"Le gouvernement d’union nationale a expiré. Nous ne voulons plus revoir ici de sympathisants du MDC. Ils doivent s’en aller et rester avec leur maître en Grande-Bretagne", déclare Tongai Marime, un sympathisant du ZANU-PF, le parti du président Robert Mugabe.
Nkosana Dlamini, Harare
Tongai Marime est membre du Chipangano, un gang redouté de militants pro-Mugabe basé à Harare.
Le gang a lancé une campagne de terreur contre le Premier ministre Morgan Tsvangirai, du MDC, actuellement membre du gouvernement de transition avec le ZANU-PF de Robert Mugabe.
Le parti de Mugabe accuse le MDC et des groupes de la société civile de préparer un coup d’Etat soutenu par l’Occident contre son dirigeant.
Attaque
Ces dernières semaines, des centaines de militants du MDC ont fui leurs maisons pour se réfugier dans des églises ou chez leurs familles.
"J’ai fui ma maison à Epworth après l’attaque de notre demeure familiale par des sympathisants du ZANU-PF, qui nous ont accusés d’être du MDC", dit une habitante de ce township, qui requiert l’anonymat. Elle séjourne maintenant avec ses quatre enfants en un lieu sûr.
"Tout d’abord, nous avons cherché refuge chez ma tante, mais elle a refusé de nous recevoir par crainte d’être d’elle-même victime", poursuit-elle.
"Je suis marchande de légumes et j’ai perdu ma source de revenus. Tous mes biens ont été mis à sac. J’ai également retiré mes enfants de l’école."
La police a fait des descentes dans les maisons sûres, craignant qu’elles servent d’éventuelles rampes de lancement pour ceux qui veulent faire tomber Mugabe.
Tués
Le MDC, qui affirme que plus de 200 de ses sympathisants ont été tués dans les violences de 2008, déclare que 1.122 familles ont été victimes de brimades jusqu’à présent, ajoutant que ses sympathisants ont été la cible d’arrestations arbitraires par la police zimbabwéenne. La police nie être partisane.
Les étrangers ayant de petites boutiques à Harare ont vu piller leurs biens par des gangs pro-Mugabe en maraude dans la capitale. Ils sont accusés d’avoir apporté des cargaisons d’argent liquide pour faire sortir les Zimbabwéens pauvres de leurs petites entreprises.
La violence au Zimbabwe a refait surface depuis que Mugabe a instamment appelé ses partisans à commencer les préparatifs de nouvelles élections dans le pays.
Robert Mugabe, qui garde fermement le contrôle de la chancelante administration hybride, arrivé à son deuxième anniversaire le 11 février, a fait savoir qu’il ne la prolongerait pas. Il ignore ainsi les grognements des partenaires de sa coalition, qui estiment que le pays n’a pas introduit suffisamment de réformes pour tenir des élections libres et équitables.
Crainte
Irene Petras, directeur d’un groupe d’avocats pour les droits de l’homme, dit que récemment son organisation a été inondée d’appels d’aide et de rapports d’enlèvements par des individus soupçonnés d’être des agents secrets
"Nous devons nous occuper de plus d’une trentaine d’arrestations et de détentions arbitraires à travers le pays, dit-elle. Par ailleurs, nous avons reçu au moins trois rapports différents de disparitions forcées, qui constituent en vertu du droit international des crimes."
D’autres militants pour les droits de l’homme affirment craindre maintenant pour leur vie.
"A chaque fois que nous roulons dans des véhicules identifiés, nous ne savons pas si nous sommes suivis. Pour notre gouvernement, toute question de droits de l’homme équivaut à un changement de régime", dit Cephas Zinhumwe, directeur de l’Association nationale des organisations non gouvernementales.
Scrutin libre
Selon le commentateur politique Charles Mangongera, la situation actuelle au Zimbabwe ne permettra pas la tenue d’un scrutin libre.
"Nous ne pouvons pas parler d’élections si la police continue à ignorer les crimes commis par les sympathisants du ZANU-PF, alors qu’elle traite comme des criminels les Zimbabwéens qui exigent leurs droits", dit-il.
"Si nous nous lançons dans des élections dans le climat hostile qui règne actuellement, l’opposition ne sera pas autorisée à mobiliser les gens librement."
Marvelous Magaya, un sympathisant du MDC, est amer quant au gouvernement d’union nationale :
"Ce gouvernement d’union nationale a perdu toute raison d’être s’il ne peut pas nous protéger contre cette violence", dit-il.














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