Patrick Bond, du Centre pour la société civile en Afrique du Sud
Quelle est votre lien avec le microcrédit ?
Je suis un professeur en économie politique, en politique sociale et en géopolitique en Afrique du Sud. En tant que directeur du Centre sud-africain pour la Société civile, j’ai suivi le phénomène microfinance depuis des années, spécialement en Afrique du Sud, en Zimbabwe, en Namibie et dans d’autres pays d’Afrique australe.
Est-ce que vous considérez le microcrédit comme la solution à la pauvreté ?
"Non. La microfinance créée plutôt qu’elle ne diminue la pauvreté. Elle la créée, en particulier lorsque la stratégie pour le développement économique repose sur l’ initiative individuelle et l’entreprenariat, quand les conditions ne sont pas efficaces. Il apparaît dans des conditions où les marchés ne fonctionnent pas et au lieu de créer un marché, vous faites en sorte que les gens aient des dettes et vous les rendez encore plus vulnérables.
A votre avis, qui profite le plus du microcrédit ?
"Je pense que la plupart du bénéfice profite à l’avocat ou au personnel bien rémunéré des ONG dans les pays du tiers-monde, qui mettent en place ces circuits. Je les vois tout le temps en Afrique du Sud et ils prennent tout simplement beaucoup trop d’argent et s’ils pouvaient se contenter de salaires moins élevés, nous parlerions alors d’un système plus supportable. "
Est-ce que le microcrédit atteint les personnes qui en ont le plus besoin ?
"Les gens qui en ont le plus besoin ne sont, en règle générale, pas solvables. Ils sont les gens les plus pauvres du monde. Ils ne peuvent pas bénéficier des marchés réguliers. La microfinance pourrait les faire sombrer encore plus loin s’ils doivent rembourser leur dette alors qu’ils n’ont pas fait des bénéfices suffisants pour le faire. "















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