Qui est Karyn Benquet ?
Karyn (Port Gentil, 1979) est une danseuse professionnelle qui depuis 2008 danse au Nederlands Dans Theater (NDT) à La Haye, aux Pays-Bas. Entre 2003 et 2008, Karyn dansait au Ballet de Monte Carlo, entre 1999-2002 au Grand Théâtre de Genève.
Elle a eu une éducation classique au Conservatoire National Superieur de Musique et de Danse de Paris. Aujourd’hui elle est passionnée par la danse contemporaine.
Vous dansez dans une compagnie néerlandaise. Que représente l'Afrique pour vous ?
« Je suis née à Port-Gentil, au Gabon, avec un papa français et une maman gabonaise qui est originaire du peuple Myènè. C’étaient les années les plus importantes de ma vie. En Afrique j’ai découvert ma passion d’aujourd’hui. Mon instinct se retrouve là-bas. J’ai des mémoires très fortes de la culture de ma jeunesse. »
Avez-vous dansé pendant votre enfance ?
« J’ai grandi avec la musique autour de moi, des deux cultures. Ma culture africaine avec les musiques traditionnelles et folkloriques. Et la culture française de mon père avec des musiques notamment classiques. Quand j’étais enfant, j’adorais recopier les danses que je voyais. Cela faisait partie de mon quotidien. Les cérémonies, les rituels, les danses en groupe. La danse et le chant ont toujours fait partie de mon enfance. C’est un mode d’expression pour moi. »
Et puis vous avez quitté l’Afrique…
« J’avais 7 ans quand mes parents ont décidé de partir en France. C’était pendant la crise économique au Gabon. Ça a bouleversé ma vie. Plus tard en France, j’ai dû m’ajuster. L’Afrique m’a manqué. »
Pourquoi la danse moderne ?
« Pendant ma formation classique en France, il y avait une discipline énorme. On est vraiment dans le contrôle, qui s’oppose à l’instinctif. Un jour, j’avais oublié ce que c’était d’être libre dans la danse, de danser de façon instinctive, d’être dans le moment présent. Je l’ai redécouvert au Nederlands Dans Theater. »
« Au départ je ne savais pas ce que c’était d’être dans cette compagnie. J’étais en admiration devant les qualités des danseurs. Les premières pièces que j’ai vu danser par la compagnie, c’était en dvd, cela m’a énormément touchée. J’ai retrouvé les sensations qui m’ont fait commencer la danse. »
Si vous pensez aux Pays-Bas, quel est le plus grand cliché qui vous vient à l’esprit?
(Rit aux éclats) « Maintenant j’ai une image du fromage. Et des tulipes. J’aime circuler en vélo et la dimension architecturale. On se sent plus dans un village que dans une ville. J’aime bien ce sentiment. »
Et qu’est-ce qui vous fait rire, quand vous pensez à l’Afrique ?
« C’est qu’on ne perd jamais espoir. ce sont des gens avec une force intérieure assez incroyable. Une richesse de vie particulière. Le rire fait énormément partie du quotidien. C’est ce que je trouve le plus beau en Afrique. »
Karyn Benquet et Jorge Nozal dansent "Whereabouts Unknown" de Jirí Kylián.















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