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jeudi 31 juillet  
 Une main d'enfant montrant des douilles
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Goma, Congo (Kinshasa)
Goma, Congo (Kinshasa)

Il faut plus qu'une chèvre pour réintégrer un enfant soldat

Publié le : 29 août 2013 - 4:20pm | Par Rédaction Afrique (Photo : hdptcar/Flickr)
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Malgré la réinsertion, entre janvier et juillet 2013, de quelque 1 700 enfants soldats par le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), plus de 2 000 autres sont toujours utilisés par 27 groupes armés dans le Nord-Kivu, dans l'est de la RDC.

Par Taylor Toeka Kakala, Goma

Assis sous un arbre, Maurice, 16 ans, regarde devant lui d'un air hébété. Cet ex-enfant soldat associé aux forces et groupes armés a été retiré de nouveau d'une milice du Nord-Kivu et accueilli au Centre de transit et d'orientation pour ex-enfants soldats (CTO) de Nyakariba, afin d'être réintégré dans la vie civile.

Le seul espoir pour cet ex-enfant soldat était sur une chèvre que l’association Caritas Goma lui avait offerte pour reprendre la vie civile. Mais sa famille l'a mangée durant son absence... "Contraint par des difficultés économiques après ma première réunification familiale, j'ai pris la décision de retourner aux armes", déclare Maurice. Il a rejoint la milice Nyatura, après avoir été démobilisé du groupe des Patriotes résistants congolais (PARECO).

"Liste de la honte"
Dans un communiqué publié à la fin-juillet, l'UNICEF a dénoncé "une tendance inquiétante où les enfants sont de plus en plus comptés parmi les victimes" des conflits qui secouent le Nord-Kivu depuis le début des combats, en mai 2012, qui opposent les Forces armées de la RDC (FARDC) aux rebelles du M23.

Mais la présence des ex-enfants soldats dans les rangs du M23, documentée par l'ONG Human Right Watch, ne représente qu'une facette problème, estime Basile Bashimbe, juriste au programme de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-enfants soldats à Caritas Goma. "Malgré l'adhésion de la RDC à la Convention relative aux droits de l'enfant, notre pays est sur la "liste de la honte" des forces et groupes armés impliqués dans le recrutement et l'utilisation d'enfants. Cette liste est établie sur des preuves recueillies par l'ONU", dit-il.

Dans une région où les relents nationalistes, les revendications ethniques, les conflits fonciers et les matières premières motivent la guerre, "les milices utilisent les enfants comme main-d'œuvre vulnérable et hautement influençable", souligne-t-il.

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Double défi de réintégration
Chaque ex-enfant soldat, "relâché dans une famille qui a peur de lui à cause de son passé, bénéficie d’une réinsertion familiale par le don d'une chèvre", affirme Justin Akili, qui avait participé, en 2003, à la rédaction du plan opérationnel du programme DDR en RDC. Un ex-enfant soldat en âge scolaire reçoit aussi un kit et de quoi payer ses frais scolaires jusqu'à l'obtention de son diplôme d'État (baccalauréat).

Face au double défi pour un ex-enfant soldat de refaire sa vie et de faire ses preuves dans la communauté, le programme DDR prévoit qu'il bénéficie aussi d’une réinsertion socioéconomique par la poursuite d'une activité génératrice de revenus ou par l'apprentissage d'un métier pour sa réintégration dans la société. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) rend visite, trois mois après la réunification familiale, à chaque ex-enfant soldat pour voir s'il est bien réintégré ou s'il a un problème de protection, explique Rita Palombo, déléguée du CICR à Goma, la capitale du Nord-Kivu.

"L’idée de retourner dans la brousse"
Mais "en raison des difficultés pour vivre et de la persistance des milices, les enfants ne s'adaptent pas à une vie normale, ils sont donc révoltés et n'ont en tête que l'idée de retourner dans la brousse", explique Justin Akili.

"J'ai accepté que mon fils réintègre ma maison parce qu'on lui avait promis un soutien économique. Avec cette promesse non tenue, il risque de reprendre les armes", déclare le père d'un ex-enfant soldat qui a requis l’anonymat.

Aujourd'hui, "le problème de la réinsertion socio-économique reste crucial" dans tous les villages où des enfants ont été enrôlés dans les rangs des FARDC ou des groupes armés, souligne Basile Bashimbe.

Source : IPS 

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