“Ces femmes sont inconscientes des risques de l’amant paradisiaque ”
Par Lotte Vermeij
La musique est entraînante, la foule, un mélange vibrant de touristes, de villageois et de beach boys ; pour la plupart, la nuit est une nuit pleine d’ivresse et de drogues. Chaque mois il y a une fête de la Pleine Lune au Zanzibar : le terrain de chasse idéal, pour les gigolos, qui en profitent pour assaillir les femmes fraîchement arrivées d’Europe. Ces touristes de tous âges se laissent souvent séduire par l’idée romantique de l’amant au paradis. Mais elles ne savent pas qu’elles jouent avec le feu…
Fête de la Pleine Lune
Rares sont les femmes conscientes des risques que représente une liaison avec ces beach boys exotiques du Zanzibar. L’Allemande Sandra raconte : "Quand j’ai rencontré Patrick à la fête de la Pleine Lune, je l’ai trouvé trop mimi. Il avait de longs dreadlocks et il était d’une souplesse remarquable. Nous avons dansé toute la nuit. Ses yeux étaient d’un si beau noir ! Nous nous sommes amusés comme des fous. Nous nous sommes soûlés et il m’a accompagnée dans ma chambre. Nous avons fait l’amour sans préservatifs. C’était si romantique, je n’ai pas pu résister." Mais Sandra n’a pas réfléchi : la plupart des beach boys ont des rapports irréguliers avec des partenaires diverses et c’est à peine s’ils se protègent.
Sida
Dr Muhammed explique : "Les beach boys ont d’innombrables copines et il leur arrive de coucher avec une femme différente chaque nuit. C’est terrible, mais selon nos estimations, les 2/3 de ces gigolos sont séropositifs. J’ai suivi leur transformation au fil des années : ils semblaient jeunes et sains, jusqu’au jour où ils ont commencé à maigrir considérablement. Leur santé se détériorait visiblement et pourtant, ils refusaient de subir le test. Ils savent le sort qui les attend, mais préfèrent l’ignorer. La plupart continuent à fréquenter des Occidentales, tentant ainsi de rompre avec notre société. Ils font tout pour qu’elles tombent amoureuses ; ils font semblant d’être sérieux et beaucoup de touristes rentrent chez elles, pensant qu’elles ont un amoureux au Zanzibar. En fait, ces hommes ont de nombreuses copines européennes qui reviennent les voir. De nombreux beach boys ont fini par accompagner ces femmes en Europe. Malheureusement, leurs rapports ne sont pas aussi romantiques qu’ils semblent ; le changement d’environnement et de mode de vie finit par aggraver la dépendance à l’alcool et à la drogue qui existait déjà sur l’île."
Malheureuse
Certaines touristes européennes ont même choisi de rester sur l’île qui les a tant séduites. Linda, une Néerlandaise qui vit au Zanzibar depuis quatre ans, fait partie de ces femmes. Pendant ses vacances sur l’île, elle est tombée amoureuse d’un beach boy et a décidé de vivre dans ce pseudo-paradis insulaire. Quelques mois plus tard, elle était enceinte. Linda a deux enfants de son ami, qui, de beach boy idéal, est passé à un homme qui la bat et la rend malheureuse. "Au début, Jimmy était vraiment l’homme de mes rêves : romantique, attentionné, fantastique ! Mais plus nous étions ensemble, plus je remarquais qu’il était tout autre que je ne le pensais au début. Il buvait énormément, il fumait du cannabis toute la journée. Il découchait et se fâchait quand je lui demandais de rester avec moi. Etant enceinte, je refusais de voir la réalité. Je ne voulais pas être une mère célibataire. Je voulais croire à l’amour paradisiaque si romantique."
Après la naissance du premier enfant, pourtant, le beach boy de Linda s’est mis à maltraiter cette dernière. "Il hurlait et il me battait quand j’osais critiquer son comportement. Prisonnière, je suis incapable de fuir comme je le voudrais. Mes enfants sont nés ici, je n’ai pas le droit de quitter l’île sans la permission de leur père. Jimmy ne les laisse pas partir. Quant à moi, je ne retournerai pas en Hollande sans mes enfants."
Inconscientes
L’histoire de Linda en est une parmi tant d’autres. Le Dr Muhammed, qui pendant des années a soigné les maladies vénériennes, conclut de façon dure : "Les Européennes sont inconscientes des risques que présente un amant paradisiaque. Certes, le Zanzibar a l’air d’un Eden ; mais il cache bien des problèmes concernant les beach boys. J’ai malheureusement vu trop de femmes qui ont ruiné leur vie en tombant amoureuses de ces gigolos. Elles ne comprennent pas que le Zanzibar est une île africaine et que le sida y constitue un problème grave. C’est bien dommage que les femmes, mêmes celles qui viennent d’Europe et qui ont eu une excellente formation, ne s’en rendent pas compte."
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