Après la décision du gouvernement néerlandais de renvoyer dans leur pays huit demandeurs d’asile somaliens déboutés, l’organisation somalienne pour les droits de l’homme Somali Human Rights Monitoring Committee (SHARMOC) a accusé le gouvernement somalien d’être derrière cette décision.
Abdi Hajji Hussein (Mogadiscio)
Dans une interview accordée à une station de radio locale, le président du SHARMOC, Abdul-rahman Sheikh Hassan, déplore la décision prise par les gouvernements néerlandais et somalien de renvoyer les huit réfugiés somaliens en Somalie, un ''pays dans le pétrin''. Pour lui, il s’agit d’une décision malheureuse et allant à l’encontre des droits de l’homme.
Preuve
''Nous avons la preuve que le ministre somalien des Affaires de la diaspora Abdullahi Ahmed Abdulle (Azhari) a conclu un accord sur ces expulsions avec le ministère néerlandais de la Justice'', a déclaré Abdul-rahman Sheikh Hassan.
Il a par ailleurs appelé le gouvernement somalien de transition à considérer de près ces expulsions, qui pourraient énormément décevoir les réfugiés somaliens aux Pays-Bas, ajoutant que le gouvernement serait appelé à donner des explications sur cette décision.
Jusqu’à présent le gouvernement somalien n’a fait aucun commentaire sur la question. De son côté, La Haye a promis des détails sur l’accord avec le gouvernement de transition somalien dès que Mogadiscio aura donné son feu vert à la publication.
Attaques fatales
La décision du gouvernement néerlandais d’expulser huit Somaliens intervient alors que les shebab, que les Etats-Unis accusent de faire allégeance à Al-Qaïda, contrôlent d’importantes régions dans le sud et le centre de la Somalie et entreprennent sans arrêt des attaques contre le gouvernement de transition et les forces de l’Amisom à Mogadiscio. Entre-temps, la région semi-autonome du Puntland, dans le nord du pays, a lancé des campagnes visant à rapatrier des populations du sud dans une tentative d’assurer sa propre sécurité.
Les Pays-Bas ne sont pas le premier pays à expulser des Somaliens. L’Irlande et la Suède par exemple ont également rejeté la demande d’un Somalien. Selon son père, Mohamed Mo’allim, le jeune Somalien a été renvoyé à deux reprises en Italie, pays par lequel il était entré en Europe.
De même une jeune mère somalienne, Fathiya Ahmed Omar, et son fils de 6 ans, Munir, ont été, selon Mohamed Mo’allim, expulsés de Norvège et renvoyés à Gènes, en Italie, où leurs empreintes digitales avaient été prises et où un dossier sur leur demande d’asile avait été ouvert avant leur départ pour la Norvège en 2006 :
''Fathiya Ahmed Omar, poursuit Mohamed Mo’allim, a quitté Mogadiscio avec son fils Munir dans les bras et a marché jusqu’au Kenya. De là, elle est allée au Soudan et a finalement atterri en Libye. En route vers la Libye, elle a été retenue en captivité par des trafiquants libyens d’êtres humains qui l’ont violée pendant vingt jours.''
Cependant, les responsables du service norvégien de l’immigration sont allés trouver Fathiya dans son appartement et lui ont donné une heure pour prendre ses affaires avant d’être expulsée vers l’Italie.
Expulsions
De plus, le gouvernement saoudien expulse sans arrêt des Somaliens et autres réfugiés – des mesures qui suscitent l’inquiétude des Nations unies.
Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’Arabie Saoudite a expulsé 4.000 Somaliens en 2008. Le HCR a appelé la communauté internationale à cesser les expulsions forcées de demandeurs d’asile somaliens dont la vie pourrait être en danger.














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