairobi, au Kenya.

Des rondins de bois et des sacs de sable
Peres Niyonsaba raconte volontiers comment il a construit le lac de retenue, à l’aide de moëllons, de rondins de bois et de sacs de sable. Entre le lac de retenue et la turbine située à une dizaine de mètres, d’autres constructions sont érigées : "D’abord le canal d’amenée, construit sur base de fûts troués et liés l’un à l’autre, puis la chambre d’équilibre qui stabilise l’eau, laquelle se versera de façon constante dans la conduite forcée avant d’arriver à la turbine qui produira de l’électricité à travers un générateur." À l’écouter, un jeu d’enfant.

On peut aller au cinéma !
De part et d’autre de la microcentrale de Peres, les fils électriques tendus sur des pylônes en bois conduisent l’électricité vers les ménages, dans les boutiques, et, détail non négligeable, vers le cinéma. "Mon barrage produit dix mille watts, soit 10 kilowatts, éclairant au moins 43 ménages de la localité. Ce nombre s’accroît de jour en jour", s’enthousiaste Peres. Dans un rayon d’un kilomètre, on compte plusieurs activités utilisant "son" électricité : coiffure, charge de batteries, soudure, télévision, photocopie, etc.

Philippe Harerimana est en train de charger une vingtaine de batteries de véhicules. Encore ébahi, il se réjouit de l’œuvre du jeune homme. "Aujourd’hui, je gagne quelques dollars grâce à ce micro-barrage." Un peu plus loin, Didace, un coiffeur, vante l’action du jeune Peres. "Il devrait être soutenu par l’État pour avancer dans ses projets, afin que nous puissions nous développer davantage." Ce souhait s’avère d’autant plus fondé quand on sait qu’aucun autre village n’est éclairé en électricité dans toute la commune, même dans le chef-lieu de celle-ci.

L’argent se trouve dans les poches des gens
Alors qu’un organisme public a besoin de plusieurs années pour mettre en oeuvre la construction d’un barrage, la microcentrale de Mageyo n’a pas pris deux mois pour que Peres en vienne à bout. "Les travaux de construction de mon barrage ont commencé le 16 juin 2013. Le 1er août de la même année, un premier ménage était éclairé."

  • Le barrage consruit par Peres alimente de nombreux foyers<br>&copy; Photo : Léonce Bitariho  - http://www.rnw.nl/afrique
  • Détail du barrage hydroélectrique de Mageyo<br>&copy; Photo : Léonce Bitariho  - http://www.rnw.nl/afrique
  • Grâce au barrage, on peut charger des batteries électriques<br>&copy; Photo : Léonce Bitariho  - http://www.rnw.nl/afrique

Le jeune étudiant en électricité a un projet d’extension de son barrage, qui devrait produire au moins 50 kilowatts, afin d’alimenter davantage de foyers et sur au moins quatre zones de plus au niveau de sa commune. Ce projet lui coûtera environ 130 millions de francs burundais [environ 84 000 US dollars, NDLR].

N’est-ce pas une grosse somme pour Peres ? "Non. L’argent existe et se trouve dans les poches de certaines gens. Il faut d’abord avoir le projet, ensuite la capacité et la volonté de le réaliser. L’argent, qui vient en troisième position, ne peut jamais manquer."

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Des projets plein la tête
Peres Niyonsaba ne compte pas se cantonner à sa région pour le développement de son entreprise. Des études ont été réalisées sur deux rivières en province Bubanza de l’ouest du Burundi, ainsi que sur la Ruvyironza en province Gitega, au centre du pays. Entre-temps, une autre microcentrale de 15 kilowatts est en phase de se terminer dans la province de Cibitoke, dans le nord-ouest du pays.

Peres Niyonsaba et l’électricité deviennent peu à peu des amis inséparables. À l’âge où ses congénères ont souvent d’autres centres d’intérêt, le jeune homme dit n’avoir pas le temps de se reposer, pensant électricité, parlant électricité, rêvant électricité. "Quand je rêve le soir ou dans mes pensées au quotidien, c’est toujours l’électricité qui tourne dans ma tête", confie-t-il.

Recommandés

damien 21 août 2014 - 3:07pm / France

Ce sont ceux qui n'ont rien qui font avancer les choses. La preuve encore une fois. Il a fais ce barrage de ses propres mains en plus en deux mois. Si il pouvait le faire à l'aide de pile bouton ou rechargeable j'en suis sure qu'il y arriverait. Avant je bossais chez http://www.piles44.com/ et je trouvais des talents comme lui qui avaient des idées comme celui ci pour aider leurs proches et entourages.

Alexanka 5 mars 2014 - 10:39am / Burundi

C'est une bonne chose. Peres Niyinsaba devrait servir d'exemple pour les jeunes burundais, surtout ceux qui rêvent faire du mal aux autres, afin qu'ils changent de mentalité.

Denis Ndagijimana 3 mars 2014 - 9:44am / BURUNDI

JE VEUX JUSTE MONTRER MA SATISFACTION POUR ENTENDRE UN JEUNE BURUNDAIS QUI REUSSI A REPONDRE AUX PREOCCUPATIONS NATIONALES, UNE VOIE VERS LE DEVELOPPEMENT SOUTENU, CAR L'ELECTRICITE EST UN DEFI AU BURUNDI.
JE CROIS QUE, CE JEUNE INOVATEUR MERITE UN SOUTIEN TANT NATIONAL QU'INTERNATIONAL, CAR IL A BESOIN D'ETRE ASSISTE DANS SON LOUABLE PROJET, QUI D'AILLEURS, S'APPERENTE A CELUI QUI PREOCCUPE LA BANQUE MONDIALE DANS LA VOIE D'AIDER LE BURUNDI A SE RELEVER.

SOYEZ SOUTENU!

Anonymous 3 mars 2014 - 9:35am / BURuNDI

Courage Monsieur Peres! Ton projet est rentable et productif. Vraiment, je suis ravi d'entendre un Burundais inovateur jusqu'a ce degre.
Uburundi bukeneye abantu beshi nka Peres Niyonsaba, qui est practicien et non pas theoricien.

Anonymous 3 mars 2014 - 9:35am / BURuNDI

Courage Monsieur Peres! Ton projet est rentable et productif. Vraiment, je suis ravi d'entendre un Burundais inovateur jusqu'a ce degre.
Uburundi bukeneye abantu beshi nka Peres Niyonsaba, qui est practicien et non pas theoricien.

Tuyishemeze 2 mars 2014 - 8:55pm / Burundi

Il faut encourager des personnes ambitieuses

Anonymous 2 mars 2014 - 4:06pm / Rd Congo

Ce vraiment genial notre connaissance scientifique doit etre une solution pratique aux problemes de notre pays! que les hommes d'affaire et le gouvernement de ton pays te soutiennent monsieurs peres pour ces plus grandes realisations de ta vie. je suis congolais mais très fier de toi

AnonymousNIKOBAHOZE Ernest 2 mars 2014 - 1:45pm / BURUNDI

Je suis vraiment heureux que de jeune gens coome lui puisse penser à l'avenir de leur patrie
Coup de chapeau bonne continuatio, les medias à lui faire une place dans les 50PERSONNALIT2S QUI FONT AVANCER LE PAYS.

Eugene Ndayishimiye 1 mars 2014 - 1:15pm / Senegal

C'est une très bonne chose, mais il faut aussi considerer les questions d'environnement ! Le gouvernement ne devrait pas assister seulement à la multiplication des barrages sans etudes préalables de l'impactr environnemental, c'est important.
Merci

NTAKIRUTIMANA Come 1 mars 2014 - 10:01am / Burundi

C`est une initiative que j`encourage et je lui souhaite de progresser vers l`avant. Le Burundi etant un pays pauvre en source energetique peut etre, un fois que ces microcenrales developpes, meme l`economie natuionale est amelioree.

NTAKIRUTIMANA Come 1 mars 2014 - 9:57am / Burundi

C`est une initiative que j`encourage et je lui souhaite de progresser vers l`avant. L

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