Lorsque Temba quitta sa ville natale, il y a 5 ans, pour trouver un emploi à Harare, la capitale, ses parents lui disent : “Reviens et trouves une femme de notre région. Pas une femme issue de contrées inconnues”.
Par John Masuku (à Harare)
Mais Temba, rebel, n‘a pas suivi leur conseil. Il est désormais marié à une femme de son choix, Tapiwa, une Shona. Tapiwa a encore des difficultés à communiquer avec ses beaux-parents dans leur langue, le ndebele. Mais les parents réticents de Temba semblent s’adoucir un peu depuis que leur belle-fille fait l'effort d'apprendre leur langue et leur culture. De plus, elle a fait de hautes études, occupe un bon poste et est très respectueuse.
Mariage sans frontières
Les Zimbabwéens qui quittent le pays pour diverses raisons ramènent souvent un conjoint ou une conjointe de cultures et de pays divers, que la famille ne parvient parfois pas à localiser sur la carte du monde.
Le mois dernier, un ami nous a invités, ma famille et moi, au mariage de leur fils en Ouganda, où il travaille pour une ONG. Les aînés des différentes familles ont encouragé les nouveaux mariés à respecter leurs familles et cultures respectives.
''Chère belle-sœur, tu devrais apprendre rapidement notre langue et notre culture pour ne pas gâcher les enfants de mon frère puisque tu seras leur premier professeur'', lançait une des belle-sœurs de la mariée sur un ton dédaigneux.
Sur un ton unificateur, la belle-mère dit : ''Le mariage ne connaît pas de frontières. Le mariage mixte n’est pas une pratique nouvelle. Ces dernières années, nous avons eu des gendres et des belles-filles venus d’Angleterre, des Etats-Unis et du Kenya. Le président Mugabe lui-même a d’abord épousé Sally, une Ghanéenne, qui a fait tant de choses merveilleuses pour les orphelins et les communautés désavantagées du Zimbabwe. Nous accueillons donc chaleureusement notre nouvelle belle-fille de Kampala.''
Pressions familiales et culturelles
Certains mariages mixtes, y compris ceux de Zimbabwéens issus de différentes provinces, ont échoué à cause des différences culturelles et des pressions sévères exercées par les familles.
Maxwell et Sophie sont en pleine séparation. Maxwell a toujours trouvé que les exigences de la famille étaient insupportables, en particulier dans le cadre de funérailles dans le village de Sophie. Les gendres doivent faire la cuisine pour les proches du défunt, car il faut utiliser de grandes marmites. Maxwell n’aime pas faire la cuisine. Et il n’aime pas l’idée de devoir assister à tous les enterrements qui ont lieu dans les régions rurales.
De son côté, Sophie ne supporte pas les sœurs de Maxwell, qui la méprisent car elle est Shona et la considèrent comme une extra-terrestre. Elles ne cessent de lui rappeler qu’elles auraient préféré que leur frère épouse une Ndebele. Lorsque Sophie essaie d’apprendre leur langue, les sœurs de Maxwell se moquent cruellement d’elle. Sophie a désormais abandonné.
C’est pour des raisons similaires que les jeunes couples dont les origines sont différentes choisissent de vivre loin de leurs familles et fuient les cérémonies traditionnelles pour éviter les humiliations et les séparations.















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