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Aveugle faisant la manche dans les rues de Johannesburg
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Johannesburg, Afrique du Sud
Johannesburg, Afrique du Sud

Aveugle et mendiant dans les rues de Johannesburg

Publié le : 13 janvier 2012 - 12:26pm | Par Rédaction Afrique (photo AFP)
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Des dizaines d’aveugles zimbabwéens sans ressource n’hésitent pas à traverser le Limpopo, rivière infestée de crocodiles, pour chercher des jours meilleurs dans les villes d’Afrique du Sud. Ils ont fui leur pays après les problèmes économiques et politiques qui ont débuté en 2008.

A Johannesburg, on peut les voir aux croisements des rues, près des feux tricolores et sur les trottoirs, en quête d’un peu d’argent et de nourriture. Mais leur unique source d’existence est menacée depuis que les autorités intensifient leurs efforts pour les chasser des rues.

Par Thuso Khumalo à Johannesburg

Lorcadia Dewa, âgée de 40 ans, était une aveugle bien connue des rues de Mwenezi, ville située dans la province du Masvingo dans le sud du Zimbabwe. En 2008, après la chute de l’économie zimbabwéenne et la dévaluation de la monnaie du pays, elle a décidé de refaire sa vie en Afrique du Sud.

Risquant et illégal
"Je n’avais pas de passeport, j’ai donc payé un homme qui m’a aidée à traverser le Limpopo pour entrer en Afrique du Sud, en passant par des trous faits dans le grillage séparant les deux pays," confie Dewa.
Dewa fait partie de ces dizaines de mendiants aveugles zimbabwéens qui ont traversé de la même manière la frontière pour aller en Afrique du Sud. La plupart d’entre eux se retrouvent à Johannesburg où ils se regroupent près des croisements et feux tricolores, demandant un peu d’argent et de nourriture.

Feux tricolores
Comme les autres, Dewa se réveille tôt le matin et va se poster près des feux tricolores à l’aide de son guide. Quand les voitures s’arrêtent au feu rouge, les mendiants vont sur la route et font l’obole près de chaque pare-brise, chantant quelque chose et se fondant en remerciements quand un automobiliste jette une pièce dans leur petit récipient en fer blanc.

"Un mauvais jour, nous n’avons rien, mais nous arrivons en général à nous faire entre 3 et 10 euros par jour", affirme Dewa. Toutefois, elle insiste pour dire que ce n’est pas suffisant pour subvenir à ses besoins. "Mon guide exige 50% de ce que je reçois chaque jour et je paie les frais de scolarité pour mes deux enfants qui sont à l’école au Zimbabwe."

Casse-tête pour les autorités de la ville
Mais les mendiants aveugles sont un véritable casse-tête pour les autorités de la ville. Qui les accusent d’obstruer la circulation et de mettre en danger leur propre vie quand ils doivent traverser la route en quête d’une petite obole. La police de Johannesburg et les travailleurs sociaux vont souvent les chercher dans les rues pour les emmener loin des lieux de leur gagne-pain.

Dewa se plaint de cette attitude qui est une vraie menace pour son existence et celle de ses pairs. La mendicité est leur seule source de survie. "Un jour ils nous ont gardé en détention pendant toute une journée. Comment voulez-vous que nous survivions tant que nous ne bénéficierons pas d’allocations pour handicapés que reçoivent bien les aveugles du pays", demande Dewa aux autorités.

Les aveugles qui utilisent leurs enfants comme guides sont également amers contre la ville de Johannesburg qui prend ces enfants pour les envoyer dans des familles d’accueil. En réponse, la ville les accuse de négliger leur progéniture qui ne va pas à l’école.

Nouvelles tactiques de survie
Dewa est à la recherche de nouvelles tactiques pour survivre. Elle s’est regroupée avec son amie aveugle comme elle Philominah Hlomavi et d’autres compagnons pour former une organisation appelée Fédération internationale des personnes albinos et aveugles. (FPAB).

"Nous faisons appel à des donateurs afin de pouvoir trouver des accommodations pour les personnes aveugles et financer des projets pouvant générer de l’argent. Nous voulons commencer des projets de couture, coupe, soudure ou chant pour les aveugles mais nous n’avons aucune ressource", dit Hlomayi.
Son rêve est de faire en sorte que les aveugles venant du Zimbabwe ne soient plus dépendants de la bonne volonté des gens afin pour pouvoir mener une vie normale.

 

  • Lorcadia Dewa (g) et Philominah Hlomavi<br>&copy; photo Thuso Khumalo - http://www.rnw.nl
  • Ethel Muzonsa, Philominah Hlomavi, Lorcadia Dewa et enfants<br>&copy; photo AFP - http://www.afp.com

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