Les réformateurs à Cuba et au Yémen
Dans le monde entier, des gens tentent de changer les structures politiques.
La Cubaine Yoani Sánchez écrit depuis des années un blog sur "La génération Y". Son but est de promouvoir la liberté d’information. Elle a eu la chance d’interviewer le président Obama, qui trouvait qu’elle donnait une vision unique de la vie des Cubains. Sánchez a entre autres reçu le prix Prins Claus Award et le "World Press Freedom Hero Award" de l’Institut international de la presse.
Dans une interview avec Radio Nederland, elle affirmait : "Quand les jeunes générations ont accès aux réseaux sociaux, toutes sortes de choses se produisent. Je crois que si nous communiquons dans un Cuba virtuel, les rencontres dans le Cuba réel seront moins violentes, moins traumatisantes".
La journaliste et femme politique yémenite Tawakkul Karman est un autre exemple. Elle a fondé les "Women Journalists Without Chains", a lutté pour la liberté de la presse et a initié un service d’information pour téléphone portable. Karman a dirigé des démonstrations lors des révolutions dans le monde arabe. Elle a reçu le prix Nobel de la paix 2011 pour sa lutte pacifique pour les droits des femmes.
Ils ont planté leur tente lors du mouvement "Occupy" ou risqué leur vie lors du Printemps arabe. Tous étaient inspirés par le thème du "changement". Aux Pays-Bas, une nouvelle plateforme politique veut rassembler les gens avec des idées pour le changement. Le Parti2030 veut adhérer à une tendance mondiale.
L’initiateur Joop Hazenberg, 33 ans, recherche depuis des années des manières de préparer la société de l’avenir. Il est partisan d’une politique pro-européenne, mais il pense surtout à un système de "crowdsourcing". C’est-à-dire une sorte de gouvernement numérique - en ligne - fonctionnant comme une sorte d’encyclopédie Wikipedia nourrie par les citoyens.
Tendance
"Les gens participent de plus en plus aux prises de décisions politiques. En Angleterre par exemple, une grande opération de restriction budgétaire a eu lieu. Le gouvernement a demandé aux citoyens : donnez-nous des idées qui nous aident à économiser. C’était assez controversé, mais 200.000 personnes ont réagi. C’est une liste de réaction qu’un fonctionnaire n’aurait jamais pu récolter. Vous utilisez les connaissances collectives au sein de la société. Ces connaissances sont maintenant faciles d’accès grâce à internet et les médias sociaux", explique Hazenberg.
Le politicologue Paul Lucardie, de l’université de Groningue, dans le nord des Pays-Bas, voit une tendance internationale. "Les gens veulent plus de participation, ils veulent du changement. Le parti des pirates, par exemple, est devenu un mouvement international. Le parti est très populaire en Suède et en Allemagne. C’est une nouvelle tendance de créer quelque chose de nouveau dont on peut facilement faire la promotion. Malheureusement, ces initiatives sont souvent de courte durée".
Occupy
Lucardie veut parler du mouvement "Occupy". Après que des Américains mécontents occupent Wall Street, à New York, des manifestants ont commencé à planter des tentes dans plus de 900 villes. "Cela parait impressionnant, mais combien de gens ont réellement participé ? Peut-être 100.000. Ce n’est pas beaucoup sur une population de sept milliards. Les gens veulent que ça change, mais il n’y a qu’un petit groupe qui est prêt à investir du temps et de l’énergie. La majorité des gens se soucient plus de leur emploi et de leur retraite, que de réformer le gouvernement".
Mais pas pour le fondateur de Parti2030. La semaine prochaine aura lieu la première session de réflexion. Des gens de divers horizons et de différentes cultures sont invités à participer. Le but est de lancer un nouveau mouvement politique.
Radical
"Une belle initiative, dirigée vers l’avenir", selon le professeur en sociologie de l’université de Twente, Ringo Ossewaarde. Mais pas assez radical. Un gouvernement numérique n’est pas une chose nouvelle : "Elle existe depuis des années sous le nom de participation des citoyens. Et il faut faire attention à la qualité de la politique définie par des citoyens".
La jeune génération doit reprendre confiance en son gouvernement, trouve Hazenberg. 2011 était l’année du manifestant, d’après le magazine Time Magazine. L’année 2012 sera-t-elle l’année du gouvernement numérique ? "Non, il est encore trop tôt. J’espère que cette année sera celle de la liaison. Lier des groupes d’action et des gens avec des idées et essayer ensemble d’apporter un changement. Rassembler les gens dans cette société fragmentée. Le Parti2030 est une expérience pour voir si nous pourrons participer aux élections de 2014 aux Pays-Bas, avec un agenda de réformes radicales".














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