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dimanche 31 août  
Bana Bana dans une rue d'Abidjan
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Abidjan, Côte d'Ivoire
Abidjan, Côte d'Ivoire

Bana Bana : bouchons et business

Publié le : 13 octobre 2011 - 9:31am | Par Rédaction Afrique (Photo : Selay Marius Kouassi)
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En Côte d’Ivoire, les Bana Bana, ce sont les marchands ambulants, les colporteurs qu’on trouve en général dans les grandes villes et auprès desquels les automobilistes et une bonne frange de la population s’approvisionnent. S’ils sont en partie tenus pour responsables des embouteillages, ils apportent une coloration et une atmosphère particulière à la ville.

Selay Marius Kouassi, Abidjan

Bana Bana : Profil d’un métier
Les Bana Bana sont des commerçants assez particuliers : leur entreprise est ambulante. Ils l’ont soit dans un plateau qu’ils portent sur la tête ou dans un sac à dos. Leur lieu d’exercice est le trottoir, et la plupart du temps la chaussée.

Au gré de la circulation, les Bana Bana se faufilent entre les véhicules en stationnement aux feux tricolores, parcourent les rangées de véhicules, marchandises à bout de bras, proposent rapidement certaines marchandises à des clients et discutent du prix de leurs articles à un rythme fulgurant.

Avec eux, après l’achat d’un article, pas de reçu donc pas de taxe, ni de TVA (Ndlr : Taxe sur la valeur ajoutée). Leurs principaux clients sont des automobilistes ou des passants.
Pourquoi nous sommes devenus Bana Bana

Pour justifier leurs activités, les Bana Bana pointent du doigt la fiscalité, qu’ils trouvent "élevée", mais aussi la cherté des magasins à louer pour exposer leurs articles ou encore l’inaccessibilité de ces magasins à la clientèle.

"Mon rêve est de posséder une maroquinerie, mais je n’ai pas de capital suffisant pour m’installer et aucune banque ne peut me faire confiance. Aussi la procédure de création d’entreprise, même individuelle, est longue et tortueuse", affirme Camara Oumar, qui est Bana Bana depuis trois ans.

Adjé Donatien, étudiant en licence de criminologie à Abidjan, lui, est devenu Bana Bana il y a peu de temps. Il justifie pourquoi il s’est tourné vers cette activité : "Depuis la fin de la crise post-électorale, les campus et les cités universitaires sont fermés. Je ne peux pas rester les bras croisés et attendre de l’argent de la grande famille. Il me faut bien pour joindre les deux bouts."

Concurrence déloyale : Bana Bana et grossistes se rejettent la pierre
Certains grands commerçants et plusieurs grossistes accusent les Bana Bana de leur faire une concurrence déloyale. "Ils vendent moins cher, parce qu’ils ne paient ni taxe ni impôt", soutien Icham Rachid, un Libano-Syrien, propriétaire d’une quincaillerie à Abidjan.

Les Bana Bana de leur côté jettent la pierre aux grands commerçants et grossistes.
"Ceux qui nous accusent de leur faire la concurrence déloyale, c’est eux nos fournisseurs, pourtant. Nous nous approvisionnons auprès de certains d’entre eux, et nous leur faisons le point des articles que nous avons vendus en fin de journée. Ils devraient plutôt nous remercier, puisque nous les aidons à écouler leurs marchandises, sans qu’ils ne paient en retour des taxes", confesse Sidibé Boubakar, un autre Bana Bana.
Du fil à retordre pour les agents de circulation et la municipalité

S’ils sont appréciés des clients auxquels ils vendent des articles moins chers, les Bana Bana ne sont cependant pas en odeur de sainteté auprès des policiers et des agents municipaux.

"Nous avons du mal à réguler la circulation, à cause des Bana Bana qui se faufilent entre les véhicules sur la chaussée. Et même quand survient un accident sur la voie, les secours médicalisés ont du mal à intervenir. Nous les traquons quotidiennement, en vain. Ils sont toujours là", explique Paul Guégbo, un agent de police commis à la circulation.

Même son de cloche chez les agents municipaux ! "On nous accuse de laxisme face au phénomène des Bana Bana. D’abord nous avons essayé de les traquer, mais ça n’a pas marché parce qu’ils sont très mobiles, repérables donc nulle part. Ensuite, nous avons essayé de les recenser, mais là encore c’est plus difficile. Le hic, c’est qu’ils ne paient pas de taxe municipale ; un vrai manque à gagner !" souligne Armand Mobio, agent municipal à la mairie de Cocody à Abidjan.

Le paradoxe du mal nécessaire
Pour de nombreux automobilistes, comme Kabran Athanase, cadre dans une banque de la place, les Bana Bana’, sont "une plaie pour la circulation" parce qu’ils "n’attendent pas que le feu devienne vert avant de se ruer sur les véhicules non encore immobilisés et de proposer leurs articles. Ils encombrent la circulation, mais vendent des articles domestiques à moindre coût, c’est peut-être un mal nécessaire".

Premier volet d'un diptyque sur les commerçants ambulants. Second volet, sur les commerçants ambulants africains en Italie : vendredi 14 octobre 2011
 

  • Bana Bana dans une rue d&#039;Abidjan<br>&copy; Photo : Selay Marius Kouassi - http://www.rnw.nl/afrique
  • Bana Bana dans une rue d&#039;Abidjan<br>&copy; Photo : Selay Marius Kouassi - http://www.rnw.nl/afrique
  • Bana Bana dans une rue d&#039;Abidjan<br>&copy; Photo : Selay Marius Kouassi - http://www.rnw.nl/afrique

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Oberon 5 janvier 2012 - 12:15pm

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