la Convention
La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées a été ratifiée par 21 pays : l’Albanie, l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Burkina Faso, le Chili, Cuba, l’Equateur, la France, l’Allemagne, le Honduras, l’Irak, le Japon, le Kazakhstan, le Mali, le Mexique, le Nigeria, le Paraguay, le Sénégal, l’Espagne et l’Uruguay. 67 autres pays, comme les Pays-Bas, ont bien signé mais pas encore ratifié la convention.
Jeudi est un jour-clé pour les familles des desaparecidos, ces personnes qui ont disparu de la surface de la terre par la volonté de certains gouvernements . C’est ce qu’affirme Ewoud Plate, d’Aim For Human Rights. Une convention des Nations unies à portée obligatoire entre en vigueur ce jeudi, qui doit protéger chacun de ces ‘disparitions forcées’.
Par Peter Hooghiemstra
Une disparition forcée n’est pas une disparition ordinaire, mais un acte sciemment opéré par le gouvernement d’un pays. Une personne est arrêtée et mise en prison, toujours pour des raisons politiques, et souvent assassinée par la suite. Le gouvernement est à l’origine de ces faits, mais nie la disparition ou refuse d’informer la famille.
Ce terme de disparition forcée a été utilisée pour la première fois dans les années 70 dans des pays à dictature d’alors comme le Chili, l’Uruguay et l’Argentine. Sous la dictature de la seule Argentine ont disparu au moins 9.000 personnes. Le phénomène ne s’est pas limité à l’Amérique latine. Dans plus de 80 pays, on a pu constater des disparitions forcées.
Il y a 30 ans de cela, les membres des familles et les militants d’Amérique du Sud ont pris l’initiative de mettre sur pied un traité international, à portée juridique. La convention pour la protection contre les disparitions forcées est due à leur combat, et à celui de leurs compagnons d’infortune.
Amérique du Sud
Julia Tamayo, chef du service de recherches d’Amnesty International en Espagne, est convaincu du fait que les actions d’organisations sociales en Amérique du Sud sont à l’origine de la mise sur pied de ce traité.
Ratification
Le nouveau traité international a été ratifié par 21 pays. Les Pays-Bas ne l’ont pas encore fait, mais Plate pense que ce n’est qu’une question de semaines.
Les Etats qui ratifient le traité doivent entre autres garantir les droits de la victime. Ils sont obligés d’inscrire les disparitions forcées comme des crimes dans leur législation nationale. Des mesures préventives doivent être également prises afin d’empêcher les disparitions.
Comité de surveillance
Un comité de spécialistes va surveiller l’application de cette convention. Ces spécialistes iront rendre visite à des Etats ou demander des éclaircissements concernant une disparition. Les victimes ou leurs familles peuvent déposer une plainte contre un pays par l’intermédiaire du comité. Elles auront également la possibilité de se diriger vers le secrétaire général des Nations unies qui pourra initier une affaire pour la CPI (Cour pénale internationale).
Pour les membres des familles des milliers de disparus, ce nouveau traité est un beau moment, même s’il n’enlève rien à leur douleur. Ewoud Plate : ‘C’est une bonne journée pour la famille. Une disparition forcée est quelque chose que les membres de la famille portent toute leur vie. Si vous pouvez contrer ce phénomène, cette disparition aura un peu plus de sens pour la famille. Pour elle, c’est donc un très beau jour’.
















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