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Kon Kelei
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Kon Kelei (ancien enfant-soldat): j’aurais dû mourir

Publié le : 7 juillet 2011 - 4:52pm | Par Mirjam van den Berg (Photo: Mirjam van den Berg)
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Qui est Kon Kelei ?

 Kon Kelei, né en 1982, a été envoyé par ses parents joindre l’Armée de libération du peuple soudanais (SPLA) lorsqu’il avait quatre ans. En 2000, il est arrivé aux Pays-Bas comme réfugié clandestin. Depuis lors, il est devenu un fervent avocat des droits des jeunes vivant dans des situations de guerre. Kon Kelei détient un diplôme de Droit international et européen d’une université néerlandaise. En 2010, Kon Kelei est retourné au Soudan, où il dirige son propre cabinet d’avocat et il enseigne à l’université de Bor. Il est aussi le fondateur de la Cuey Machar Secondary School Foundation, une fondation dédiée à la construction d’une école secondaire au Sud-Soudan.

Si vous étiez président de votre pays, quelle serait votre priorité ?
Je ferais tout pour que le Sud-Soudan devienne un endroit aussi agréable que l’Europe, en particulier les Pays-Bas.

Qu’est-ce qui vous fait sourire le plus quand vous pensez à l’Afrique ?
Les contacts sociaux. Je suis heureux quand je suis en Afrique. J’ai moins à manger et à porter, mais je suis toujours joyeux. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça. Quand je suis en Europe, j’ai tout ce qu’il faut, mais je ne suis pas aussi heureux qu’en Afrique. C’est la valeur de l’humanité, des contacts sociaux, de ma famille. Tout le monde est là autour de moi, c’est ce qui me rend heureux en Afrique.

Qu’est-ce qui vous a fait décider de faire ce que vous faites maintenant ?
Je sais que des jeunes garçons et des jeunes filles sont morts au Soudan. Ils pensaient se battre pour les droits des Soudanais. J’ai fait la même chose à un moment donné et des milliers d’enfants risquent encore leur vie aujourd’hui. Mais Kon Kelei n’est pas mort. J’aurais dû mourir pendant la période où j’étais enfant-soldat. Mais j’ai survécu.

C’est donc à mon tour de faire quelque chose. Les gens aux Pays-Bas m’ont souhaité la bienvenue et m’ont donné ce dont j’avais besoin. Ils espéraient que je retournerais et que je ferais quelque chose. Ce que j’ai fait. Je suis fier de ce que je fais maintenant, mais ce que je ressens n’est pas très important. C’est la moindre des choses que je pouvais faire pour contribuer à la vie.

Etant vous-même une icône, qui est votre propre icône ?
Martin Luther King, pour différentes raisons. Il n’avait pas peur de la mort. Il était prêt à mourir pour les autres. Il a donné une voix à la plupart des noirs aux Etats-Unis, et beaucoup de marginalisés dans le monde. 

Une autre de mes icônes est Gandhi. J’ai vu le film et j’ai lu le livre. Au début, on le voit bien habillé, c’est un avocat avec un avenir brillant. Et à la fin, il porte les vêtements dans lesquels nous le connaissons tous, tout simplement parce que c’est tout ce dont il avait besoin. Et il était heureux.

C’est aussi ce que je veux. Le jour où mon peuple au Sud-Soudan me donne une tâche spécifique, si dure soit-elle, si je peux me rendre utile, je serai heureux.

Quelle est votre bien le plus précieux ?
Ma mère ! Je ne la connais pas très bien, parce que j’ai dû quitter ma famille quand j’étais très jeune et je ne l’ai revue il n’y a que quelques années. Mais toute la famille autour d’elle est quelque chose que j’estime beaucoup.

Quand vous pensez aux Pays-Bas, quel est le plus gros cliché qui vous vient en tête ?
Aux Pays-Bas, vous devez absolument être à l’heure à un rendez-vous. Si vous arrivez 10 minutes en retard la personne vous dira "désolé, vous êtes en retard, je dois partir, nous allons devoir fixer un autre rendez-vous". C’est le plus grand cliché. Ils doivent toujours vérifier votre agenda. En Afrique, vous arrivez en courant, vous expliquez pourquoi vous êtes en retard, puis l’entretien continue. J’espère que les Pays-Bas deviendront un peu plus relax, ça serait bon pour le pays.

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