Ça y est ! Je les ai vus ! Je n’étais pas sûre de ce que j’allais voir quand on est parti à leur recherche. Je pensais même qu’on n’en trouverait pas en fait. L’idée de les voir dans leur environnement naturel était pratiquement inconcevable.
Mais ils venaient de traverser l’une des rares routes du Parc national de Kahuzi-Biega. En voyant les toutes jeunes branches de bambou brisées, on savait en effet qu’ils venaient de passer.
Saskia Roskam
Saskia Roskam, née en 1982 d'un père camerounais et d'une mère néerlandaise, est en mission pour une durée de 6 mois à travers la RDC. Dans sa chronique bimensuelle, elle nous fait part de ses impressions sur son voyage.
Au bout d’une promenade d’une quinzaine de minutes, nous tombons sur leurs repaires : une pléthore de branches soigneusement disposées pour s’adapter à leur énorme corps. Et nous sommes assaillis par l’odeur nauséabonde de l’urine et surpris à la vue des énormes tas d’excréments. Il faut faire vraiment attention pour ne pas mettre les pieds dans leurs déjections.
Dos argenté
Après avoir marché pendant quinze à vingt minutes à travers la forêt humide, je me heurte presque à une forme qui est indiscutablement en train de se reposer. Un gros gorille Dos argenté a replié sa main sous sa tête et son autre bras est en train de tripoter quelque chose dans ses poils. On dirait qu’il passe sa journée à rêver.
A côté de lui sont assis deux jeunes gorilles mâles. Ils le surveillent. Leurs yeux nous regardent et nous sommes là à les regarder. Ils sont beaux, noirs, velus, pacifiques, on dirait des gentilles créatures quand ils sont assis comme ça.
Manger
Quand Dos argenté, que les garde-forestiers du parc ont appelé Chimanuka, a suffisamment dormi, il met en mouvement son corps énorme et puissant et se met à marcher 50 mètres vers un endroit dégagé dans la forêt. Il s’assied ensuite pour prendre un petit casse-croûte matinal sous forme de grosses branches de bambou. Le bruit du brisement de bambou est sec, clair et puissant. Tout en étant assis là, ignorant complètement son auditoire, Chimanuka est préoccupé par une seule chose ce matin et c’est la même chose qui le préoccupait hier et le jour d’avant : manger.
Son groupe le suit alors qu’il passe du mode endormi au mode éveillé. Ses deux gardes grimpent dans un arbre. Une mère et son bébé arrivent et s’assoient derrière Chimanuka.














Placez votre commentaire