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Lutter contre le trafic humain
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Hilversum, Pays-Bas
Hilversum, Pays-Bas

Le traumatisme des victimes de trafic humain aux Pays-Bas

Publié le : 3 février 2012 - 3:06pm | Par Myrtille van Bommel (Photo : ANP)
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L’aide aux victimes de trafic humain aux Pays-Bas

Lors de l’enquête, la justice rassemble le plus de preuves possibles contre l’auteur des crimes. La victime – souvent en séjour illégal aux Pays-Bas – est prise en charge.

Les victimes ont un droit de séjour aux Pays-Bas de trois mois (selon la loi B-9). Si elles coopèrent avec la procédure pénale, leur séjour peut être allongé. Si le coupable est condamné, elles peuvent recevoir une autorisation de séjour pour une durée indéterminée.

Celles pour qui cette loi ne s’applique pas sont renvoyées dans le pays d’origine. Elles y sont ensuite prises en charge, selon un accord fait conclut les Pays-Bas.

Les victimes de trafic humain sont originaires d’Europe centrale et de l’est, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud. Werson ne veut rien dire sur le nombre de femmes concernées.

 

Le trafic d'êtres humains : Henk Werson, un agent de police, s'y est retrouvé tout à fait par hasard confronté en 1995. A l'époque, il était encore étonné que les victimes ne veuillent pas raconter leur histoire. Depuis, il sait les raisons de ce refus : ces victimes se trouvent embringuées dans un tissu de dépendance et d'exploitation. "De Fatale Fuik" (L’erreur fatale) : c'est sous ce titre que Henk Werson a écrit un livre sur ce qu'il a connu de près.

Lors d'une enquête sur une possible liquidation, Henk Werson tombe sur un réseau de prostitution. Sous la menace de violences extrêmes, un certain nombre de femmes sont contraintes de vendre leur corps.

Source de revenus

Et ce n'est pas tout, comme le découvre Henk Werson lors d'une conversation téléphonique mise sur écoute entre Andrej et "Samatha": "Mon trésor, t'as beau avoir remboursé ta dette, mais mes revenus baissent. Je ne veux pas en entendre parler. N'oublie pas d'où tu viens, espèce de pute. Tes nichons sont ta source de revenus et si tu ne fais pas plus d'argent, je vais les clouer au mur. Ensuite on pourra t'attacher avec des chaînes à tes mamelons. T'as compris?"

Après avoir appris, lors d'une autre conversation téléphonique mise sur écoute, que les menaces ont été exécutées, Henk Werson et ses collègues passent à l’action. Les femmes sont arrêtées puis interrogées. Werson part du principe que les femmes sont heureuses d’être sauvées et qu’elles voudront tout raconter. Mais les femmes renient et disent vouloir se prostituer de leur plein gré. Le policier n’y comprend rien.

Leçons
Il a tiré des leçons de cette expérience. "Bien que nous sachions qu’elles ont été frappées, que leur argent leur a été volé, elles commencent toujours par tout nier. Elles disent : c’était ma faute".

Les victimes de trafic humain sont fortement traumatisées. Leur personnalité leur a été volée, la violence est la norme dans ce milieu où la compassion est totalement absente. Mais les femmes qui travaillent illégalement aux Pays-Bas se méfient beaucoup de la police. Elles partent du principe que les agents sont corrompus.

Etre en paix
Aujourd’hui, Werson et ses collègues utilisent d’autres méthodes pour aider les femmes à raconter leurs expériences. Instaurer la confiance est la chose la plus importante.

"Elles doivent être en paix. Il ne faut pas forcer une déclaration. Donc nous expliquons toujours à la victime de trafic humain quelles lois s’appliquent. Nous les amenons à réfléchir et nous restons en contact régulier. Ce qui les entraîne à réfléchir : est-ce que je dois raconter ce que j’ai vécu ou non?"

Femmes nigérianes
Mais cette démarche ne garantit jamais qu’une femme parlera. Werson l’a réalisé lorsqu’il s’est trouvé en face de victimes originaires du Nigéria. Quoi que la recherche fasse, les réponses restaient toujours vagues : "J’ai été déposé à un McDonalds. Je ne sais pas d’où je viens et l’homme s’appelle Good Lucky".

Bien que suffisamment d’éléments fassent porter à croire qu’il s’agissait de trafic humain, Werson ne pouvait pas le prouver. "Et il y a des dames nigérianes qui traversent la frontière et disent : "Je veux le B-9, je suis une victime de trafic (voir cadre)". Ces informations sur la loi néerlandaises sont tellement spécifiques, elles ne peuvent pas savoir ça. Nous savons alors qu’il y a quelqu’un derrière".

Différentes histoires
Mais Werson sait que cela reste difficile. Si l’affaire aboutit à un procès, les femmes traumatisées doivent à chaque fois raconter leur histoire. Ce qu’elles ne font pas de manière consistante. Et la défense peut utiliser cela pour affirmer que la victime n’est pas crédible. Werson plaide donc pour un examen psychique obligatoire de la victime. Le témoignage peut ainsi être mieux évalué.

La police se concentre également de plus en plus sur l’obtention de preuves contre l’auteur des crimes. Si on veut vraiment voir les signaux, le trafic humain est facilement perceptible, selon Werson. Mais il ajoute que pour permettre des poursuites, toutes les instances impliquées, de la maire aux services de santé, doivent être prêts à porter plainte.

 

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