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Affiche de campagne pour les droits des minorités sexuelles, à Lilongwe, 2011
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Blantyre, Malawi
Blantyre, Malawi

La suspension des lois anti-gays au Malawi ne fait pas l'unanimité

Publié le : 10 novembre 2012 - 6:00am | Par Rédaction Afrique (Photo : AFP)
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La décision des autorités malawites d’abroger les lois contre l’homosexualité fait débat dans le pays. Si les militants des droits de l’homme applaudissent évidemment l’initiative, certains conservateurs pensent que le gouvernement ne devrait pas copier tout ce que font les pays occidentaux ou dire oui à tout ce que demandent les bailleurs du Malawi.

Par Joseph Kayira, à Blantyre.

Tiwonge Chimbalanga, 22 ans, et Steven Monjeza, 28 ans, ont été condamnés à 14 ans de prison avec travaux forcés. Leur crime ? Être gay. Le couple avait été arrêté après leur cérémonie de fiançailles dans un hôtel de Blantyre.

Mais c’était il y a 4 ans. La semaine dernière, le ministre de la Justice et procureur général, Ralph Kasambara, a ordonné à la police de ne plus arrêter d’individus pour des actes sexuels entre des personnes du même sexe jusqu’à ce que le législateur abroge la loi sur l’homosexualité. Les députés doivent se rencontrer le mois prochain, mais l’incertitude règne quant à savoir si le sujet — et sa peine maximum de 14 ans d’emprisonnement — sera mis sur la table durant la session parlementaire de décembre.

Prière de prier contre l'homosexualité
Le jugement de Chimbalanga et Monjeza a été internationalement condamné ; certains bailleurs ont même retiré leurs contributions au Malawi. Ban Ki-Moon est venu à Lilongwe pour avertir des conséquences de l’arrestation et a demandé à Bingu wa Mutharika de gracier le couple, ce que l’ancien président du pays a fait.

Pourtant, Mutharika et ses partisans ont refusé de s’incliner devant les demandes faites pour décriminaliser le mariage homosexuel. Pour eux, ces demandes sont « non-malawites ». Le président a même demandé aux prêtes de prier pour le pays afin qu’il soit débarrassé de ce qu’il voyait comme un phénomène nouveau.

Après la mortelle crise cardiaque de Mutharika, en avril dernier, les choses ont changé. Joyce Banda est devenue présidente et a assuré aux donateurs que le Malawi abrogerait ce qu’ils avaient appelé les "mauvaises lois" — lois anti-gays incluses.

Ce serait une façon de normaliser les relations avec l’Occident. Au-delà, certains on vu cela comme une manière de redonner confiance aux donateurs — un facteur important : 40 % du budget national étant financé par des partenaires du développement.

"L'homosexualité ne disparait pas"

Undule Mwakasungura, directeur du Centre pour les droits de l’homme et la rehabilitation, pense que la décriminalisation est attendue depuis longtemps. Pour lui, "les gens doivent comprendre que l’homosexualité ne disparait pas. Nous encourageons la société au Malawi, spécialement les institutions religieuses, à reconsidérer les manières d’aborder la présence de lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. Spécialement les institutions religieuses, parce que c’est de là que vient une grande partie de l’homophobie." 

Mwakasungura appelle à des changements drastiques de la loi, considérant qu’une partie de la société au Malawi montre des tendances homophobes. Ce fut particulièrement visible lors de l’affaire Chimbalanga-Monjeza : une majorité des malawites interviewés ont confié ne rien voir d’anormal à la condamnation du couple à la peine maximum.

Le vent de l'Ouest
"Dieu n’a pas créé l’homme et l’homme ou la femme et la femme. Ces cultures que nous importons de l’extérieur du Malawi sont dangereuses et rendront seulement Dieu furieux et il nous punira. Je sais que le gouvernement est sous pression pour changer quelques lois, mais accepter l’homosexualité au Malawi, c’est aller trop loin", pense Austin Chole.

Cet étudiant en informatique dans la ville du Sud de Zomba croit que les forces du néocolonialisme sont en marche, faisant du Malawi un pays redevable aux "Etats qui nous aident et accrochent des ficelles à chaque donation que nous recevons." 

Selemani Msamala et Austin Chole s'opposent à la suspension.
Selemani Msamala (à gauche) et Austin Chole (à droite) s'opposent à la suspension.

Pour Billy Mayaya, membre de l’église presbytérienne de Lilongwe, "tandis que nous reconnaissons que l’homosexualité est un processus de socialisation et existe au Malawi, nous pensons que dans une société diversifiée, les opposants doivent être autorisés à parler sans l’ombre du dogme occidental assombrissant leurs droits à une vision axée sur la culture."

Un changement injuste et non démocratique ?
"Ils ne peuvent commencer à délibérer sur les droits des homosexuels sans connaitre nos opinions. Autrement, la façon dont ils s’occupent du sujet est injuste et non démocratique", confie Selemani Msamala, 21 ans. Des étudiants de Zomba disent que le gouvernement devrait faire un referendum avant que les législateurs ne commencent à délibérer sur un changement qui menace de diviser le pays.

Il ajoute : "Je vois déjà nos députés faire passer la loi acceptant l’homosexualité parce qu’ils sont sous pression des bailleurs. Ce n’est pas comme ça que nous voulons voir notre pays fonctionner." Il reste tout de même à voir comment le parlement malawite s’occupera de la loi une fois les délibérations programmées.

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