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jeudi 23 mai  
Hassan Cheikh Mohamud après son élection
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Mogadiscio, Somalie
Mogadiscio, Somalie

Les Chebab ne donnent pas de répit au nouveau président

Publié le : 14 septembre 2012 - 5:23pm | Par Serginho Roosblad (photo AFP)
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Dans sa première semaine en tant que nouveau président de la Somalie, un pays qui a été sans gouvernement officiel depuis plus de vingt ans, Hassan Cheikh Mohamoud a immédiatement fait l'expérience de la cruauté de l'organisation islamiste Al-Chebab. Il a échappé de justesse à un attentat suicide contre l'hôtel Jazeera dans la capitale Mogadiscio juste au lendemain de sa prise de fonction. Le fait que l'attaque a eu lieu non loin de l'aéroport international est particulièrement embarrassant car la capitale était considérée comme étant “débarrassée d'Al-Chebab”.

L'attaque, qui a fait sept morts, montre que Al-Chebab n'a certainement pas été vaincue. La semaine dernière, des troupes kényanes, conjointement avec des soldats de l'AMISOM et de l'armée nationale somalienne, ont lancé une offensive à l'effet de reprendre le contrôle de la ville de Kismayo, dans le sud de la Somalie. Cette ville portuaire est considérée comme le dernier bastion des islamistes insurgés shebab et un centre financier pour leurs opérations.
 

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L'organisation militante a peut-être été affaiblie, l'attaque contre le nouveau président montre qu'ils constituent toujours une force avec laquelle il faut compter. Selon Ej Hogendoorn, directeur de projet pour la Corne de l'Afrique au International Crisis Group (ICG), Al-Chebab a déjà fait des plans pour lancer une campagne de guérilla et réorganiser ses forces. «Dans une certaine mesure, cela est une répétition de 2006, lorsque les forces éthiopiennes ont envahi la Somalie en vue d'aider le GFT [gouvernement fédéral de transition], et Al-Chebab était effectivement en mesure de lancer une campagne de guérilla très efficace et sanglante qui a sapé la volonté de l'Éthiopie d'y rester», affirme Hogendoorn.

Politique des clans
En dehors de forcer Al-Chebab à quitter Kismayo et de faire face à une guerre de guérilla imminente, la politique des clans locaux peut également constituer une source d'entrave à un retour à la normalité. «Les différents clans qui y vivent se battront pour le contrôle du port et surtout le contrôle du revenu généré par le transport maritime passant par Kismayo», croit Hogendoorn.

Certes, le gouvernement kényan, de concert avec la communauté internationale et les différents clans qui vivent dans la région de Kismayo ont tenté d'arriver à un accord, mais la question est de savoir si cet accord tiendra et ce qu'il signifie pour la stabilité de Kismayo une fois que Al-Chebab aura été mise à la porte.

Etrange
Pendant ce temps dans la capitale Mogadiscio, une paix relative est revenue dans les rues. Mohamed Elmi, secrétaire de la Fédération des associations somaliennes aux Pays-Bas (FSAN) s'est récemment rendu en Somalie pour une mission d'enquête. «Nous étions là pour voir quelles sont les opportunités viables qui s'offrent au secteur privé maintenant avec la transition politique», dit Elmi. «C'est étrange de voir que la sécurité règne à Mogadiscio, mais qu'il y a aussi beaucoup de danger. On sent la présence d'Al-Chebab».

Elmi a vu de ses propres yeux comment Al-Chebab est en train de perdre son emprise sur les populations à Mogadiscio. «J'ai eu l'impression que les gens ne veulent pas d'Al-Chebab et ceux qui ont travaillé avec eux l'ont fait par nécessité, pour la simple raison que Al-Chebab était disposé à leur donner de l'argent pouvant leur permettre de nourrir leurs enfants et de leur famille. Il n'y a pas beaucoup de gens [à Mogadiscio] qui soutiennent l'idéologie d'Al-Chebab».

Pendant qu'à Mogadiscio les gens commencent à avoir plus de courage pour défier les militants islamistes, au Kenya voisin les gens commencent à s'inquiéter davantage. A plusieurs reprises, Al-Chebab a mené des attaques sur le sol kenyan. L'enlèvement de deux travailleurs humanitaires espagnols dans le camp des réfugiés de Dadaad, juste à la frontière avec la Somalie, et l'enlèvement d'un touriste sur l'île de Lamu, étaient pour les autorités kényanes la principale raison de l'intervention d'il y a presque un an.

Inquiet
Dans la capitale Nairobi, les jeunes ont peur que Al-Chebab les prendront pour cibles maintenant qu'ils ont été chassés de leur dernier bastion. Sidney, un étudiant en commerce à Nairobi affirme: «En tant que Kenyan je suis inquiet. Je préférerais que le gouvernement mette l'accent sur la sécurité ici chez nous plutôt qu'en Somalie». Selon Sydney, l'éventuel déplacement d'Al-Chebab vers d'autres pays de l'Afrique de l'Est pourrait paralyser l'économie étant donné que les investisseurs se détourneront de la région.

En dehors de cela, certains membres de la communauté musulmane à Nairobi, à en croire certaines personnes à Nairobi, ont planifié des attaques en Somalie et ils peuvent maintenant tourner leur attention vers les grandes villes du Kenya. «C'est pourquoi je demande instamment au gouvernement de veiller à la sécurité intérieure», explique Richard, étudiant en sciences de la nature.

Il est plus que clair que le problème d'Al-Chebab ne sera pas résolu avec la chute de la ville portuaire de Kismayo. Avec l'élection du nouveau président Hassan Cheikh Mohamoud et la tentative d'assassinat contre sa personne qui s'en est suivie, il évident que la Somalie est certainement entrée dans une nouvelle période décisive.
 

 

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