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jeudi 23 octobre  
Des clandos devant le bureau de recensement
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N’Djaména, Tchad
N’Djaména, Tchad

Les motos-taxis hors des villes ?

Publié le : 19 décembre 2012 - 6:00am | Par Rédaction Afrique (© Photo : Mohamadou Houmfa)
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Chômage oblige, beaucoup de jeunes en Afrique, parfois diplômés d’universités, se sont reconvertis dans le métier de moto-taximen. De plus en plus nombreux au Tchad, ils posent désormais de sérieux problèmes aux autorités qui tentent de réguler le secteur, jusqu'à vouloir les pousser hors des villes.

Par Mohamadou Houmfa, N’Djaména

Motos-taxis au Cameroun, Clandos au Tchad, Okada au Nigéria, Zemidjan au Togo ; les motos utilisées à des fins de transport public se multiplient en Afrique à un rythme vertigineux. Sur un continent rongé par le chômage et confronté à un exode urbain sans précédent, l’activité des motos-taxis, souvent exercée de façon informelle, est très vite devenue un moyen de subsistance.

En attendant un véritable travail
C’est le cas d’Abakar, arrivé à N’Djaména, capitale du Tchad, il y a 6 ans. Il y a vécu chez un oncle mais très vite, il est devenu encombrant. "Je mangeais et dormais chez lui sans rien rapporter à la maison. Non seulement j’étais une charge, mais je voulais devenir autonome. C’est comme ça que je lui ai demandé de m’aider à faire une activité. Il m’a aidé à avoir le clando. Je lui versais 5000 francs CFA par jour et je me débrouillais avec le reste. Après 6 mois, il m’a dit que je pouvais garder la moto. Grâce à ça, je loue maintenant une petite chambre et on vit avec ma copine", explique Abakar.

A côté de ces débrouillards, il y a aussi des jeunes diplômés qui entrent dans l’activité avec l’espoir d’y sortir le plus vite possible. Mahamat, un autre chauffeur, raconte avoir fait des études de droit à l’issue desquelles il a obtenu une licence. Mais faute de travail, il se débrouille avec une moto qu’il a pu acheter "avec l’aide de la famille". "Même si ça me permet de vivre, je ne peux pas faire ce métier toute ma vie. J’ai un diplôme que je vais valoriser tôt au tard", précise celui qui rêve de réussir au concours national de formation judiciaire pour devenir magistrat.

Une régulation bien difficile
Ils sont de plus en plus nombreux à vivre de leurs motos, ce qui empêche les autorités de réglementer le secteur. A N’Djaména par exemple, Saleh Moussa, le maire de l’un des arrondissements de la capitale tchadienne, dit être informé que les clandomen consomment de l’alcool ou se droguent à l’heure du travail et causent des accidents. Il en soupçonne aussi quelques-uns de détrousser les clients.

Les autorités ont donc entrepris de remettre de l’ordre dans la maison, en instaurant le port du casque obligatoire et un recensement des jeunes exerçant cette activité. Ces initiatives ne sont pas toujours bien perçues par les principaux concernés qui opposent souvent une certaine résistance, un des syndicats de motos-taxis le premier.

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"Les responsables de ce syndicat, explique le maire, sont allergiques au recensement parce qu’ils prélèvent une somme de 200 francs CFA par clandoman, quotidiennement. Alors, connaître l’effectif des clandomen n’est pas de leur goût car on saura alors exactement combien il prélève." Djontanan Titnan, le leader de l’organisation, répond : "le maire pense que le syndicat nous nourrit bien. Il se trompe."
 
Que faire de tous ces jeunes ?
La question des motos-taxis est une question très délicate. Très nombreux et organisés, les conducteurs constituent souvent un puissant lobby. Pendant les campagnes électorales, les hommes politiques se servent d’eux en leur offrant des tee-shirts et de l’argent et en les faisant défiler dans les rues à coups de klaxons bruyants.

Ce lobby peut s’avérer redoutable. En janvier 2012 à Douala, au Cameroun, ils ont occasionné des émeutes parce qu’un quartier de la ville leur était interdit d’accès à cause d’un accident de l’un des leurs.

L’avenir de ces jeunes est une vraie source de préoccupation parce que les plans d’urbanisation prévus dans plusieurs villes africaines les pousseront hors des grandes villes. "Nous aurons bientôt un nouveau système de transport urbain. Les minis-bus, les taxis et les clandomen seront autorisés à exercer,  mais en dehors de N’Djaména", annonce Djibangar Madjirebaye, le directeur de la législation et de la réglementation chargé de l’industrie des transports du Tchad.

Les clandomen s’inquiètent donc de la rentabilité de leur activité dans les banlieues où ils devront exercer. Ils promettent de réagir le moment venu en fonction de la situation.

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