Un certain nombre de pays industriels en développement préparent un vaccin contre la grippe A. L’Inde, Le Brésil, le Mexique, l’Indonésie et l’Afrique du Sud entre autres, ne souhaitent pas bénéficier des donations de vaccins proposées par L’Organisation Mondiale de la Santé. Mais cette décision semble très ambitieuse.
L’OMS nous mettait en garde : les pays pauvres sont souvent laissés pour compte lorsqu’il s’agit d’achat de vaccins. Ces prévisions se sont pleinement réalisées.
En effet, la demande mondiale est tellement élevée que seuls les gouvernements ayant effectué leur commande longtemps à l’avance disposent du vaccin. Et même ces privilégiés ne disposent pas de suffisamment de doses pour vacciner toute leur population à temps.
Priorités
Un certain nombre de pays de l’hémisphère sud ont choisi de prendre les rennes. Un vaccin contre la grippe A, et un vaccin contre le sida, leur permettrait d’être autonomes et de ne plus dépendre de l’Occident. Une bonne initiative, selon le spécialiste sanitaire Remco van de Pas, de l’association humanitaire Wemos, mais il s’interroge sur la nécessité d’accorder cette priorité au virus H1N1, et d’y consacrer autant de ressources financières et intellectuelles, ou bien s’il serait préférable d’accorder davantage d’attention à d’autres problèmes.
La question se pose particulièrement pour les pays où beaucoup meurent du sida, de la malaria et de la tuberculose et ou le développement d’un vaccin contre la grippe A semble être un gâchis d’argent. Des fonds qu’il serait préférable d’employer pour éradiquer les maladies pour lesquelles un traitement existe déjà. Les populations pauvres souffrent souvent de malnutrition et de manque de soins médicaux. Lorsque ces problèmes de base seront résolus, la résistance naturelle à la grippe se sera sûrement améliorée.
Exigences de sécurité
Le manque de connaissances des pays intéressés est un problème majeur. Même l’Inde qui est pourtant très expérimentée dans le domaine pharmaceutique va pour la première fois mettre un vaccin antigrippal sur le marché. Ceci requiert d’énormes investissements pour les laboratoires qui doivent satisfaire aux normes de sécurité les plus strictes. La base d’un vaccin étant un virus vivant, il serait catastrophique que celui-ci s’échappe.
M. Van der Pas ne prévoit pas qu’une surveillance médicale suffisante soit mise en place après la vaccination. Il doute de la capacité des pays en développement à contrôler les effets du vaccin. Les connaissances de ces pays en matière de contrôle de qualité font défaut. De plus, M. Van de Plas s’interroge sur le réel intérêt des entreprises pharmaceutiques pour la santé publique et pense que le profit pourrait être un motif plus important à leurs yeux. Il s’inquiète également de la façon dont le vaccin serait distribué.
De plus ces pays sont en retard dans la course au vaccin. Il est probable que le virus ait déjà muté ou totalement disparu lors de la mise sur le marché du vaccin H1N1 sud-africain en 2010 ou 2011.
Des soins corrects
Une fois les problèmes de fabrication résolus, il faudra que le vaccin soit mis à la disposition des populations, du personnel de santé et des enfants en priorité. Les plus démunis et les habitants des milieux ruraux doivent aussi y avoir accès. Et la campagne de vaccination doit être abordable. C’est une entreprise qui s’avère quasiment impossible.
Il y a peu de subventions pour ces opérations. Un accès équitable au vaccin est difficile. Les pays en développement semblent surtout combler les attentes d’une classe moyenne croissante dans les villes, qui peut financièrement se permettre des soins et des médicaments modernes.
Photo: ANP Koen van Weel














Placez votre commentaire