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Des immigrés zimbabwéens font la queue pour légaliser leur séjour
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Johannesburg, Afrique du Sud
Johannesburg, Afrique du Sud

L’Afrique du Sud déporte massivement ses Zimbabwéens

Publié le : 20 octobre 2011 - 3:00pm | Par Rédaction Afrique (Photo : Nkosana Dlamini)
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Le retour forcé d’immigrants illégaux n’est pas chose nouvelle en Afrique du Sud, mais le gouvernement de Prétoria a intensifié l’évacuation des Zimbabwéens hors de son territoire.

Grace Ndlovu attend son sort avec impatience dans un camp de transit près de la frontière entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud. Adossée sur sa chaise, la tête entre ses mains, cette veuve de 40 ans crispe son visage en pensant à son avenir loin de Johannesburg, la capitale commerciale de l’Afrique du Sud, où elle gagnait raisonnablement sa vie. Chez elle au Zimbabwe, l’avenir semble pessimiste.

Par Nkosana Dlamini, Harare

Politique désastreuse
Grace est une des centaines de réfugiés économiques du Zimbabwe qui sont transportés dans des camions et déchargés du côté zimbabwéen, à quelques 500 km au nord de Johannesburg. Plus de deux millions de compatriotes semblent encore vivre dans la ville sud-africaine. Environ 300.000 d’entres eux ont suivi la directive du gouvernement sud-africain pour obtenir leurs papiers avant le 31 juillet 2011.

De nombreux Zimbabwéens ont fui la politique désastreuse du président Robert Mugabe. Ceux qui ont le moins de formation tombent généralement à la merci d’employeurs sud-africains qui menacent de les remettre à la police s’ils se plaignent de leurs conditions de travail. D’autres s’adonnent au crime et à la prostitution. Certains sont victimes d’attaques xénophobes par des militants locaux.

Un nouveau choc
Bien que le retour forcé d’immigrants illégaux ne soit pas chose nouvelle en Afrique du Sud, la masse actuelle de déportés d’origine zimbabwéenne sous le gouvernement de Jacob Zuma est sans égale. Etant donné sa frontière commune avec le Zimbabwe et une économie en pleine croissance, l’Afrique du Sud est fortement touchée par la crise actuelle de son voisin. Des observateurs zimbabwéens pensent que l’Afrique du Sud - qui a intercédé pour former le pacte d’unité de 2008 au Zimbabwe -souhaite que les Zimbabwéens retournent chez eux pour participer aux prochaines élections.

Christopher Mugaga, un analyste économique, redoute que l’économie déjà très vulnérable du Zimbabwe subisse un nouveau choc si les déportations continuent. Selon le ministre des Finances Tendai Biti, trois quart du budget national est englobé par les salaires publics et le reste est destiné aux besoins sociaux d’une population de 14 millions. Les Zimbabwéens moyens, qui sont restés au pays et ont bravé la faim et la maladie, ne sont pas non plus enchantés du retour forcé de leurs compatriotes. "Ils ne doivent par rentrer. Ils vont prendre nos emplois", dit Claudine Marime, réceptionniste pour une compagnie d’assurance. Le taux de chômage du Zimbabwe est alarmant, il se chiffre à 90%.

Lutte impossible
Mais Timothy Rusere, un partisan du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le parti du premier ministre Morgan Tsvangira, est optimiste sur le retour des Zimbabwéens en provenance de l’étranger. Selon lui, cela pourrait enfin permettre de mettre fin à 31 ans de régime de Mugabe. "Ils doivent rentrer pour que nous continuions la lutte ensemble. Ce sont de vraies mauviettes qui nous ont laissé crever", dit Rusere. Mais le parti de Mugabe ne semble pas le moins perturbé par ce pic de votes contre lui. "Il n’y a rien à craindre, selon Rugare Gumbo, un porte-parole du parti. Ces Zimbabwéens qui rentrent feront leur choix avec un esprit ouvert".

Trevor Maisiri, un autre analyste politique, pense que le gouvernement de Pretoria combattra une lutte impossible. "Il sera très difficile de déporter autant de Zimbabwéens qu’ils veulent, dit Maisiri. Les Zimbabwéens utiliseront facilement les même canaux pour retourner en Afrique du Sud." Des policiers sud-africains et employés de l’immigration corrompus n’hésitent pas à prendre des pots-de-vin de la part d’immigrés, parfois pas plus que 20 rands sud-africains (2,5 euros). Alors que Grace se demande que faire, son compatriote Kudakwashe jure d’utiliser la compensation financière qui lui a été remise par l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM) afin de payer un agent qui lui redonnera l’accès en Afrique du Sud.
 

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