De nombreux jeunes footballeurs africains sont tentés par l’aventure équato-guinéenne dans l’espoir de porter un jour le maillot rouge du Nzalang Nacional, l’équipe nationale du pays. Pendant que certains professionnels immigrés ont réussi et joué cette CAN 2012, d’autres ambitieux font face à la dure réalité du terrain.
Noël Tadégnon, Malabo
"Nous sommes venus ici en aventure, jouer au foot", raconte Richard Ambassa. Le jeune homme d’origine camerounaise vit aujourd’hui à Malabo. Passionnée du ballon rond, il est venu il y a trois ans en Guinée Equatoriale pour tenter sa chance. Son rêve : jouer un jour en championnat et intégrer l’équipe nationale du pays.
Du terrain au jardin
Mais la réalité est tout autre. Le rêve de succès et de renommée se fait attendre pour ce jeune de 22 ans. "Je suis obligé de travailler dans la matinée dans une société où je fais l’entretien du jardin des hôtels et j’arrête le travail à 15 h et je vais à l’entraînement à 16 h, parce qu’avec le foot je ne peux pas m’en sortir", explique Richard, qui a joué l’année dernière au sein du club de première division Unidad. Cette année, il a rejoint Ateneo, un club de deuxième division qui compte une dizaine de joueurs étrangers.
En plus du coût élevé des documents de séjour, il doit faire face à la cherté de la vie dans un pays où les salaires des footballeurs varient entre 50.000 francs CFA (76 €) et 200 000 francs CFA (305 €) par mois, selon les clubs.
"J’ai la location à payer, je dois me nourrir et j’ai la famille au pays qui compte vraiment sur moi", explique Richard, qui a besoin d’au moins 200.000 francs CFA (305 €) par mois pour vivre.
Et pourtant d’autres footballeurs ont tenté cette aventure et ça leur a réussi. C’est le cas de Thierry Fidjeu Tazemata, attaquant actuel de l’équipe nationale guinéenne. Agé de 30 ans, l’ancien capitaine du club mythique de l’Union sportive de Douala, au Cameroun, a changé de nationalité pour disputer la phase finale de la CAN 2012 avec la Guinée Equatoriale.
"Partout dans le monde, toutes les équipes, même les équipes de France ou d’Allemagne, font parfois comme ça. Donc, dans notre équipe, nous avons dix joueurs d’origine étrangère, il y a deux ou trois d’entre nous qui ont, peut-être, des parents ici. C’est une situation qu’on retrouve partout", rappelle Fidjieu.
Le Nzalang Nacional - une légion étrangère
En plus de ce dernier, l’équipe équato-guinéenne compte quatre autres Camerounais : Ellong, Ndongo, Pensy et Ekanga. On y trouve le gardien brésilien Sylva Emmanuel Danilo, le Colombien Rolan de la Cruz, le Libérien Lawrence Doe, le Nigérian Ekedo Chigorizim et le Cap-Verdien Da Garcia Rui Fernando.
Dans le lot des binationaux il y a le milieu défensif Ben Essono Konate, d’origine ivoirienne. Cet ex-pensionnaire de la Ligue 1 ivoirienne a opté pour la naturalisation en Guinée Equatoriale, parce qu’il se disait n’avoir aucune chance de porter un jour les couleurs des Eléphants de Côte d’Ivoire.
Beaucoup de raison pour Richard Ambassa de ne pas abandonner son rêve et de se relancer dans le pays pour le plaisir des passionnés.














Placez votre commentaire