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Des membres du M23 se retirant de Sake...
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Goma, Congo (Kinshasa)
Goma, Congo (Kinshasa)

Le M23, une opportunité pour les jeunes ?

Publié le : 12 décembre 2012 - 6:00am | Par Rédaction Afrique (© Photo : AFP)
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Pour les jeunes du Nord-Kivu, le M23 représente une opportunité à double tranchant. En contrepartie de leur silence, les rebelles promettent monts et merveilles. Ceux qui y adhèrent ne sont pas forcément mal vus par ceux qui, tout en étant contre le M23, sont critiques envers le régime de Kabila.

Par Mélanie Gouby, Goma

Sécurité, jeunesse... les priorités du M23, après avoir pris Goma, étaient claires. La ville prise, l'une des priorités du colonel Vianney Kazarama fut de rencontrer la jeunesse, "pilier de toute révolution".

Pendant plusieurs heures le porte-parole du groupe armé les a rassurés sur la présence des rebelles en ville, et leur a proposé de rejoindre le M23 en promettant aux jeunes diplômés d'avoir immédiatement accès à des postes à responsabilités. Une offre alléchante pour une tranche de la population qui est largement sans emploi et sans perspective d'avenir, dans un pays où le taux de chômage frôle les 80%.

Des postes dans l'armée et les renseignements
"Kazarama a dit que les jeunes sont plus efficaces que les fonctionnaires de l'Etat qui ont vieilli. Il a promis des hauts postes aux jeunes diplômés dans l'armée et les renseignements", raconte Hortense Kakimoi, une journaliste congolaise de 25 ans. Le miroir aux alouettes en attire plus d'un. Des hommes qui refusaient de rentrer dans l'armée nationale congolaise se sont enrôlés dans le mouvement du M23 pendant les 10 jours où le groupe armé a contrôlé la ville.

"Plusieurs fois j'ai essuyé des coups de feu car je manifestais pacifiquement dans la rue. J'ai essayé la voie non-violente, mais cela n'a pas marché. Il faut recourir à des solutions plus extrêmes", raconte Joël Malembe, 25 ans, qui travaille aujourd'hui dans le ministère de la jeunesse du mouvement.

Une attitude "rien à perdre" que même les plus anti-M23 ne sauraient lui reprocher. Ceux qui n'ont pas rejoint les rangs du mouvement ne s'alignent pas pour autant derrière le gouvernement de Kabila. Beaucoup dénoncent ce dernier comme étant corrompu et inefficace.

Ras-le-bol sur Internet
Sur Facebook, "Parlons-en", une page créée par des jeunes congolais pour débattre entre eux de l'actualité, compte plus de 11000 adhérents et les centaines de commentaires publiés chaque jour témoignent du ras-le-bol et de la désillusion des jeunes par rapport à la crise que traverse leur pays, non sans humour.

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La décision du maire et de l'administration provinciale d'interdire une manifestation, quelques jours après le départ du M23 de Goma, est ainsi commentée acerbement. "Ils avaient fui comme des marathoniens kenyans [quand le M23 avait pris la ville, NDLR]. Au lieu d'intimider leurs adversaires, ils commencent à nous maltraiter ! Ils vont nous représenter au JO de Rio en 2016 car ils seront tous au chômage", s'exclame une internaute. 

Le M23 en prend aussi pour son grade. Le voyage de la délégation des rebelles à Kampala est moqué car au lieu de prendre un avion, c'est en bus que les rebelles se sont rendus aux négociations. "Avec toutes les voitures qu'ils ont volées, comment peuvent-ils manquer de moyen de locomotion ?", s'interroge un jeune homme.

Montage vu sur la page Facebook "Parlons-en"
Montage vu sur la page Facebook "Parlons-en"

"On ne pouvait pas manifester quand le M23 était là"
Mais si les jeunes gomatriciens s'expriment relativement librement sur la toile, la mobilisation dans la rue est plus difficile. Jeudi, la manifestation d'un mouvement de jeunes créé en mai n'a rassemblé que 30 personnes sur le boulevard principal de Goma. Leurs slogans visaient principalement le gouvernement et demandaient la démission de certains ministres et du chef d'état major de l'armée congolaise.

Si la manifestation s’est rapidement faite disperser par la police, Micheline Mwendike, une des organisatrices, souligne : "On ne pouvait pas manifester quand le M23 était là (…). Il y avait eu un sérieux recul démocratique à cause d'eux."

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