Le vaccin contre la tuberculose a été mis au point il y a 90 ans. Depuis, aucun autre vaccin n’a été conçu ; par contre de nouvelles formes de résistance à la tuberculose ont vu le jour. Force est de constater, lors de la Journée mondiale de la tuberculose, le 24 mars, que cette maladie a été pendant longtemps trop peu "sexy" pour l’industrie pharmaceutique pour y investir beaucoup d’énergie. Mais une nouvelle collaboration entre le privé et le public offre peut-être une issue.
La tuberculose a grand besoin de nouveaux vaccins, de nouveaux médicaments et de nouveaux traitements. Outre le BCG (un vaccin vétuste et modérément efficace), la façon d’établir un diagnostic et la médication nécessitent grandement d’être rénovées. Mais l’argent manque, dit le professeur Charles Mgone, de l’EDCTP, le partenariat Europe-Pays en développement pour les essais cliniques qui finance les recherches dans le domaine du paludisme, du VIH/sida et de la tuberculose :
"La majorité des patients sont originaires des pays pauvres, qui n’ont eux-mêmes pas d’argent pour se permettre de nouveaux médicaments. L’industrie pharmaceutique n’a donc jamais été très avide de mettre au point de nouveaux médicaments."
C’est exact, affirme Marieke van der Werf, directrice de l’Association royale néerlandaise contre la tuberculose KNCV. Les patients ne forment pas suffisamment - dirons-nous avec cynisme - un "marché intéressant" pour les fabricants de médicaments. De plus, la cure d’antibiotiques, qui sert à lutter contre la tuberculose, dure "seulement" six mois. Les fabricants préfèrent les médicaments qu’il faut prendre toute la vie, comme les antirétroviraux ou les comprimés pour réguler la tension.
Coopération
Marieke van der Werf est cependant optimiste, maintenant que l’industrie pharmaceutique et les recruteurs de fonds ont décidé d’unir leurs efforts :
"Avec cet argent, les fonds vont collaborer avec l’industrie, par exemple avec l’entreprise néerlandaise biotechnique Crucell, pour mettre au point un nouveau vaccin. Etant donné que Crucell n’a pas besoin de se charger lui-même de tous les investissements, c’est désormais intéressant pour eux de travailler à l’élaboration d’un nouveau vaccin."
Sida
En Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis, la tuberculose a pratiquement été enrayée, grâce aux cures d’antibiotiques. C’est pour cette raison aussi que l’intérêt de mettre au point un meilleur vaccin a disparu dans les années 80 du siècle précédent. Ce n’est que lorsque l’Occident a été confronté au VIH/sida que la tuberculose a pu de nouveau se propager auprès de ceux dont le système immunitaire avait considérablement baissé.
En Afrique, en Amérique latine et en Asie, 9 millions d’habitants par an sont atteints de tuberculose. Selon l’OMS, cela signifie 5.000 morts de tuberculose par jour à l’échelle mondiale en 2008.
Vulnérables à cause du sida
Le pneumologue néerlandais Martin Boeree a travaillé à la fin des années 90 dans un hôpital au Malawi. Il a vu de nombreuses jeunes personnes de 15 à 35 ans mourir de cette maladie.
"La tuberculose se rencontre surtout en Afrique sub-saharienne. C’est dû à l’épidémie du sida. Les gens ont un système immunitaire plus faible et sont moins de taille à résister à cette maladie bactérienne.
Rompre la cure
Les malades tuberculeux peuvent guérir en suivant une longue cure d’antibiotiques. La plupart des patients ne terminent pas le traitement. Selon Martin Boeree, ils arrêtent la cure parce qu’ils se sentent mieux au bout de quelques semaines. Entre-temps la mise au point d’une cure plus courte suscite de bons espoirs :
"Il y a sur le marché un certain nombre de nouveaux médicaments, mais aussi d’anciens médicaments. En les combinant correctement et en augmentant le dosage, on arrive à réduire la cure de six à quatre mois et même moins."
Etant donné qu’il faut compter environ dix ans avant qu’un nouveau médicament soit mis au point, il faudra donc attendre encore quelque temps pour voir la sortie d’un nouveau vaccin sur le marché. Le traitement d’antibiotiques à durée réduite est prévu pour 2012. Entre-temps le danger qu’une tuberculose multirésistante fasse à nouveau son entrée en Europe menace toujours.
Second volet sur la tuberculose. Premier volet des vaccins publié le 24 mars 2011.
















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