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Le préservatif féminin en Afrique
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Yaoundé, Pays-Bas
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Au Cameroun, des préservatifs féminins chez le coiffeur

Publié le : 22 novembre 2011 - 2:57pm | Par Rédaction Afrique (Photo : RNW)
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Le préservatif féminin n’a pas la côte - Témoignages

Introduit au Cameroun en 2002, le préservatif féminin a réellement été vulgarisé dès 2009 avec le lancement de l’initiative néerlandaise Universal Access For female Condom (UAFC). Il est connu sous la marque "Protectiv". Malheureusement, les femmes tardent encore à l’adopter. Elles trouvent trop de défauts à ce préservatif qui avait pourtant pour but de leur permettre d’avoir leur propre moyen de protection.

"Ce préservatif fait trop de bruits, comme lorsque vous marchez avec des chaussures en cuir mouillées. A la longue, ce bruit constant tue le désir", se plaint Christelle Makondo.

"Normalement, il doit s’accrocher aux grandes lèvres du vagin mais ce n’était pas le cas lorsque je l’ai testé. J’ai dû le tenir avec les mains durant tout le rapport sexuel. Je crois que c’est un problème de taille", constate Edith Mbida.

Annette Ngo Bilong explique qu’elle a "du mal à l’enfiler. Mon partenaire et moi avons trouvé qu’il était trop rugueux il ne me sentait pas et moi non plus je ne le sentais pas. Or avec certaines marques de préservatifs masculins, on ne sent presque plus le corps étranger". La femme de 32 ans conclut : "Je veux bien me protéger mais sans tuer ma libido. C’est pourquoi j’ai renoué avec les préservatifs masculins qui sont de plus en plus sophistiqués."

 

Pour vulgariser les préservatifs féminins au Cameroun, des associations les déposent dans des salons de coiffure, des ateliers de couture et des échoppes. Mais au lieu de les vendre, les gérants les donnent gratuitement aux clientes – pour pouvoir vider leurs stocks.

Anne Mireille Nzouankeu, Yahoundé

La Chance Beauté est un salon de coiffure situé au quartier Emana de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun. Dès l’entrée, des affiches roses sont placardées sur les portes. Elles indiquent que des préservatifs féminins de marque "Protectiv" y sont en vente. Les deux clientes qui sont là ce 19 novembre causent tout en se faisant belles.

Salon de coiffure à Yaoundé
Salon de coiffure à Yaoundé

Avant de partir, Elise Ndi, l’une des deux clientes, demande : "N’as-tu pas quelques "condoms" pour moi ?". Ngono, la coiffeuse, se dirige vers une boîte de carton au fond de l’institut de beauté et revient avec un petit objet aux couleurs de l’affiche. "Il n'en reste qu’un seul. Les autres sont mes échantillons", indique-t-elle en tendant l’objet à la dame.

Une initiative néerlandaise
En fait, le terme "condom" est couramment utilisé pour désigner les préservatifs aussi bien masculins que féminins. Au Cameroun, on ne trouve qu’une seule marque de préservatifs féminins à savoir : "Protectiv". Ils ont été introduits et vulgarisés depuis 2009 par le projet Universal Access to Female Condom (UAFC), basé aux Pays-Bas, en partenariat avec l’Association camerounaise pour le marketing social (ACMS). Pour assurer la distribution des préservatifs, l’ACMS a à son tour sollicité l’aide de plusieurs autres associations. Ce sont ces associations qui déposent les préservatifs dans les salons de coiffure, les ateliers de couture et les échoppes afin que les responsables de ces entreprises les vendent à leurs clients.

Ngono la coiffeuse avoue qu’elle a du mal à les vulgariser. "On doit le vendre à 100 Fcfa (0,15 €) l’unité mais les femmes n’achètent pas". Ngono reçoit entre 50 et 100 pièces par mois et pour que les stocks ne s’accumulent pas, "ma patronne nous dit de les offrir à nos connaissances". Une cliente nommée Elise Ndi reconnaît ne pas utiliser régulièrement les préservatifs Protectiv. "J’en prends juste au cas où je pourrais en avoir besoin. Il est rare sur le marché. Pour en avoir, je suis obligée de venir ici. Or les préservatifs masculins se vendent à tous les coins de rue, c’est pourquoi je les préfère", se justifie-t-elle.

Problèmes de distribution
Au quartier Emombo de Yaoundé, où a travaillé l’association "Jeunes dynamiques Azegué 3", des affiches sont placardées dans quelques boutiques. Ces affiches sont censées indiquer qu’une équipe du projet UAFC est passée par là et qu’on peut y trouver des préservatifs féminins. Mais ce n’est pas toujours le cas. "J’en avais, je n’en ai plus commandé car j’ai eu de la peine à écouler le premier stock", explique Ibrahim, tenancier d’une échoppe.

Laura, une jeune fille de cette association tient cependant à préciser que son association a arrêté cette sensibilisation depuis près d’un an. Un jeune d’une autre association explique : "Nous devions vendre les préservatifs féminins et percevoir un pourcentage sur nos ventes. Mais ces préservatifs ne se vendent pas, ce qui fait qu’on travaille pour rien".

Ibrahim pense que cette mévente est aussi liée à un problème culturel. "Les femmes ont un peu honte. Aucune femme n’est jamais entrée ici pour demander un préservatif. Mais lorsqu’on leur en propose, elles le prennent", explique-t-il.

Autres villes, autres réalités
L'Association des jeunes actifs du Cameroun (AJAC), dirigée par Jojo Ngui Omballa, sensibilise plutôt dans la ville de Douala, la capitale économique du Cameroun. Il assure que là-bas, le préservatif féminin se porte mieux qu’à Yaoundé.

"Chaque ville a ses réalités. Ici nous travaillons avec environ 69 salons de coiffure et tout se passe bien, ajoute-t-il. Si la sensibilisation ne marche pas à Yaoundé, il faut juste changer de stratégie", conclut le leader d’association.

 

 

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