Comrade Fatso
Quel est votre principal exploit ?
Faire partie du mouvement poetry slam hip-hop au Zimbabwe, aider une nouvelle génération de jeunes artistes qui se servent du poetry slam et du hip-hop comme moyens pour construire un meilleur Zimbabwe, pour promouvoir la justice sociale et la créativité. C’est quelque chose dont je suis fier.
Quelle est votre déclaration la plus controversée ?
Au Zimbabwe, les gens ont maintenant la liberté d’expression, mais pas la liberté après l’expression.
Par qui êtes-vous haï ?
Les ennemis peuvent exister sous de nombreuses formes, ça peut être l’Etat, ça peut être des nationalistes noirs qui veulent maintenir le statu quo et ça peut être aussi des protagonistes blancs.
Auprès de qui êtes-vous populaire ?
Nous sommes surtout soutenus par les townships, les banlieues urbaines et les jeunes des banlieues. Nous avons un public mélangé en ce qui concerne la couleur et l’âge, parce que nous avons un message qui porte loin.
RNW s'engage désormais à promouvoir la liberté d'expression dans les régions où celle-ci est menacée. Au cours des prochaines semaines, nous publierons une série de portraits d'hommes et de femmes à travers le monde qui ont milité en faveur du droit de dire ce qu'ils pensent. Troisième article dans cette série : le poète et musicien Samm Farai Monro.
Misheck Rusere, Harare
Les lois repressives du Zimbabwe étouffent la contestation et les adversaires du régime de Robert Mugabe sont en butte aux arrestations en exprimant leurs opinions. Plusieurs musiciens sont actuellement à la tête d’un mouvement de mécontentement à propos des violations des droits humains. Samm Farai Monro, plus connu sous le nom de Comrade Fatso, est l’un d’eux.
Son de la liberté
Comrade Fatso utilise sa voix et un mélange de musique locale et internationale pour parler des réalités auxquelles font face quotidiennement quelque 14 millions de Zimbabwéens et qui sont dues à l’intolérance de leur gouvernement.
"J’ai commencé il y a quelques années, vers 2003/2004, en faisant du poetry slam. L’idée était d’essayer de créer une forme d’art qui soit urbaine, jeune, africaine, sur la justice sociale également, sur la lute pour nos libertés et nos droits démocratiques élémentaires… Nous avons aussi essayé de créer une forme d’art qui soit un mixte de traditions occidentales et africaines. Nous mélangeons donc le hip-hop, la house music, le sungura et le chimurenga avec ce genre de musiques avec lesquelles vous avez grandi, vous, en Europe", poursuit Comrade Fatso.
Avec son ensemble Chabvondoka, Comrade Fatso a fait de nombreuses tournées, y compris en Europe, aux Caraïbes et aux Etats-Unis. Sa musique est un véhicule pour la liberté d’expression. "Il s’agit d’utiliser la culture urbaine pour ouvrir un espace démocratique dans le pays, en se servant de toutes formes d’art, y compris le comique et la poésie", dit-il.
Situation difficile
Le gouvernement d’union nationale mis en place au Zimbabwe après les élections de 2008 et les violences qui ont entouré ces élections a appporté quelques améliorations. Mais la situation est peu propice à la liberté d’expression, estime Comrade Fatso, qui signale les arrestations arbitraires et les brimades à l’encontre des militants, y compris les professionnels des medias.
"La situation est assez confuse. Le gouvernement d’union nationale – composé de l’ancien parti d’opposition et de l’ancien parti au pouvoir – a quelque peu stabilisé la situation. Cependant les médias indépendants et la liberté d’expression sont encore limités. C’est vraiment une situation très difficile."
Prier pour le changement
Samm Farai Monro est l’un des artistes les plus talentueux et les plus militants dans le domaine de la liberté d’expression dans un pays où des dizaines de personnes ont été arrêtées pour avoir insulté le président Mugabe ou pour avoir tout simplement exprimé des opinions différentes.
Il rêve d’un Zimbabwe meilleur, où tout le monde puisse s’exprimer librement et avoir égal accès aux ressourves du pays. Il prie, dit-il, pour une changement de régime dans l’espoir qu’il y ait une amélioration mais s’empresse d’écarter l’id’’e que Comrade Fatso puisse se faire un jour le chantre d’une nouvelle administration.
Cliquez ici pour pour voir une vidéo de Comrade Fatso et son ensemble Chabvondoka.













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