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Londres, Royaume Uni
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Les fugitifs des JO : malins ou lâches ?

Publié le : 8 août 2012 - 11:33am | Par Rédaction Afrique (photo AFP)
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Fuir pour trouver de meilleures conditions de vie en Europe. Beaucoup de jeunes Camerounais comprennent bien pourquoi sept athlètes camerounais ont disparu à Londres, après avoir participé aux Jeux Olympiques.

Par Anne Mireille Nzouankeu, Yaoundé

Patrick Bouenguegni, un étudiant de 22 ans, discute frénétiquement sur sa messagerie internet avec des amis. La conversation tourne autour de la fuite de sept athlètes Camerounais à Londres, après leur participation aux jeux olympiques.
"Je pense objectivement qu’ils ont plus de chances de réussir en Europe qu’au Cameroun. Je crois qu’ils sont à la recherche de conditions de travail et de vie meilleures", confie-t-il en ajoutant que tous ses amis pensent la même chose.

Pauvreté
Ce sentiment est partagé par beaucoup d’autres jeunes Camerounais, à l’exemple du journaliste Jean-Bruno Tagne qui connait certains de ces athlètes. "Pour avoir côtoyé ces sportifs et quand on sait les conditions dans lesquelles ils vivent et s’entraînent, on peut au moins comprendre que dans un réflexe de survie, ils essaient de s’enfuir, encouragés par leurs amis et leurs familles qui en attendent beaucoup", dit le jeune de 35 ans.

"Tous ne vont peut-être pas réussir, mais ceux qui auront un peu de chance vont pouvoir s’entraîner un jour dans de bonnes conditions, seront rémunérés à juste titre, ce qui est très loin d’être le cas en ce moment pour les sportifs exerçant au Cameroun", ajoute t-il.

"Sans encourager cet acte, je les comprends et je pense qu’ils peuvent mieux exercer leur métier de sportif en Europe", dit Atéba Biwolé, un autre journaliste sportif camerounais.

  • Ateba Biwolé<br>&copy; photo Ateba Biwolé - http://www.rnw.nl
  • Jean-Bruno Tagne<br>&copy; photo Jean-Bruno Tagne - http://www.rnw.nl
  • Minette Ninko<br>&copy; photo Anne-Mireille Nzouankeu - http://www.rnw.nl
  • Patrick Bouenguegni<br>&copy; photo Anne-Mireille Nzouankeu - http://www.rnw.nl

Athlètes en fuite
En fait, sept athlètes Camerounais ayant participé aux jeux Olympiques de Londres 2012 sont portés disparus. Il s’agit des boxeurs Abdon Mewoli, Blaise Yepmou Medouo, Serges Ambomo, Christian Donfack et Thomas Essomba, de la footballeuse Drusille Ngako et du nageur Paul Edingue.
"Un soir, ils sont partis et ne sont plus revenus. Ils ont attendu quand nous dormions pour s’en aller et tout ce que nous avons tenté pour les retrouver a été vain", a expliqué Justin Tchuem, l’entraîneur des cinq boxeurs, joint par téléphone par le quotidien Camerounais Le Jour.
Jean-Bruno Tagne a sa petite idée sur les motifs d’un tel acte : "Le motif de la fuite de ces athlètes est le même que celui qu’avancent tous les candidats à l’immigration clandestine. Ils recherchent un mieux-être, un pays où ils pensent pouvoir mieux vivre. Ce sont tous des jeunes. Ils vont, comme ils le disent eux-mêmes, "au front pour se battre", une expression locale qui signifie faire tout ce qu’on peut pour réussir".

Récidive
La disparition des athlètes camerounais lors des compétitions internationales n’est pas un fait nouveau.
Thomas Essomba par exemple n’en est pas à sa première expérience. "Ce boxeur avait déjà disparu après les jeux Olympiques de 2008 à Pékin. Il est cependant revenu au Cameroun quelques temps après et a déclaré aux journalistes qu’il avait agi ainsi dans l’espoir de trouver de meilleures conditions de vie et de travail en Chine", explique le journaliste sportif Atéba Biwolé.
Pour Jean-Bruno Tagne, "des exemples de sportifs fuyards qui sont devenus de grands champions dans leurs pays d’accueil sont nombreux et semblent motiver les autres candidats à la fuite. Je peux citer de mémoire les boxeurs Issa Hamza, Hassan Ndam Njikam, Herman Ngoudjo, etc. Je ne parle pas des footballeurs, tellement ils sont nombreux qui profitent des compétitions dans des pays dits grands pour fuir. Personnellement, je serai le dernier à leur jeter la pierre".

Résorber le chômage des jeunes
"Ces athlètes ont dû se dire que leur avenir est incertain au Cameroun et qu’il vaut mieux être en Europe, même en courant le risque d’être sans papiers. Tant que l’Etat n’améliorera pas les conditions de vie des jeunes en leur offrant un emploi par exemple, on aura toujours de tels cas de fuites qui n’honorent pas notre pays", déclare Minette Ninko, une étudiante de 20 ans.

Les athlètes portés disparus n’ont obtenu aucune médaille aux jeux Olympiques de 2012. Avant leur départ pour Londres, des journaux Camerounais avaient déjà fait état des mauvaises conditions de préparation de ces sportifs, notamment les moyens financiers et matériels dérisoires mis à leur disposition.

 

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