Un porte-parole présumé du mouvement islamiste Boko Haram, qui avait revendiqué de nombreux attentats meurtriers, a été arrêté au Nigeria, pays en proie depuis plusieurs semaines à la multiplication d'attaques islamistes, ont indiqué mercredi des sources sécuritaires nigérianes.
"Nous avons enregistré un grand succès avec l'arrestation du porte-parole de Boko Haram, connu sous le nom de Abu Qaqa", a indiqué sous couvert de l'anonymat un responsable des services de renseignement de la police.
Chercher à confirmer
Un haut responsable de la police a confirmé avoir "reçu une information sur l'arrestation du porte-parole de Boko Haram", mais une troisième source sécuritaire a souligné que les policiers "voulaient être sûrs qu'il s'agit vraiment du porte-parole de Boko Haram. Ils cherchent encore à confirmer cela".
Un homme se présentant sous le pseudonyme d'Abu Qaqa s'était à plusieurs occasions présenté comme le porte-parole de Boko Haram, en revendiquant notamment de nombreuses attaques au Nigeria, pays le plus peuplé du continent avec 160 millions d'habitants, également répartis entre musulmans et chrétiens.
Le porte-parole présumé tenait régulièrement des conférences de presse par téléphone avec plusieurs journalistes dans la ville de Maiduguri (nord-est), le fief du mouvement islamiste.
Etat islamique
Apparu au début des années 2000 à Maiduguri, Boko Haram s'en est longtemps pris à des symboles du pouvoir comme la police, l'armée ou des hommes politiques. Ainsi, à Kano, les attaques coordonnées du 20 janvier ont visé principalement des commissariats.
Les attaques contres des églises font craindre une escalade des violences interconfessionnelles dans ce grand pays majoritairement musulman au nord et à dominante chrétienne dans le sud. Le groupe affirme vouloir instaurer un Etat islamique.
Quelque deux mille personnes se sont par ailleurs massées mercredi dans une église catholique à Madalla, (centre) pour honorer des victimes de l'attaque perpétré le jour de Noël et qui avait fait 44 morts. Elle avait été revendiquée par Boko Haram.
Vivement critiqué pour avoir échoué à endiguer cette violence, le président Goodluck Jonathan, un chrétien du sud, a déclaré récemment que Boko Haram devait clarifier ses revendications pour un éventuel dialogue.
Sa proposition de dialogue a été rejetée samedi par Abu Qaqa, porte-parole présumé du groupe, qui avait à cette occasion proféré de nouvelles menaces.
Un rapport d'une mission de l'ONU chargée d'évaluer l'impact de la crise libyenne au Sahel avait évoqué fin janvier la menace que fait peser sur la région le groupe islamiste Boko Haram, actif au Nigeria, et les liens que ce groupe a tissés avec Aqmi, très présent au Sahel.














Placez votre commentaire