Le Zimbabwe a été, début mars, témoin d’une violente bataille psychologique. Inspirés par les révoltes dans le monde arabe, des militants politiques et des organisations de la société civile ont essayé de mobiliser la population et d’organiser des manifestations massives pour demander des changements. Mais pas un seul manifestant n’est apparu le 1er mars pour prendre part à la marche tant attendue d’un million de participants contre le président Mugabe.
Le jour suivant cependant, le ZANU-PF, le parti de Robert Mugabe, affirmait avoir dénombré un million et demi de personnes pour sa campagne en plein air contre les sanctions à Harare. Cet événement avait été boycotté par la plupart des partis d’opposition.
Révolution
Bien qu’utilisant des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, les militants, dont la plupart vivent outre-mer ou dans des pays voisins, n’ont pas réussi à persuader les Zimbabwéens au pays même d’oser se rassembler où que ce soit et de dire à Robert Mugabe de partir.
Sautant sur l’occasion, les milices de la jeunesse et les vétérans de guerre, loyaux au président, sont apparus à la télévision nationale pour présenter l’échec de l’appel à la manifestation comme un soutien à la pseudo popularité de Robert Mugabe et son entourage.
Selon un ancien étudiant militant du nom de Hopewell, seules les manifestations générées à l’intérieur même du pays pourraient réussir.
"Pourquoi les membres de la diaspora nous conduiraient-ils à la boucherie depuis leurs confortables tanières en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, en Afrique du sud et autres pays développés ? Après tout, la plupart d’entre eux ont pris la fuite pour échapper à la violence de la police, de l’armée et des services de renseignement, pendant les manifestations étudiantes, syndicales et de la société civile ?", remarque Hopewell.
La peur insufflée
L'échec de la révolte prévue au Zimbabwe était évident au moment où la violence à motivation politique refait surface après l’annonce des élections cette année. La peur s'était déjà emparée du pays lorsque 45 membres de l'Organisation Internationale socialiste avaient été arrêtés et placés en garde à vue pour avoir regardé des vidéos de soulèvements en Afrique du Nord. Les habitants de townships de plusieurs grandes villes ont vu des soldats armés circulant dans des véhicules blindés en prévision des perturbations.
Les Zimbabwéens ont-ils le courage de prendre leur destin en main ?
Ils ont bel et bien essayé, et ce sous la direction de Morgan Tsvangirai et des organismes de la société civile comme l'Assemblée nationale constitutionnelle (NCA) de Madhuku Lovemore. Mais ils ont été rapidement rattrapés par la brutalité des organes de sécurité et ont tous pris peur. Ils ont dû se résoudre à mener leur révolution sur l’Internet, depuis leurs fauteuils. Seuls les NCA et l’association Women of Zimbabwe Arise (WOZA) ont persévéré, soutenus par une dizaine de timides partisans.















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