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Chasse aux homosexuels camerounais
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Yaoundé, Cameroun
Yaoundé, Cameroun

Chasse aux homosexuels camerounais

Publié le : 17 janvier 2011 - 2:51pm | Par Rédaction Afrique (Photo : flickr.com)
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Premier mariage homosexuel dans une synagogue aux Pays-Bas

Le premier mariage homosexuel dans une synagogue aux Pays-Bas a eu lieu dimanche dernier. Désormais, les couples homosexuels pourront célébrer leur mariage dans l’une des dix synagogues de la Communauté juive libérale des Pays-Bas. Aux Etats-Unis, le mariage homosexuel existe depuis cinq ans déjà dans certaines synagogues. En Israël par contre, le mariage homosexuel est impossible.

L’Union européenne a financé un projet d’assistance et d’encadrement des homosexuels. Le gouvernement camerounais s’y oppose.

Anne-Mireille Nzouankeu, Yaoundé

Raul Mateus, le chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun, a été convoqué le 13 janvier dernier par Henri Eyébé Ayissi, le ministre des Relations extérieures. Il a été demandé au diplomate de s’expliquer sur un financement de 300.000 € accordé au Projet d’assistance et d’encadrement des minorités sexuelles (Paemh), dont l’un des objectifs est d’apporter une assistance juridique et matérielle aux personnes détenues pour homosexualité.

Le gouvernement camerounais souhaite que l’Union européenne annule ce financement.

Violence et prison pour les homosexuels
En fait, l’annonce de la subvention européenne, il y a deux semaines, a suscité une polémique au sein de l’opinion nationale. Des associations ont même voulu organiser des marches de protestation contre ce qu’elles appellent la tentative de légalisation de pratiques « contre-nature ».

Selon l’article 347 bis du code pénal : ''Est puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne du même sexe''. Stéphane Koche, le coordonnateur du Paemh, révèle qu’''en moyenne 200 personnes sont interpellées chaque année au Cameroun et gardées à vue arbitrairement'', sur la base de cet article.
Il évoque le cas d’un homme arrêté depuis septembre 2009 et encore détenu à ce jour à la prison centrale de Yaoundé, pour avoir été en possession de préservatifs et de lubrifiants sur lesquels était inscrit ''Gay. Glisse entre mecs''.

Le rapport d’enquête de l’ONG Human Rights Watch publié en 2010 et intitulé ''Criminalisation des identités'', parle lui aussi de plusieurs dizaines de personnes arrêtées sur le fondement de l’article 347 bis. Ces personnes ''sont très souvent gardées à vue au-delà du délai maximum de 48 heures autorisé par la loi camerounaise. Lorsqu’elles sont inculpées, les juges refusent leur libération sous caution ou fixent des conditions impossibles à satisfaire''.

Le rapport explique : ''Les policiers frappent au corps, à la tête et à la plante des pieds les individus qu’ils soupçonnent d’être des homosexuels. Ils ordonnent parfois des examens de la région anale inhumains, dégradants et intrusifs, dans le but de prouver la pratique habituelle de la sodomie, qui ne peut pourtant être ainsi prouvée scientifiquement''.

Malgré les représailles, ''il est rare que les détenus protestent. Ils ont peur de déposer plainte, ignorent que cela est possible ou n’ont tout simplement pas les moyens d’engager un avocat. Lorsqu’ils protestent, soit ils ne sont pas entendus, soit ils font l’objet de représailles'', indique le rapport.

La peur de traitements dégradants amène les homosexuels à cacher leur orientation sexuelle. C’est le cas de Félix, un jeune Camerounais, marié et père de deux enfants. ''J’ai pris une femme et fondé une famille car c’est ce que la société attend de moi'', explique-t-il.

''Je rêve du jour où je pourrai librement vivre ma sexualité. Je suis fatigué de me cacher et d’avoir toujours peur d’être dénoncé à la police'', conclut Félix.
 

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