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Ben Zwinkels
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Yaoundé, Cameroun
Yaoundé, Cameroun

Ben Zwinkels : un Néerlandais au Cameroun

Publié le : 30 mai 2011 - 11:05am | Par Rédaction Afrique (Photo : Anne Mireille Nzouankeu)
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Les Néerlandais veulent faire du commerce au Cameroun

Les responsables de 11 entreprises néerlandaises ont séjourné au Cameroun, dans le cadre d’une mission d’exploration d’opportunités d’affaires. Initiée par le Netherlands-African Business Council, la visite s’est achevée le 28 mai.

Durant quatre jours, le groupe d’hommes d’affaires a eu plusieurs entretiens avec des membres du gouvernement et des hommes d’affaires camerounais. Ben Zwinkels, le chef de la mission, a déjà une idée précise des secteurs d’activités les plus prometteurs pour des investisseurs néerlandais : "Le commerce et de la logistique". Ces investissements pourraient aider le Cameroun à se développer tout en créant de l’emploi.

Le Netherlands-African Business Council fait la promotion du commerce et de l’investissement des sociétés néerlandaises et assiste les pays africains dans leurs relations diplomatiques et économiques aux Pays-Bas. En retour, les sociétés africaines ont la possibilité d’établir des contacts d’affaires avec un réseau de plus de 2.500 entreprises européennes.
 

Aujourd’hui Senior Investment Officer à la FMO, la société financière néerlandaise pour le développement, Ben Zwinkels a commencé sa carrière professionnelle au Cameroun. Un pays auquel il est resté attaché.

Anne Mireille Nzouankeu, Yaoundé

C’est en 1975 que Ben Zwinkels arrive au Cameroun pour la première fois. A cette époque, il est âgé de 26 ans et il vient de finir ses études. Le jeune homme a le goût de l’aventure et par le ministère néerlandais des Affaires étrangères il a apprend qu’on a besoin d’un contrôleur des caisses populaires, ce qu’on appelle aujourd’hui des coopératives et microfinances, au Cameroun. "Je me suis dit : c’est quoi ça, le Cameroun ?", dit Ben Zwinkels avec un large sourire. Il a dû chercher pendant un bon moment sur une carte de l’Afrique avant de localiser le Cameroun.

L’amour du Cameroun
Après trois mois d’études tropicales à Amsterdam, Ben Zwinkels débarque au Cameroun avec son épouse Marcelle. Son poste de travail est à Kumba, une zone encore enclavée dans la région anglophone du Sud-Ouest. "Il faisait très chaud et il n’y avait pas d’infrastructures", se souvient Ben Zwinkels.

Néanmoins, il reste au Cameroun et pendant quatre ans Ben Zwinkels fait de l’audit et du contrôle de gestion pour une entreprise regroupant 27 coopératives. Malgré les conditions de vie difficiles, Ben Zwinkels dit avoir beaucoup apprécié ce travail. "Nous donnions du crédit aux plus pauvres. On aidait par exemple les gens à créer des plantations. J’ai aujourd’hui du plaisir à voir des gens qui ont pu envoyer leurs enfants à l’école grâce à ces microcrédits. Ces enfants sont de hauts cadres dans l’administration", se réjouit-il.

Au bout de quatre ans, Ben Zwinkels est sollicité pour un emploi similaire en Tunisie, mais il garde une attache au Cameroun, où il revient régulièrement. Aujourd’hui, lorsqu’il parle des Camerounais, il dit "nous" et il précise qu’"après plus de 30 ans de vie partielle au Cameroun, je me considère comme un Camerounais. Ma femme et moi avons une maison à Bamenda (Nord-Ouest du Cameroun) et nous avons une famille au Cameroun".

Il a adopté un enfant camerounais et, aujourd’hui âgé de 62ans, Ben Zwinkels dit qu’il pourrait bien finir sa vie au Cameroun. Sa femme Marcelle, qui a travaillé pendant 25 ans pour une compagnie aérienne, a créé Zwinkels Tours Cameroon, une agence de voyage qui "amène autour de 500 touristes par an au Cameroun. Ce n’est pas beaucoup, mais nous croyons que c’est une semence qui pourra se développer", dit-il.

Investir au Cameroun
"Au Cameroun, on a des produits agricoles de très haute qualité mais on n’arrive pas à commercialiser ces produits et il manque d’emballages. La Hollande a des capacités énormes dans le commerce et la logistique et il y a beaucoup d’opportunités au Cameroun pour une société de logistique et de transformation des produits agricoles", pense Zwinkels. D’où son initiative de faire venir les responsables de onze entreprises néerlandaises afin qu’ils puissent nouer des liens avec le Cameroun. Mais pour devenir vraiment attractif pour les investisseurs étrangers, le Cameroun doit faire des améliorations, notamment du côté infrastructure.

"Il y a encore un manque d’infrastructures, par exemple au niveau des routes. Les entreprises gagnent moins d’argent que dans d’autres pays d’Afrique comme la Tunisie. Ailleurs, il y a des facilités douanières et des allègements de taxes. Mais au Cameroun, les taxes sont trop élevées et quand vous voulez faire de la bonne gouvernance, ce n’est pas facile de travailler", constate Ben Zwinkels.

En fait, il parle des pots de vin qu’il faut systématiquement verser aux responsables administratifs pour qu’ils traitent les demandes des usagers. "Je respecte les gens mais, quand il faut donner 2.000 Fcfa (3 €) ou 5.000 Fcfa (7,6€) à une personne pour qu’elle fasse son travail, je pense que ce n’est pas normal", dit-il.

Il a d’ailleurs écrit plusieurs fois à des ministres et même au Premier ministre camerounais, pour leur faire des suggestions : sans réponses.

Lorsqu’il fait une rétrospective, Ben Zwinkels se dit déçu car "sur une période de 30 ans, beaucoup d’infrastructures n’ont pas été développées au Cameroun alors que c’était prévu". Il cite comme exemple la route Loum-Kumba, dans le Sud-Ouest du Cameroun, "qui est très importante pour le pays parce qu’elle relie les régions francophone et anglophone. En 1980, le gouvernement s’était engagé à goudronner cette route. En 2011, la route n’est toujours pas goudronnée", se désole-t-il.

Mais tout n’est pas mauvais au Cameroun. "L’aspect positif que j’apprécie vraiment ici, c’est que les Camerounais sont des travailleurs, surtout les femmes. Elles arrivent à soutenir leurs familles avec de petits moyens. Je crois que ce pays pourrait très facilement devenir un pays émergent : le tout dépend de l‘éducation de la jeune génération", pense-t-il.

 

 

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