Leader mondial dans la criminalité
Meurtres à l'échelle nationale
2008-09 – 18.148
2009-10 - 16.834
2010-11 - 15.940
(Les totaux baissent depuis2006)
Source: Police sud-africaine
Meurtres de fermiers
2009 - 71
2010 - 67
2011 - 49
source: Union agricole du Transvaal
Le problème du racisme est de nouveau dans les projecteurs grâce à Julius Malema, un jeune membre éminent de l'ANC, reconnu coupable d'avoir tenu des propos incitant à la haine pour avoir chanté Kill the Boer, un chant de protestation devenu populaire durant la lutte contre l'apartheid. La commission disciplinaire de l'ANC l'a suspendu ce mois-ci de toute activité dans le parti pendant cinq ans.
Avis aux Boers : prenez courage, vos cousins arrivent à la rescousse. Plusieurs hommes politiques aux Pays-Bas veulent aider à combattre la discrimination et les crimes raciaux dont sont victimes les Afrikaners, les descendants de colons hollandais et européens, en Afrique du Sud. Il s'agit d'une véritable volte-face pour un pays qui autrefois était champion dans la lutte contre l'apartheid.
"Nous sommes très reconnaissants. C'est une bonne nouvelle. Nous savons que pendant longtemps le Congrès national africain avait la sympathie du gouvernement néerlandais", dit Chris van Zyl, un fermier, depuis sa maison dans la région de Pretoria. "Mais ce que nous vivons ici actuellement est de la discrimination raciale en sens inverse.''
Le parti protestant conservateur néerlandais SGP a présenté une motion invitant le ministre des Affaires étrangères Uri Rosenthal à aider à mettre un terme à la discrimination et aux crimes raciaux à l'encontre des Afrikaners. Selon le SGP, le ministre aurait accueilli favorablement cette idée, qui est également soutenue par le Parti pour la liberté PVV, de Geert Wilders. Le PVV parle à ce propos d'un ''génocide'' et d'un exode massif des Afrikaners d'Afrique du Sud.
Motifs raciaux
"Selon nos estimations, il y a eu 2.700 attaques contre des fermiers blancs depuis 1990'', dit Van Zyl, directeur général adjoint de l'Union agricole du Transvaal, basée à Pretoria. Le groupe d'agriculteurs tient depuis plusieurs décennies des statistiques sur les attaques dont sont victimes les Afrikaners. Mais s'agit-il nécessairement de crimes ayant des motifs raciaux ? ''Aucun des auteurs de ces crimes n'était un Européen blanc'', dit-il.
La motion présentée au Parlement de La Haye marque un tournant dans la politique des Pays-Bas, qui se sont mis à soutenir la lutte contre l'apartheid dans les années soixante du siècle précédent. La sanglante répression de la part du régime colonial blanc avait retourné l'opinion publique néerlandaise contre les Afrikaners. La Haye avait alors établi des liens avec le Congrès national africain (ANC) et les relations sont restées chaleureuses après la fin de l'apartheid en 1994.
Critiques néerlandaises
Selon Bart Luirink, rédacteur en chef de ZAM Magazine, une revue sur l'Afrique australe, la démarche du SGP se base sur un sentiment croissant de nationalisme. Les chrétiens conservateurs néerlandais ont toujours ressenti une forte affinité avec les Afrikaners, dit-il. "Les horreurs de l'apartheid faisaient que peu de gens osaient l'exprimer." Mais cela a changé, avec la montée du Parti pour la liberté, qui agite la bannière nationaliste.
Luirink voit dans ce changement d'attitude ''un désir de retourner à l'apartheid''. Selon lui, le Parti pour la liberté de Geert Wilders et le SGP soutiennent tous les deux l'idéal de ''Grands Pays-Bas'', reposant sur des liens de sang et des racines linguistiques communes. Selon cette conception, les Belges de langue néerlandaise et les Sud-Africains parlant l'afrikaans font part d'une grande nation néerlandaise. L'organisation internationale d'extrême droite Stormfront ''a déjà réagi avec enthousiasme'', fait remarquer Bart Luirink.
Pas de problème
"La mesure néerlandaise va être dure à expliquer au gouvernement sud-africain'', dit Ineke van Kessel, historienne dans la ville de Leyde et ayant dans le passé couvert la lutte contre l'apartheid en tant que journaliste. ''Pourquoi accorder tant d'attention à la discrimination et à la violence contre les Afrikaners, alors que ce n'est même pas un problème majeur?'', demande-t-elle. Luirink est d'accord avec elle et qualifie de mythe l'exode massif des Boers d'Afrique du Sud. Il craint par ailleurs que la motion présentée au Parlement de La Haye ne nuise aux relations ave le gouvernement de Pretoria.
Les statistiques de l'Union agricole du Transvaal confirment leurs propos, du moins en ce qui concerne les crimes. La violence à l'encontre des fermiers blancs a baissé ces dernières années et même considérablement cette année, même si un certain nombre d'attaques ayant eu lieu récemment ont fait la une.
Excès de l'ANC
Certains Blancs d'Afrique du Sud accueillent cependant favorablement l'attention soudaine de leurs lointains ''parents''. Hermann Giliomee, auteur, universitaire et virulent détracteur de l'actuel gouvernement de l'ANC, estime qu'il est temps que les pays européens exercent des pressions sur Pretoria. ''Ce n'est pas mauvais d'aider à arrêter la discrimination et la criminalité'', dit-il au téléphone depuis Stellenbosch.
Selon lui, une aide extérieure est nécessaire pour défier l'énorme dominance politique de l'ANC. Il cite à ce propos la loi sur la ''Protection des informations d'Etat'', qui vient de passer au Parlement sud-africain, pour illustrer le pouvoir excessif du Congrès national africain. Mais même Giliomee ne voit pas pourquoi la discrimination et la criminalité envers les Afrikaners figurent soudain à l'agenda. ''Il y a eu quelques attaques contre des fermes dans la province du Cap occidental, ce qui est un nouveau phénomène dans cette région. Mais en général je ne suis pas au courant d'une poussée dans ce domaine.''















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