A Pompei comme à l'Acropole, on pouvait entendre des blagues dans la rue. Sur d’autres continents aussi, puisque la plaisanterie la plus ancienne viendrait de l’Asie Mineure. Le journaliste de Radio Nederland Arie Bras et Wim Daniëls ont enquêté sur le sujet. Ils ont écrit un livre "Lopen twee blondjes door de Kalverstraat"("Il était une fois deux blondes…"). Une chose est sûre : les blagues sont surtout faites et appréciées par les hommes.
La plus ancienne blague ? "Elle est vieille de 4.000 ans. Elle a été découverte dans la région de l’Irak actuel", raconte Arie Bras. "Nous ne la trouvons pas du tout rigolote, bien entendu. A cette époque-là, je pense que c’était quand même une plaisanterie appréciée. Mais elle ne nous fait plus rire. C’est plutôt une annonce qu’une plaisanterie".
La voici: "Nommez quelque chose qui ne s’est plus passé depuis mémoire d’homme ? Une jeune femme qui ne pète pas quand elle est assise sur les genoux de son mari !"
Bras : "Nous n’en voyons pas l’humour, mais le sujet des flatulences a été longtemps exploité dans l’humour. Il est possible que tout ait commencé quand l’homme s’est mis en station debout et a commencé à péter. Tout le monde s’est mis à en rire et c’est comme cela que le rire entre hommes a débuté. Nous ne savons pas vraiment."
Femmes convenables
"La pratique de raconter des blagues connaît une riche histoire et se retrouve dans pratiquement toutes les cultures", nous apprend Bras. "Les Grecs et les Romains racontaient déjà des blagues. Le livre contient également une très vieille blague néerlandaise qui date de 1180, sur Saint Servais,le premier évêque connu de l’époque."
Ces derniers siècles, les blagues ont évolué et ont été de plus en plus souvent destinées aux hommes. "Raconter des blagues fait partie du monde des mâles, dit Bras. En tous cas chez nous en Occident. Les femmes ne le font plus depuis le XVIIe siècle. Auparavant, il n’était pas rare d’entendre des plaisanteries racontées par des femmes. Ensuite, cette pratique s’est perdue. Cela ne se faisait pas. Les femmes n’utilisaient pas de langage grossier. Enfin, seulement quelques femmes de la rue, mais pas les femmes ‘convenables’".
Bras pensent que les hommes veulent raconter des blagues pour pouvoir dominer. "Quand ils racontent une blague, ils réclament l’attention. A sens unique. Les femmes ne ressentent pas ce besoin, elles préfèrent avoir une conversation pleine d’humour. Les femmes retiennent difficilement les plaisanteries, et elles n’ont pas l’intention de les raconter par la suite. Elles rient au clou, mais toujours un peu plus tard que les hommes."
Rire de ses voisins
Les blagues ne sont souvent qu’une moquerie des autres. "Nous, les Néerlandais, nous nous moquons des Belges, raconte Bras. A leur tour, les Belges se moquent des Français et vice-versa. Les Allemands se moquent des Frisons du Nord et les Britanniques se moquent des Irlandais. Et cela continue. Il faut toujours trouver un bouc émissaire. Je pense que c’est la même chose partout dans le monde."
"Prenez par exemple la plaisanterie sur les Bosniaques. En Slovénie, ils sont réputés pour être bêtes :
Un Bosniaque cherche un emploi en Slovénie. ‘D’où viens-tu ?’ demande la personne du bureau d’emploi. ‘ De Bosnie,’répond le Bosniaque. ‘Oh’, dit l’autre. Vous autres Bosniaques vous êtes paresseux. ’Oh non, monsieur’, répond le Bosniaque. Ce sont les gens du Monténégro. Nous, les Bosniaques, nous sommes bêtes.' "
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L’humour autour du monde, quelques exemples :
Une blague indonésienne Une blague espagnole Une blague arabe des temps modernes Une blague africaine |















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