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La Haye, Pays-Bas
La Haye, Pays-Bas

La Haye dans le collimateur de Wikileaks ?

Publié le : 7 décembre 2010 - 2:40pm | Par Heleen Sittig (photo AFP)
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Les Pays-Bas auraient-ils réellement exercé des pressions sur les pays en développement ? Wikileaks a publié le week-end dernier pour la première fois un document (voir ci-dessous) de l’ambassade des Etats-Unis à La Haye. Selon ce document, le rôle joué lors de la conférence sur le changement climatique qui s’est déroulé à Copenhague diffère de ce que l’on savait jusqu’alors.

C’est faux. Les Pays-Bas n’ont jamais menacé de réduire l’aide au développement pour amener les pays en développement à soutenir l’accord climatique de Copenhague. C’est ce qu’affirme l’ancien ministre néerlandais de la Coopération au développent Bert Koenders.

Dans le quotidien néerlandais De Volkskrant, l’ancien ministre estime que la teneur du document, tel qu’il a été publié par Wikileaks, repose sur une interprétation erronée. Selon Bert Koenders, les Américains sont habitués à exercer des pressions sur certains pays et ont donc pensé que les Pays-Bas en font de même.

Intéressant et amusant
Le document de Wikileaks suscite moins d’étonnement de la part de Ben Bot, un autre ancien ministre néerlandais des Affaires étrangères. Dans le même quotidien, l’ancien chef de la diplomatie néerlandaise estime qu’il faut parfois ne pas y aller par quatre chemins. Il ajoute cependant qu’à sa connaissance, jamais l’argent du développement n’a été utilisé pour exercer une quelconque pression politique. Bot fait une différence subtile : l’aide financière consacrée au développement est bien utilisée dans le but d’ "engager la discussion". L’ancien ministre et diplomate chevronné ne considère pas les annonces secrètes et confidentielles de Wikileaks comme une menace, mais au contraire comme quelque chose d’intéressant et amusant.

La groupe parlementaire du parti travailliste néerlandais, PvdA, souhaite demander un éclaircissement sur le document incriminé. Les députés du parti de la liberté PVV de Geert Wilders fustigent. Richard de Mos, l’un d’entre eux, parle même d’une "escroquerie sordide".

Sanne Kaasjager, le négociateur à l’origine des propos récusés, se tait. Il explique que seul le service de renseignement du ministère des Affaires étrangères est habilité à faire des commentaires. Et l’informateur du ministère explique à son tour qu’il est encore trop tôt pour réagir. Pour l’instant, c’est la Taskforce Wikileaks (force opérationnelle) qui est mise sur l’affaire. Elle devra d’abord évaluer la fuite et l’analyser.

Questions
Quoi qu’il en soit, il reste pour le lecteur néerlandais un certain nombre de questions sans réponse. Notre pays "bien comme il faut" a-t-il réellement exercé des pressions sur les pays en développement ? Est-ce que les riches Pays-Bas auraient utilisé l’aide financière accordée au développement comme moyen de pression ? Le cas échéant, à quelle échelle ? Ces pratiques sont-elles tout simplement très utilisées comme pratiques diplomatiques ? Et si, en effet, certains pays ont subi des pressions, quels sont ces pays ?
 

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