Tourisme de la Coupe du Monde
Parmi les 1,401,725 touristes étrangers ayant visité l’Afrique du Sud aux mois de juin et juillet, 309,554 ont dit avoir fait le voyage pour la Coupe du Monde. Un touriste sur trois aurait l’intention de revenir en Afrique du Sud pour y passer des vacances dans un futur proche.
Le réseau du Gautrain s’élargit
Le Gautrain, premier train express régional du continent africain, relie l’aéroport international de Johannesburg à Sandton. Une connexion supplémentaire devrait s’ajouter à son trajet mi-2011, et rallier Johannesburg à Pretoria en 42 minutes. Initialement prévus à 600 millions de dollars, les coûts de construction ont atteint un montant estimé à 4 milliards.
La Coupe du Monde était censée apporter le "progrès social et économique à travers l'Afrique". Mais qu’en est-t-il, six mois après le coup de sifflet final ? Quel est le véritable héritage de quatre semaines de frénésie de foot?
Par Mirjam van den Berg, Hilversum
Le travailleur social Giosiame Masiki de Soweto résume la Coupe du Monde en ces termes : "Nous espérions qu’il y aurait davantage de touristes, que le secteur de l’emploi se développerait et que tout cela contribuerait à un meilleur avenir pour l’Afrique du Sud. Nous nous sommes retrouvés avec des stades magnifiques, une meilleure infrastructure, un certain sens de l'unité et même, pour certains, avec de nouvelles amitiés dans le monde entier."
Lebo Malepa pense que Soweto et son image ont changé grâce à la Coupe du Monde. Il est le propriétaire de l’unique hôtel pour baroudeurs de Soweto. Il y a peu, les guides de voyage et les magazines déconseillaient aux touristes d’y venir et surtout d’y passer la nuit. Mais depuis la Coupe du Monde, des rapports très positifs ont vu le jour et le tourisme est désormais en hausse à Soweto.
Entrepreneurs endettés
Beaucoup d’entrepreneurs sud-africains qui prévoyaient l’arrivée en masse de touristes ont transformé leur maison en pension d’hôtes. Grace Pilane vit dans le township Alexandra. Elle porte toujours aussi fièrement son t-shirt des Bafana Bafana à chaque fois que l’occasion se présente. "Plusieurs amis ont emprunté de l’argent à la banque pour faire construire une chambre supplémentaire dans leur maison. Nous nous attendions à l’arrivée en masse des touristes comme cela avait été annoncé longtemps auparavant."
Le township Alexandra est situé à proximité de Santon, la banlieue huppée de Johannesburg, du fan Park de la FIFA - qui se trouve à 15 minutes en voiture - et des stades Ellis Park et Soccer City. Les habitants d’Alexandra espéraient pouvoir faire des affaires pendant la Coupe du Monde. Mais en constatant que la plupart des lits supplémentaires étaient restés vides à l’approche du match final, ils se sont rendu compte que cette Coupe du Monde n’allait pas changer leurs vies de façon radicale.
Difficile à avaler
"Bien sûr, le stade Soccer City est magnifique" admet Grace Pilane. "Mais il n’est pas comestible, n’est-ce pas ? Trois de mes quatre fils sont sans emploi. Ma pension permet tout juste de les nourrir et de payer leur assurance santé. Je pourrais faire une liste des choses utiles qui auraient pu être faites avec les 440 millions qui ont été consacrés à la construction du stade. Mêmes les habitants d’Alexandra qui ont travaillé pour presque rien comme animateur dans les stades pendant la Coupe du Monde ont retrouvé leurs postes à mi-temps derrière les caisses des supermarchés. Peut-on subvenir aux besoins d’une famille avec ça ? "
Joseph Rambau fait sa ronde à la gare de Gautrain. Il est moins pessimiste. Il est entré en fonction comme responsable de la sécurité dans ce projet d’infrastructure phare quelques mois avant le début de la Coupe du Monde. "Sans la Coupe du Monde, le Gautrain ne serait pas encore achevé. Nous avons offert un moyen de transport rapide, sécurisé et fiable à des milliers de gens et j’ai rencontré des gens du monde entier qui veulent en apprendre davantage sur l’Afrique du Sud. C’est un bonheur de travailler ici."
Gâchis
Purshoth Chetty, directeur général du stade de Green Point du Cap pendant la Coupe du Monde, applaudit la croissance que le championnat a donnée au développement social et urbain. Il ne pense pas que les 600 millions de dollars consacrés à la construction du stade soit du gâchis, même si à peine douze événements s’y sont tenus depuis la Coupe du Monde.
"Le stade de Green Point et ses terrains sont accessibles à tous. Il y a une vue spectaculaire de la Montagne de la Table et de Robben Island. Mais le principal est que la Coupe du Monde a redonné espoir à des millions de Sud Africains. Nous devrions chérir et nourrir cette espérance, afin que nos enfants aient un avenir meilleur. "
Foot sans risques
Mais de l’autre côté de la Montagne de la Table, dans le township de Crossroads, Sinoxolo Petele, 13 ans, ne voit très bien en quoi la Coupe du Monde a changé sa vie. Il a bien soutenu et encouragé les Bafana Bafana puis les Pays-Bas pendant la Coupe, il a bien visité le stade de Green Point lors d’ une excursion scolaire, mais c’est à peu près tout.
Il joue au foot dans le stade local Johan Cruyff. "Aujourd’hui je peux bien jouer car quelqu’un a apporté un vrai ballon de foot. Mais parfois nous n’avons pas de ballon pour jouer. Heureusement, le marchand du coin vend des préservatifs. Il nous en donne parfois quelques-uns, on peut les gonfler et jouer avec pendant un moment. Mais on ne peut pas shooter trop fort, sinon ils explosent."

















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