La loi néerlandaise sur l’euthanasie fait parfois froncer les sourcils au-delà des frontières nationales. A intervalles réguliers, ses détracteurs dans les médias étrangers affirment qu’il est très facile de pratiquer l’euthanasie aux Pays-Bas. Les personnes âgées, par exemple, ne seraient pas sûres de leur vie dans les hôpitaux. Une clinique ouvrirait même ses portes, prochainement, où les personnes lasses de vivre pourraient mettre fin à leur existence. Des chimères. Mais qu’en est-il de la réalité ?
Mythe 1 : Il est très facile de pratiquer l’euthanasie aux Pays-Bas.
L’euthanasie aura été légalisée il y a exactement dix ans en avril 2012. Elle permet à un médecin de mettre un terme à la vie d’un malade sur la demande formelle de celui-ci et uniquement en cas de souffrances physiques intolérables – lors de maladies incurables par exemple – ou de problèmes psychiques sans aucune perspective d’amélioration. Tous les cas d’euthanasie doivent être rapportés à une commission de contrôle.
L’euthanasie et le suicide assisté sont en principe interdits par la loi et passibles d’une peine de prison de 12 ans maximum. Cependant, le médecin n’est pas poursuivi s’il a rempli toutes les conditions requises.
Mythe 2 : Les personnes âgées préfèrent se faire soigner dans un hôpital à l’étranger. Elles craignent être tuées par un médecin dans leurs propres hôpitaux.
Les hôpitaux ne peuvent d’eux-mêmes mettre un terme à la vie d’un patient. Les Néerlandais se rendent parfois dans un hôpital à l’étranger, car ils peuvent y subir une intervention chirurgicale ou suivre un traitement plus rapidement.
Mythe 3 : Les enfants peuvent se débarrasser de leurs vieux parents pour empocher l’héritage.
Les enfants n’ont aucune autorité en cas d’euthanasie de leurs parents. L’euthanasie ne peut être pratiquée que lorsque le malade a fait savoir à plusieurs reprises et en toute lucidité qu’il ne veut plus continuer à vivre dans certaines conditions. Il doit faire sa déclaration de fin de vie oralement et par écrit auprès d’un médecin avec lequel il a établi une relation de confiance.
Il doit être prouvé que les souffrances du patient sont insupportables et sans espoir de guérison. Toute personne atteinte de sénilité ne peut formuler une demande d’euthanasie étant donné qu’elle n’est plus en possession de ses facultés mentales. La demande d’euthanasie doit donc être formulée avant que le malade ne soit atteint de sénilité. Les membres de la famille du patient peuvent surveiller la réalisation de la déclaration de demande d’euthanasie de leurs parents.
Mythe 4 : Les Pays-Bas vont ouvrir une clinique où il est possible de mettre fin à sa vie.
L’Association néerlandaise pour une fin de vie volontaire (NVVE) va ouvrir, durant le second semestre 2012, une clinique d’euthanasie. Les patients pourront s’y rendre s’ils répondent aux critères formulés dans la loi sur l’euthanasie mais que leur propre médecin n’est pas disposé à mettre un terme à leur vie.
Après avoir fait une demande de prise en charge, le patient est soumis à un entretien et reçoit ensuite la visite d’un médecin et d’un(e) infirmier(e). Ils étudient et évaluent scrupuleusement si le patient répond effectivement aux critères formulés par la loi sur l’euthanasie. Une relation de confiance est également établie avec le patient. Une fois que la décision de pratiquer l’euthanasie est prise, ils étudieront tout d’abord si le patient peut mourir chez lui. Si c’est impossible, le patient peut alors être pris en charge par la clinique d’euthanasie. Celle-ci fera partie de l’Association néerlandaise pour une fin de vie volontaire (NVVE) et sera donc reconnue aux Pays-Bas.
Mythe 5 : Un seul coup de fil et une équipe mobile passe pour mettre fin à votre vie.
Depuis le 1er mars, six équipes ambulantes sont actives. Ces équipes de la NVVE comprennent un médecin et un(e) infirmier(e) qui à la demande du patient viennent lui rendre visite chez lui. Et ce, quand le médecin ne peut ou ne veut pratiquer l’euthanasie ou le suicide assisté, alors que le patient répond aux critères de la loi. L’équipe et le malade font ensuite appel à un consultant indépendant, qui établit si le patient répond effectivement aux critères.
Mythe 6: Les Néerlandais portent un bracelet qui indique qu’ils ne veulent pas être euthanasiés.
C’est Rick Santorum, candidat républicain à la présidentielle américaine, qui a tenu récemment ces propos.
Les vieillards néerlandais porteraient un bracelet indiquant "ne pas m’euthanasier". Le quotidien the Washington Post a vérifié cette affirmation et a pu rassurer les Américains. Il n’en est rien. Sur quoi se basait Santorum ?
L’hôpital Albert Schweitzer, à Dordrecht, dans le centre des Pays-Bas, a introduit un système de bracelet. Les patients qui ne veulent pas être réanimés après un accident portent un bracelet rouge. Les médecins savent aussi quels patients ne veulent pas être réanimés.
Mythe 7 : "10% des Néerlandais décèdent chaque année par euthanasie et y sont souvent obligés", a dit Santorum.
Sur une population de plus de 16,5 millions d’habitants, 136.058 personnes sont décédées au Pays-Bas en 2010. Cette année-là, 3.136 appels pour une euthanasie volontaire ont été recensés. Ce qui représente 2,3%, et non pas 10%. Sur la base de l’étude d’évaluation la plus récente (2007), il ressort que 80% des cas environ sont enregistrés. L’euthanasie forcée n’est pas autorisée aux Pays-Bas.
Mythe 8 : Tout le monde peut venir aux Pays-Bas pour mettre fin à ses jours.
Ces propos sont écrits sur le site web Sina.com. Quiconque veut faire une demande d’euthanasie doit tomber sous le coup de la loi néerlandaise. Les étrangers n’ont pas le droit d’aller aux Pays-Bas uniquement pour faire une demande d’euthanasie. La procédure exige que le patient fasse cette demande de plein gré et après maintes réflexions, et que ses souffrances soient intolérables et sans espoir de guérison. De plus, le médecin doit bien connaître le patient pour pouvoir évaluer la situation.
L’euthanasie peut être pratiquée chez des jeunes enfants handicapés ou les nouveau-nés ayant peu de chances de survie. Dans ce cas, puisque les enfants n’ont pas fait de demande de fin de vie et n’ont pu donner d’autorisation, on parle d’"agir pour une fin de vie sans demande expresse du patient". Médecins et parents peuvent décider ensemble de ne pas démarrer ou poursuivre un traitement médical qui serait inutile ou n’offrirait aucune perspective. Les enfants entre 12 et 16 ans ont besoin d’avoir une autorisation de leurs parents ou tuteurs pour faire une demande d’euthanasie. Cette autorisation n’est plus nécessaire si l’enfant a 16 ans ou plus.















bonjoure je vit en suisse je veux me susider avec un medoce comme jait vus sure votre site vous pouver envoyer se quelle feaux .
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