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dimanche 19 mai  
Ellen van de Bovenkamp, correspondante au Maroc
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Rabat, Maroc
Rabat, Maroc

La surveillance : une réalité permanente pour les journalistes

Publié le : 2 août 2012 - 3:21pm | Par Ellen van de Bovenkamp (Photo : © Ellen van de Bovenkamp)
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Le Maroc a adopté, l’an dernier, une nouvelle Constitution qui accorde une large place à la liberté d’expression et à la liberté de la presse. Mais, comme a pu le constater à ses dépens notre correspondante Ellen van de Bovenkamp, pas grand-chose n’a changé. Elle décrit son combat pour travailler dans un pays où la "liberté de la presse" est un concept limité.

Quelques semaines seulement après l’annonce du projet de Constitution, le journaliste Rachid Nini est arrêté. Il disparaît derrière les barreaux pour avoir écrit des articles critiques sur des personnes haut placées – le tribunal ayant décidé que ses articles avaient nui à leur réputation. Au Maroc, les gens parlent d’emprisonnement comme on pourrait parler aux Pays-Bas du chômage : une période difficile, mais qui fait partie de la vie. Je ne pense pas m’habituer un jour à considérer la prison tout simplement comme l’un des fardeaux de la vie. Comme j’avais rencontré Rachid plusieurs fois, sa condamnation a un an de prison m’a profondément choquée.

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Paranoïa ?
Je me suis habituée à d’autres aspects de la vie marocaine, et j’ai même adopté certaines tactiques. Je fais attention à ce que je dis au téléphone et à ce que j’écris dans mes courriels. Et quand il y a soudain un contôle de sécurité à l’aéroport, je deviens nerveuse à l’idé d’avoir sur moi un livre qui est interdit au Maroc. J’ai décidé de ne pas me retourner quand je marche dans la rue – cela me rendrait uniquement parano -, mais je sais que quelqu’un me suit parfois. Quelqu’un qui contrôle où je vais et qui je rencontre. Peut-être devrais-je être plus précise sur mes rendez-vous dans les courriels. Ainsi ces gens n’auraient pas à me suivre dans toute la ville…

Courriel intercepté
Mon premier emploi au Maroc a été à l’ambassade des Pays-Bas. Quand j’ai commencé à y travailler, il se passait des choses bizarres dans mon courrier. Mon père m’avait envoyé une carte postale me racontant en détails ses vacances. Sympa, je me suis dit, mais comment est-ce que cette carte m’est parvenue alors qu’elle ne mentionne pas mon adresse ? Je me suis mise à faire attention aux enveloppes qui me parvenaient et je remarquais que certaines avaient été fermées avec un ruban adhésif, après avoir été déchirées. Apparremment, le courrier avait été ouvert après avoir été délivré. Etait-ce l’oeuvre du moqaddem, le responsable des Affaires intérieures, qui tenait à jour ce qui se passait dans le quartier ? Je n’ai jamais réussi à le savoir, et en fait ça ne m’intéressait pas beaucoup.

Réputation dangereuse
Alors que j’habitais à Rabat depuis quelques semaines seulement, l’un de mes voisins vint me demander nerveusement si j’avais des problèmes. Deux policiers en civil étaient venus lui demander de voir qui me rendait visite. Ils avaient parlé à plusieurs voisins et interrogé le gardien du parking. Me donner une réputation dangereuse auprès de mes voisins était quelque chose de tout différent de contrôler mes cartes postales et mes notes de téléphone, et je n’étais pas contente du tout. Mais quand je dis à mes voisins que je venais de commencer à travailler à l’ambassade, ils comprirent aussitôt pourquoi la police leur avait posé des questions sur moi. Et heureusement, les policiers ne sont pas revenus (du moins autant que je sache…). Et c’est ainsi que j’ai commencé à m’habituer à vivre dans un Etat policier.

Alerte de sécurité
Au bout d’un moment, "ils" étaient probablement rassurés par ce qui (n’)était (pas) mentionné dans mon courrier et les lettres me parvenaient désormais en bonne et due forme. Mais quand j’ai commencé à travailler en tant que journaliste, la lecture de mon courir reprit rapidement. Mes débuts journalistiques coïncidèrent avec les préliminaires du printemps arabe, une période durant laquelle toutes les forces de sécurité étaient en état d’alerte maximale. Elles passaient plus d’heures au ministère de l’Intérieur qu’à tous les autres ministères réunis. Depuis que je travaille comme journaliste, l’une de mes connaissances, qui travaille au ministère de l’Intérieur, traverse la rue quand il me voit. Qu’on s’imagine ce qu’il pourrait lui arriver si son patron le voyait en train de discuter avec une journaliste étrangère !

Museler les critiques
C’est dommage qu’il ne me parle plus, que mon courrier "se perd" pendant quelques jours et que ma connexion par téléphone est parfois interrompue, mais je le répète : je ne peux pas vraiment me plaindre. La pire chose qui puisse m’arriver, c’est passer quelques heures dans un bureau de police ou être expulsée de ce pays. Pour les journalistes marocains, c’est une tout autre histoire. Rachid Nini a été relâché il y a quelques mois et a annoncé qu’il arrête le journalisme pendant quelque temps. Son séjour en prison l’a peut-être réduit au silence à jamais.
 

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télévisionman ou highlander 15 août 2012 - 5:20am / maroc

je dit a mes amis son altesse le prince alexander et son altésse la princésse maxima mon histoire ça va finir quand (( mérde))

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