Les Pays-Bas envisagent d’accueillir sur leur territoire des détenus du centre de détention américain de Guantanamo. Si en janvier dernier le Premier ministre néerlandais avait encore refusé catégoriquement de les accueillir, il n’a plus exclu mardi, lors de son entretien à Washington avec le président américain, de les accepter.
C’est à contrecœur que le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende a reconnu mardi, à l’issue de son entretien à la Maison Blanche avec Barack Obama, qu’il "allait envisager" d’accueillir des détenus de Guantanamo "à condition qu’ils ne soient pas trop nombreux". Récemment, lors d’une interview accordée à Radio Nederland Wereldomroep, le chef du gouvernement de La Haye avait déjà laissé entendre que les discussions sur l’accueil de détenus de Guantanamo étaient ouvertes.
Le président américain est embarrassé par les prisonniers détenus dans la base de Guantanamo, à Cuba. En janvier, il avait annoncé la fermeture du centre de détention. Mais les choses ne vont pas se faire rapidement. Une soixantaine de détenus doivent encore trouver un pays d’accueil. Au niveau européen, l’ouverture des frontières pourrait poser un problème pour l’accueil des détenus. Plusieurs pays, comme la France, le Royaume Uni ou le Portugal, n’ont pas, en première instance, refusé de les recevoir.
Catégoriques
Les Pays-Bas par contre étaient catégoriques. Dès le mois de janvier. Face aux protestations notamment des libéraux de gauche de D66, des travaillistes du PvdA mais aussi des libéraux de droite du VVD, le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxime Verhagen avait dans une lettre adressée à la Deuxième chambre fait savoir que Barack Obama ne devait pas compte sur son soutien. Les Etats-Unis devaient régler eux-mêmes le problème des détenus, estimait-il. Car il n’était pas clair, selon Maxime Verhagen, qui seraient les détenus envoyés aux Pays-Bas. De plus, même si un grand nombre d’entre eux n’avaient pas été condamnés, ils n’étaient pas tous innocents, selon le chef de la diplomatie néerlandaise.
L’attitude des Pays-Bas avait aussitôt fait sourciller Bruxelles. Comment La Haye pouvait-elle être si catégorique ? Au niveau politique, il s’agissait d’une démarche maladroite. En tout cas, en ce qui concerne les rapports avec les Etats-Unis. De plus, estimaient les diplomates à Bruxelles, les Pays-Bas devraient faire de leur mieux : avec ses tribunaux internationaux, La Haye n’est-elle pas la ville de la paix et de la justice ?
L’éventuel accueil de détenus de Guantanamo peut d'ores et déjà compter à la Deuxième chambre sur une forte opposition du PVV. Le parti populiste et xénophobe de Geert Wilders s'y est en effet toujours fortement opposé, même si un grand nombre de détenus ne sont pas suspectés de terrorisme. Pour le PVV, les détenus n’ont aucun lien avec les Pays-Bas et il n’y a donc aucune raison de les accueillir.
Sommet du G20
Le sommet du G20, prévu en septembre à Pittsburgh, aux Etats-Unis, a également été abordé durant la rencontre entre le président américaine et le Premier ministre néerlandais. Bien que les Pays-Bas ne soient pas membres du G20, Barack Obama a invité Jan Peter Balkenende à s’y rendre.
Enfin le président américain Obama a également rendu un hommage appuyé à la participation de l'armée néerlandaise en Afghanistan et a remercié le chef du gouvernement de La Haye et le peuple néerlandais pour leurs efforts.
De son côté, Jan Peter Balkenende a rappelé que son pays va quitter la province afghane d’Uruzgan mais que les "Pays-Bas ne tourneront pas le dos aux Afghans."
















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