Les nouvelles concernant la chute imminente du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, allié de longue date au président zimbabwéen Robert Mugabe, a aiguisé un grand intérêt parmi les Zimbabwéens qui combattent les 31 ans de règne de Mugabe.
Nkosana Dlamini
"L’espoir renaît parmi la population opprimée en Afrique qui s’est résignée à penser que la dictature était un phénomène immortel", dit Nomatter Mutanga, un professeur d’université.
"C’est une victoire pour nous les Zimbabwéens. C’est un message à l’attention des autres dictateurs existants afin qu’ils ne pensent pas pouvoir détenir le pouvoir indéfiniment" ajoute Knowledge Magwenzi, sympathisant du parti du Premier ministre Morgan Tsvangirai, le MDC.
Anticipation
Depuis dimanche dernier, au moment où les médias internationaux ont commencé à couvrir la chute spectaculaire du leader libyen, les Zimbabwéens restent scotchés à leur télévision.
Certains d’entre eux ont célébré la chute de Kadhafi en échangeant les messages Facebook.
L’intérêt au Zimbabwe a d’autant plus été exacerbé par des rumeurs selon lesquelles le leader libyen pourrait trouver refuge dans le pays.
Le parti d'opposition de Morgan Tsvangirai ne souhaite pas accueillir Kadhafi au Zimbabwe.
Peu de liens
Un projet d’échange de courte durée mis à part, dans lequel la Libye devait fournir du pétrole au Zimbabwe en l’échange de produits fermiers, les deux pays n’ont pas un passé riche de liens économiques ni politiques.
Cependant, au fil des années, Mugabe a trouvé un terrain d’entente avec Kadhafi au sujet de son refus d’abandonner le contrôle absolu de son pays.
Ce mois-ci, Mugabe a accusé l’OTAN d’être une "association terroriste", combattant pour tuer Kadhafi. L’OTAN aide les rebelles libyens à chasser Kadhafi.
Situation instable
Les médias d’Etat au Zimbabwe ont évité de diffuser des reportages sur les violences perpétrées dans le pays du nord de l’Afrique, par crainte d’enflammer une situation déjà instable au Zimbabwe.
La plupart des Zimbabwéens vont sans doute célébrer la chute de Kadhafi de différentes manières. Mais peu d’entre eux trouveront le courage d’affirmer ouvertement leur souhait de voir la même infortune arriver à leur propre leader.
Mugabe et son parti ont pour habitude de réprimer toute forme d’opposition à leurs règles.
Arrestations
Les Zimbabwéens se souviennent comment, au début de cette année, un ancien coordinateur de l’opposition Munyaradzi Gwisai ainsi que des militants des droits de l’homme avaient été arrêtés et condamnés pour trahison. Ils étaient accusés d’organiser un rassemblement pour célébrer la chute du président égyptien Hosni Moubarak.
"L’année 2011 n’appartient pas aux dictateurs. Kadhafi est fini. Il y a encore un dictateur qui doit partir", dit Audrey Maphosa, faisant référence au président Mugabe. Mais les partisans de Mugabe perçoivent les évènements en Libye comme le dépouillement des ressources d’une petite nation africaine par les puissants pays occidentaux.














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