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Des troupes nigeriannes à Bamako, 19 janvier 2013
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Paris, France
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Le Nigeria ne sortira pas indemne du Mali

Publié le : 23 janvier 2013 - 5:02am | Par Rédaction Afrique (© Photo : Eric Feferberg/AFP)
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Alors que les premiers contingents nigérians arrivent au Nord-Mali, Marc-Antoine Pérouse de Montclos, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement, évoque les effets possibles de l'opération Serval sur le Nigeria.

Par Pierre Cherruau et Lou Garçon pour notre partenaire Slate Afrique, publié le 22 janvier 2013

Slate Afrique - Le Nigeria s’est engagé à contribuer militairement et matériellement à une force d'intervention dans le Nord-Mali. Est ce réaliste pour un pays déjà menacé de l'intérieur par des groupes islamistes, notamment Boko Haram ?

Marc-Antoine Pérouse - L'opération est déjà engagée par la force des choses, mais ça me paraît peu réaliste. L'armée nigériane est déjà déployée sur trois fronts internes: dans le Borno (nord-est) contre Boko Haram, à Jos (centre) du fait des affrontements entre chrétiens et musulmans, et enfin dans la région pétrolifère du delta du Niger, pour suivre l’évolution de l’amnistie accordée aux insurgés du MEND (Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger, principal groupe armé au Nigeria).

Officiellement, l'armée nigériane compte 80.000 hommes. Mais 18.000 seulement seraient véritablement opérationnels. J'ai donc du mal à voir comment le Nigeria pourra déployer efficacement et massivement des troupes dans le nord du Mali.

Il y a aussi un problème de connaissance du terrain. Le Nigeria est intervenu en Sierra Leone et au Liberia dans les années 1990, deux pays anglophones, ce qui n’est pas le cas du Mali francophone.

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Les soldats nigérians ne connaissent pas du tout le Mali. En plus, lorsque le Nigeria est intervenu au Liberia et en Sierra Leone, c’était parce que le dictateur de l’époque, Sani Abacha (1993-1998), avait besoin de rendre service à la communauté internationale pour se redonner une légitimité et éviter des sanctions économiques contre son régime qui avait pendu l'écrivain et militant écologiste Ken Saro-Wiwa, avait tué des opposants, et venait d’être expulsé du Commonwealth.

Elu lors d’un scrutin bien moins frauduleux qu'en 2007, le président Goodluck Jonathan, lui, dispose d’une vraie légitimité. Il n’a pas besoin de fournir des troupes à la communauté internationale pour être reconnu.

Goodluck Jonathan était même réticent à l’idée de s’engager directement dans la reconquête militaire du nord du Mali, sans d’abord rétablir l’ordre constitutionnel à Bamako. L’idée de la résolution votée à l’ONU était bien, initialement, de procéder en deux étapes.

En tant que président élu, Jonathan était évidemment sensible à la nécessité d’organiser des élections et de se débarrasser d’Amadou Sanogo (le putschiste malien qui a mené le coup d’Etat du 22 mars 2012, Ndrl).

La reconquête du nord du Mali ne devait s’effectuer que dans un deuxième temps. Or Sanogo a tellement traîné des pieds qu’il a réussi à bloquer la situation, au point que la France a a dû se passer de la première étape quand les islamistes du nord ont repris l’offensive vers le sud.

Sur le plan politique donc, les Nigérians ne sont pas tellement favorables à une intervention qui consisterait à aller chasser les islamistes sans pour autant régler la question du pouvoir militaire à Bamako.

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