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dimanche 26 mai  
Manifestation contre Poutine le 12 juin 2012 à Moscou
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Moscou, Russie
Moscou, Russie

Droit de manifester : tendance à la baisse

Publié le : 13 juin 2012 - 2:20pm | Par Geert Groot Koerkamp (Photo : Geert Groot Koerkamp)
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Manifester en Afrique

La flambée des prix alimentaires, le carburant à prix exorbitant et la corruption à grande échelle sont des facteurs déclencheurs de manifestations de militants pour les droits de l’homme. Mais dans quelle mesure les protestataires sont-ils libres de s’exprimer sur le continent africain ? Radio Nederland s’est entretenue avec Amnesty International sur le sujet.

Ruud Bosgraaf, porte-parole de la branche néerlandaise de l’organisation internationale, estime que le traitement des manifestants diffère par pays.

En Afrique du Sud et au Botswana, les protestataires sont autorisés à organiser des rassemblements et courent moins le risque d’amendes et encore moins celui d’être appréhendés.

Mais lorsque des manifestants descendent dans la rue au Soudan, en Angola, au Zimbabwe, en Ouganda et au Sénégal, ils sont sévèrement réprimés par les services de sécurité. Blessures et décès sont souvent rapportés.

La situation est cependant la pire en Erythrée ou en Ethiopie. "La liberté d’expression y est quasi inexistante", explique Bosgraaf au sujet des deux pays qu’Amnesty International suit déjà depuis un certain temps. "Les habitants de ces pays n’organisent pas eux-mêmes de manifestations, sinon ils seraient immédiatement emprisonnés, abusés et torturés par les forces de sécurité. L’Erythrée est connue pour enfermer des gens dans des conteneurs maritimes suffocants."
 

"Regardez combien nous sommes !", s’est écriée l'écologiste Evguenia Tchirikova devant des dizaines de milliers de Russes qui manifestaient ce mardi dans le centre de Moscou contre le président Vladimir Poutine. Les manifestants bravaient ainsi une nouvelle loi, qui restreint considérablement le droit de manifester.

Contrairement à la manifestation précédente, le 6 mai dernier, celle de ce mardi s’est déroulée sans incident. La veille par contre, des perquisitions ont eu lieu au domicile de membres éminents de l’opposition. Ces derniers ont subi un interrogatoire de plusieurs heures le jour même de la manifestation.

L’opposition craint que les autorités n’essaient de réduire l’opposition au silence en poursuivant les adversaires du régime."Regardez combien nous sommes ! Et nous sommes de tous les bords !" Il s’agit surtout d’un cri de soulagement. Soulagement, parce que tant de gens se sont de nouveau mobilisés, même lors d’un jour de fête comme ce 12 juin ou quand il fait -15 degrés comme en février. Cette manifestation fait suite à une nouvelle loi, adoptée en urgence la semaine dernière par le Parlement russe, qui élargit les possibilités de la police d’arrêter des manifestants suspectés de délits.

Intimidation
Si elle était censée intimider de potentiels manifestants, la loi a eu l’effet contraire. Selon les organisateurs, la manifestation du 12 juin est l’une des plus importantes qui ont eu lieu depuis le mois de décembre dans la capitale russe, et par conséquent l’une des plus grandes depuis 20 ans.

"Cette loi n’a aucun impact", dit Sergueï, la trentaine, arborant un ruban blanc sur son veston et prenant immanquablement part aux grandes manifestations de l’opposition. "Bien au contraire les gens sont maintenant bien plus en colère et actifs", poursuit Sergueï, qui est venu avec des amis à la manifestation. "Je suis convaincu que nous devons faire monter la pression aussi longtemps que nous n’aurons pas atteint nos objectifs. C’est tout d’abord et avant tout la dissolution de la Douma, la chambre basse, l’annulation de l’élection présidentielle et l’organisation de nouvelles élections dans un nouveau système politique Aussi longtemps que ces objectifs n’auront pas été atteints, le peuple descendra dans la rue."

Etudiants
Lev et Sara sont tous deux étudiants. Eux aussi sont convaincus de l’utilité de manifester, même si les autorités font de leur mieux pour ignorer ces manifestations. "S’ils continuent à nous ignorer, tôt ou tard la résistance va se radicaliser, dit Lev. Ce n’est pas le but de ce mouvement, mais cela peut arriver si les autorités ne tiennent pas compte des revendications des manifestants." Les étudiants craignent que la nouvelle loi sur les manifestations ne serve à justifier une éventuelle violence de la part de la police. "Mais nous sommes justement ici pour éviter la violence", dit Sara.

  • Manifestation contre Poutine le 12 juin 2012 à Moscou<br>&copy; Photo :Geert Groot Koerkamp - http://www.rnw.nl/afrique
  • Manifestation contre Poutine le 12 juin 2012 à Moscou<br>&copy; Photo :Geert Groot Koerkamp - http://www.rnw.nl/afrique
  • Manifestants contre Poutine le 12 juin 2012 à Moscou <br>&copy; Photo :Geert Groot Koerkamp - http://www.rnw.nl/afrique
  • Sergueï Oudaltsov<br>&copy; Photo :Geert Groot Koerkamp - http://www.rnw.nl/afrique
  • Sara, l&#039;une des manifestantes contre Poutine<br>&copy; Photo :Geert Groot Koerkamp - http://www.rnw.nl/afrique
Elle est indignée par les perquisitions qui ont eu lieu, la veille, chez d’éminents militants. La police a en effet fouillé de fond en comble les domiciles de divers leaders de l’opposition. Elle a confisqué du matériel, notamment des CD contenant des cahiers scolaires et des photos d’Ilya Jashine enfant, l’un des militants. Selon l’un de ses porte-parole, la police a trouvé, lors des perquisitions, des "slogans dirigés contre l’Etat" et autre matériel de propagande. Pour l’opposition, les autorités sont tout simplement à la recherche d’un prétexte pour pouvoir incarcérer plusieurs dirigeants pendant une longue période.

Interrogatoire de six heures
Les militants n’ont pas pu participer à la manifestation, parce qu’ils ont été convoqués à un interrogatoire en raison des affrontements qui ont eu lieu lors de la grande manifestation précédente, le 6 mai. Après un interrogatoire de six heures, Ilya Jashine a néanmoins réussi à prendre part à la fin de la manifestation. "Ils m’ont posé 56 questions, dit-il. Manifestement, ils avaient été chargés de m’empêcher d’aller à la manifestation, ou tout au plus de me laisser y aller à la fin."

Sergueï Oudaltsov, l’un des militants politiques, devait, lui aussi, se présenter pour un interrogatoire. Mais il n’a pas obtempéré : il est l’un des organisateurs du grand rassemblement contre Poutine. "J’estime que ma place est ici, dit-il. Je vais me présenter plus tard à la police. Je ne me cache pas, je ne fais que mon devoir ici."
 

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