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Le ministre zimbabwéen de la Défense Emmerson Mnangagwa
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Harare, Zimbabwe
Harare, Zimbabwe

Harare : Toute révolte à l'égyptienne sera réprimée

Publié le : 7 février 2011 - 12:57pm | Par Rédaction Afrique (Photo : AFP)
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Le ministre zimbabwéen de la Défense Emmerson Mnangagwa a averti que l’armée écraserait toute révolte à l’égyptienne dirigée par le Premier ministre Morgan Tsvangirai. Ce dernier n’avait pas exclu, la semaine dernière, que les manifestations qui se déroulent actuellement au Moyen Orient aient lieu également au Zimbabwe.

nkosana dlamini, Harare

"Nous autres, de la ZANU-PF (le parti du président Robert Mugabe – n.d.l.r), nous sommes déterminés à veiller à ce que règne la paix", déclarait, ce week-end, le ministre zimbabwéen aux chefs d’état-major.

"Ceux qui voudraient suivre l’exemple des Tunisiens ou des Egyptiens le regretteront parce que nous ne tolérerons pas le chaos dans le pays", a-t-il poursuivi.

Morgan Tsvangirai, le chef du plus grand parti d’opposition actuellement dans le gouvernement de transition avec la ZANU-PF de Robert Mugabe, avait suscité l’irritation de ses adversaires, il y a quelques jours, en déclarant que les manifestations dans les rues étaient de bonnes méthodes pour déloger les dictateurs.

"A mes yeux, il n’y a aucun mal à ce que les gens prennent en mains leurs droits et commencent à demander davantage de droits, y compris au Zimbabwe. Cela a été le principal objectif de notre lutte de ces dix dernières années", déclarait-il à la télévision américaine FoxNews à Davos, en Suisse.

Ces dix dernières années, Morgan Tsvangirai a organisé plusieurs manifestations de masse contre le régime de Robert Mugabe. Cependant, ces manifestations, qui se concentraient surtout dans les villes, ont été impitoyablement réprimées par les forces de sécurité, qui ont exprimé ouvertement leur soutien à l’homme fort du pays.

L’ample violence politique, en général attribuée aux sympathisants de Robert Mugabe, a refait surface à travers tout le pays à la suite de l’annonce du chef des vétérans que des élections étaient prévues cette année au Zimbabwe.

Face à l’inertie de la police, les jeunes du MDC, le parti de Morgan Tsvangirai, ont promis de se venger. "Ils doivent se préparer à recevoir ce qu’ils ont distribué, si cette absence de loi se poursuit", déclarait la semaine dernière le président de l’Assemblée de la jeunesse du MDC, Thamsanqa Mahlangu.

Même si des manifestations organisées sont considérées comme une lointaine possibilité actuellement au Zimbabwe – et ce, en raison de la crainte et du manque d’infrastructure technologique – les autorités craignent que ces menaces puissent allumer l’étincelle parmi les Zimbabwéens las de la crise.

Robert Mugabe, qui n’hésite pas à envoyer son armée pour défendre son autorité, a confié la tâche de réagir à Mnangagwa, l’un de ses conseillers militaires de longue date.

Vétéran de la guerre de libération du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa siège dans le cabinet de Robert Mugabe depuis près de trente ans.

En tant que ministre de la Sécurité, il a fait partie des chefs de la sécurité qui ont écrasé les soulèvements dans les provinces occidentales du Matabeleland en 1982, durant lesquels 20.000 civils de l’ethnie des Ndebele ont été tués.

Le Matabeleland était à l’époque l’un des bastions de la ZAPU, le parti de feu le vice-président Joshua Nkomo, qui a fusionné en 1987 avec le parti de Robert Mugabe.

En 2008, Emmerson Mnangagwa a également été accusé d’avoir orchestré le massacre de plus de 200 sympathisants de Tsvangirai lors d’une violente opération militaire qui visait à restaurer l’autorité de Robert Mugabe.

Emmerson Mnangagwa s’est juré l’an dernier que Tsvangirai ne dirigera jamais le pays, même s’il remporte les prochaines élections. Lors du dernier scrutin, Morgan Tsvangirai était sorti vainqueur.

"Si vous ne votez pas pour nous lors des prochaines élections, ce pays est immense et nous le dirigerons même si vous ne le voulez pas", a-t-il dit.

Bien que Robert Mugabe n’ait délibérément pas désigné de successeur par crainte de diviser le parti, Emmerson Mnangagwa est considéré comme l’un des candidats, au sein du sommet de la hiérarchie, à la succession du président zimbabwéen.
 

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