Sa famille n’a plus eu aucun contact avec lui depuis la mi-septembre. Le Néerlando-Iranien Abdullah Al-Mansouri est incarcéré depuis plus de 5 ans en Iran. Depuis l’exécution soudaine de la Néerlando-Iranienne Zahra Bahrami, Adna, le fils d’Al-Mansouri, s’inquiète plus que jamais. Selon lui, le ministère néerlandais des Affaires étrangères ne fait pas assez pour son père.
"Nous nous faisons bien sûr énormément de soucis, surtout depuis l’exécution de Zahra Bahrami", déclare Adnan Al-Mansouri au micro de Radio Nederland Wereldomroep. "La dernière fois que nous avons été en contact avec lui date de la mi-septembre 2010. Normalement mon père téléphone une fois par mois ou tous les deux mois."
Abdullah Al-Mansouri a été arrêté en Syrie en mai 2006 puis extradé vers l’Iran. Il était président du Front populaire pour la libération du Ahwaz, une organisation de la minorité arabe en Iran qui préconise son propre Etat indépendant. En 1988, il avait déjà été condamné à mort pour activités terroristes, mais il avait réussi à s’échapper et se réfugier aux Pays-Bas. Il s’est vu décerner une distinction royale pour ses activités à Amnesty Internmational aux Pays-Bas.
Rumeurs
Après son arrestation en 2006, Al-Mansouri a de nouveau été condamné à mort, mais sous la pression néerlandaise et internationale sa peine a été commuée à 30 ans de prison, et selon certaines rumeurs même à 15 ans. On ignore le lieu de sa détention. Son fils Adnan est peu confiant de revoir un jour son père, âgé entre-temps de 70 ans. Il se demande même s’il est encore en vie.
Adnan Al-Mansouri a été très secoué par l’exécution de Zahra Bahrami, officiellement pour trafic de drogues. La Néerlando-Iranienne a été pendue inopinément tôt dans la matinée du 29 janvier. Néanmoins Adnan Al-Mansouri n’est pas étonné.
Promesses
"C’est triste à dire, mais on peut féliciter les autorités néerlandaises et en particulier le ministère des Affaires étrangères d’avoir manqué à leurs obligations. Ils n’ont tiré aucune leçon de leurs erreurs. Ils disent avoir eu ans cesse confiance dans les promesses de l’Iran. Mais en ce qui concerne Al-Mansouri, Téhéran n’a tenu aucune de ses promesses."
Selon Adnan Al-Mansouri, le ministère néerlandais des Affaires étrangères ne prend pas suffisamment d’initiatives.
"C’est nous qui devons nous occuper de tout. Si nous ne faisons rien, le ministère des Affaires étrangères ne fait rien non plus, dit-il. Mon père a besoin de médicaments. Nous avons demandé au ministère des Affaires étrangères de jouer le rôle d’intermédiaire, mais nous n’avons obtenu aucune réponse. Nous avons demandé en vain de l’argent pour un avocat", poursuit Adnan Al-Mansouri, qui, comme son père, est actif au sein du Front populaire pour la libération du Ahwaz.
Frustration
Le ministère néerlandais des Affaires étrangères fait savoir qu’il a téléphoné mardi à Adnan Al-Mansouri – le premier contact depuis la mi-septembre. Il comprend la colère et la frustration d’Adnan Al-Mansouri. Mais le ministère indique par le biais de son porte-parole qu’il considère la situation dans laquelle se trouve son père également frustrante. Durant ses contacts avec Téhéran sur le sort de Zahra Bahrami, La Haye a aussi abordé la question des autres prisonniers néerlandais détenus en Iran.

















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