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mardi 2 septembre  
Salafistes à la place Tahrir, au Caire
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Le Caire, Egypte
Le Caire, Egypte

L'Afrique en stop - 3ème volet : Les ''vrais'' salafistes

Publié le : 15 octobre 2012 - 11:01am | Par Rédaction Afrique (Photo : flickr.com/gr33ndata)
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Le projet Thumbs Up Africa

Neda Boin, 22 ans, Sierd van der Bij, 23 ans, et Christiaan Triebert, 21 ans, font un voyage de trois mois en autostop depuis Groningue, dans le nord des Pays-Bas, jusqu’au Cap, en Afrique du Sud. Ce projet de Thumbs Up a pour but de sensibiliser l’opinion sur les questions de développement durable et d’environnement.

 

"Ce serait bon de dessiner une carte avant d’entrer dans cette jungle", me dit Abdullah, alors que je prends mon carnet pour prendre des notes. "Si vous parlez de salafisme, vous devez bien être au courant de ce dont vous parlez." Je me trouve dans le salon d’un luxueux ferryboat qui me conduit de Turquie en Egypte. J’échange, pour ainsi dire, le calme de la place Taqsim, à Istanbul, pour le chaos de la place Tahrir, au Caire.

Par Christiaan Triebert

Je discute avec Abdullah Luxembourgi, un salafiste de 31 ans. "A ma naissance cependant, je m’appelais Julien." Venant de Belgique, il est en route pour le Yémen, où il habite. Pour être plus indépendant financièrement, il essaie de vendre des camions européens dans la péninsule arabe.

"Le mot arabe ‘salaf’ signifie ‘prédécesseur’ et le ‘i’ s’y rapporte. De même que Hollandi se rapporte à Hollande", explique Abdullah dans un parfait anglais. "Nous restons fidèles à la religion telle qu’elle a été révélée au prophète Mahomet, que la paix soit avec lui. C’est pour cette raison que nous rejetons tout autre forme d’islam." Ces dernières années, les discussions sur ce courant de l’islam sont souvent empreintes d’ignorance et de crainte, selon Abdullah. "Même ma famille ne sait pas grand-chose. Dès qu’il s’agit d’un sujet, selon elle, sensible, ma mère change de conversation. Un jour, j’ai énuméré tous les préjugés concernant les musulmans en présence de ma grand-mère et quand j’ai fini elle a hoché la tête en disant : Oui, en effet. Mais les gens peuvent venir discuter avec moi. Comme toi, par exemple."

Outre leur stricte approche de l’islam, les salafistes sont souvent cités comme appartenant à des mouvements activement impliqués dans la politique. Par exemple Sharia4Belgium ou bien les salafistes dans l’Egypte post-Mubarak ont été largement couverts par les médias ces derniers temps. "Ces types sont tous des idiots, des farceurs", déclare Abdullah, les yeux enflammés. "Ce ne sont pas des salafistes. C’est à partir de votre foi que vous agissez dans la vie courante. Si vous changez quoi que ce soit à votre foi d’origine, elle sera corrompue. Les façons de faire de la politique sont déjà en contradiction avec l’islam, donc il n’y aura pas de salafistes dans la politique parce que nous restons fidèles à notre religion d’origine." Selon Abdullah, les salafistes égyptiens activement impliqués dans la politique n’ont rien à voir avec le salafisme. "Ce sont des profiteurs, pas des croyants. Ils analysent l’audience et formulent leur politique en espérant obtenir des votes. Les salafistes et la politique ne vont pas de pair. "

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Le réceptionniste annonce que le dîner est prêt. Comme des loups affamés, les passagers se précipitent vers la salle à manger. Abdullah me remercie pour mes questions et mon intérêt pour son point de vue concernant la religion et l’islam. "J’aimerais qu’on me pose plus souvent des questions", dit-il. Voyant la longue queue attendant d’être servie en riz et en poulet, je décide d’aller fumer une cigarette à l’air frais sur le pont au-dessus de moi et de réfléchir à cette conversation tout en regardant la mer. Là, je rencontre Vasilev, un docker grec. Il fait un geste de la main vers l’Egypte et me dit qu’il n’aime pas le monde arabe. "Moi aussi, je prie, mais pas cinq fois par jour. Ils sont tous fous et c’est partout le bordel. La nuit ils boivent de l’alcool et le lendemain matin ils disent à Allah : désolé. Ils sont tous dingues dans le monde arabe. Je ne les aime pas."

Juste un mètre en dessous de nous, Abdullah fait la queue pour le dîner. J’aimerais que Vasilev et lui soient près l’un de l’autre et se mettent à discuter. En parlant des différences et des similitudes. Qu’importe, qu’ils aient une conversation. Mais Vasilev me dit qu’il ne va pas dîner. "J’ai déjà dîné avec l’’équipage."
 

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