Les Pays-Bas devraient mettre tout en oeuvre pour lutter contre la "ségrégation" dans les écoles primaires. C’est ce qu’a estimé le militant américain pour les droits civiques Jesse Jackson durant une brève visite aux Pays-Bas.
Le révérend Jesse Jackson n’y va pas par quatre chemins lorsqu’il s’agit de déségrégation :
"Faites de la ségrégation une chose illégale et inacceptable. Vous devez considérer les nouveaux venus comme une valeur ajoutée et non pas comme une menace."
Connu pour sa lutte pour les droits civiques, l’ancien candidat à la Maison Blanche et pasteur baptiste était aux Pays-Bas pour prononcer le discours annuel Martin Luther King à La Haye. Par ailleurs, durant sa tournée de cinq jours à travers quatre pays européens, il a assisté à des conférences et des séminaires et s’est entretenu avec des groupes de jeunes.
Et Jesse Jackson a accordé une interview en exclusivité à Radio Nederland Wereldomroep.
La déségrégation a été un thème central dans la vie de Jesse Jackson. Il a pris part à une marche avec Martin Luther King Jr. à l’époque où la ségrégation raciale des Noirs dans le Sud des Etats-Unis était encore une réalité.
Son conseil aux Néerlandais d’intégrer leurs minorités, en particulier dans les écoles, comporte donc un certain poids.
Il arrive également à un moment opportun. Un débat a lieu actuellement aux Pays-Bas sur l’importance de la déségrégation dans les écoles primaires et sur la meilleure façon d’y parvenir. Il s’agit d’une question particulièrement difficile étant donné que le système de l’enseignement néerlandais est basé sur le libre choix et que peu de Néerlandais veulent que l’Etat intervienne pour supprimer ce choix.
Selon Jesse Jackson, l’Etat néerlandais devrait mettre tout en œuvre pour lutter contre la ségrégation dans les écoles. Ce n’est pas un processus facile, comme le montre la déségrégation forcée dans les écoles aux Etats-Unis. Mais cette déségrégation vaut, selon lui, la peine à long terme.
Bombe à retardement
Selon le révérend Jackson, l’une des conséquences de la ségrégation est que les communautés ethniques se sentent stigmatisées et se retrouvent isolées :
"Si vous laissez vivre les gens dans l’isolement et vous les laissez se sentir abandonnés, vous préparez votre propre bombe à retardement."
C’est exactement ce qui inquiète beaucoup de gens, ici aux Pays-Bas, depuis l’assassinat de Theo van Gogh par un jeune Néerlandais d’origine marocaine.
Mais lorsqu’il s’agit d’intégration, le message de Jesse Jackson est "Keep Hope Alive". Le pasteur baptiste a été impressionné par les jeunes qu’il a rencontrés à La Haye et Amsterdam et par les efforts qu’ils ont faits pour apprendre à vivre ensemble.
Et il est également impressionné par les Pays-Bas en général :
"Vous avez tout ce qu’il vous faut. Il n’y a aucune raison pour que cette société ne soit pas le numéro un dans n’importe quelle entreprise qu’elle se propose."
Le révérend Jackson plaide pour l’acceptation universelle de la Cour pénale internationale de La Haye. Il estime que la CPI se trouve dans le pays qui convient et pense que sous la présidence de Barack Obama les Etats-Unis deviendront membres à part entière de la CPI.
Il admire aussi les initiatives prises par les Pays-Bas pour contrôler les bonus dans le secteur bancaire. Sa dernière campagne vise les directeurs de banque américains, qui selon lui abusent de l’aide gouvernementale pour s’enrichir davantage.
Jesse Jackson a beaucoup apprécié l’accueil reçu aux Pays-Bas, où il espère revenir très souvent.
Jackson à propos d’Obama
Jesse Jackson est maintenant un ardent supporter de Barack Obama. Durant la campagne électorale, il déclarait encore devant un microphone qu’il croyait éteint : "J’ai envie de lui couper les couilles". Aujourd’hui il regrette cette remarque, tout en ajoutant que des amis peuvent ne pas être d’accord.
Son conseil actuel au président américain est de simplifier son message. Actuellement Barack Obama est "en partie président, en partie professeur". Et il devrait, à l’instar de son prédécesseur Franklin Roosevelt, qui avait promis à chaque famille américaine un poulet, promettre aujourd’hui des emplois.
Enfin Jesse Jackson se distancie d’un des points de la politique de Barack Obama : l’Afghanistan. Et il conseille aux Pays-Bas de quitter ce pays :
"C’est une entreprise à haut risque. Je suis enclin à dire qu’il faut être engagé au minimum en Afghanistan."















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