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samedi 23 août  
Agriculture en Afrique : retour aux sources
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Bamako, Mali
Bamako, Mali

Agriculture en Afrique : retour aux sources

Publié le : 22 juin 2011 - 11:29am | Par Jan Marchal (Photo : Jan Marchal)
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L’agriculture agro-écologique et biologique

L’agro-écologie, selon la définition de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, est une agriculture qui exploite la complexité d’un écosystème de manière durable. Elle est basée sur la pratique des systèmes traditionnels, mais avec un apport complémentaire de connaissances scientifiques, pour une meilleure utilisation des ressources naturelles et une meilleure performance agronomique. De plus, la diversification de la production et l’intégration de l'agriculture, de l'élevage, de la foresterie et de la pêche dans certains cas, rejoint les stratégies paysannes de diversifier la production pour la consommation et pour le marché.

L'agriculture "biologique" ou "bio" se base sur les mêmes principes que l’agro-écologie, mais les produits sont clairement identifiés par un label et le cachet d'un organisme de contrôle. Les consommateurs choisissent délibérément un mode de production, de transformation, de manutention et de commercialisation. Les produits biologiques sont 10 à 30% plus chers que les produits conventionnels.
 

Les dernières découvertes scientifiques sont formelles : l’agriculture biologique et naturelle peut doubler la production agricole et résoudre la faim en Afrique. Une découverte qui arrive après plus de 30 années de politique d’agriculture industrielle en Afrique, responsable de la perte des méthodes traditionnelles. Les paysans africains réclament un retour aux sources.

Stratégie écologie familiale
"Nous nous opposons à l’agriculture moderne, nous défendons une agriculture familiale et agro-écologique", dit Salif Sissoko, directeur de la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali (CNOP). Sissoko plaide pour une "stratégie écologie familiale" avec les techniques traditionnelles qui permettra plus de production, plus d’emplois et plus d’exportations.

Une approche qui diffère totalement de la nouvelle révolution verte, un modèle soutenu par les politiques occidentales depuis le début des années 80 lors de l’introduction du programme d’ajustement structurel mis en place par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). La révolution verte préconisait de résoudre la faim dans le monde par une hausse rapide de la production. Mais ce modèle est basé sur une agriculture moderne et intensive, avec des effets négatifs sur l’environnement et la biodiversité.

Plus de rendements
Or les dernières recherches sont formelles : à long terme, l’agriculture biologique, ou agro-écologique, augmente les rendements de 80% et est bien plus abordable pour les petits producteurs, selon un communiqué du Rapporteur spécial des Nations unies pour le Droit à l'Alimentation, le Belge Olivier de Schutter. De plus, d’après les conclusions de la première conférence internationale sur la qualité des produits biologiques, qui a eu lieu à Prague du 18 au 20 mai, une alimentation issue de l’agro-écologie diminue les risques de tension artérielle et de diabète et renforce le système immunitaire.

Maintenant que le monde semble redécouvrir les bienfaits d’une agriculture naturelle, Sissoko regrette les changements qu’a causés l’agriculture moderne au Mali au cours des dernières décennies : "Notre agriculture familiale a subi des chocs. L’introduction et l’importation de monocultures à grande échelle et à bon marché, comme le riz, ont changé les habitudes alimentaires et poussé les paysans à délaisser les variétés traditionnelles. Nous observons également que les pays asiatiques achètent nos terres. Ces développements ont affecté notre production nationale et nous sommes devenus dépendants d’importations alimentaires."

Savoir-faire paysan
Le fait que les Nations unies appellent les Etats à entamer un virage fondamental en faveur de l'agro-écologie, arrive donc à point nommé pour les paysans maliens. Le Rapporteur spécial des Nations unies pour le Droit à l'Alimentation Olivier De Schutter perçoit l’agro-écologie comme le moyen de répondre aux défis alimentaires, climatiques et de pauvreté dans le monde. Ce type d’agriculture offre une plus grande diversité de cultures et de meilleurs rendements avec des méthodes naturelles, ce qui améliore l’alimentation et conserve l’environnement. Elle est également plus intensive en main-d’œuvre, ce qui permet plus d’emplois. Selon De Schutter, l’agro-écologie est le moyen de répondre à la crise alimentaire dans les pays en développement.

Chantal Jacovetti, responsable des questions foncières à la CNOP, salue l’appel de De Schutter : "On a détruit tout le savoir-faire paysan par la révolution verte et en faisant de l’agriculture un business, avec l’utilisation de produits chimiques et l’introduction d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Le but de l’agro-écologie est de retrouver l’ancien savoir-faire et de regrouper les connaissances, pour répondre aux nouveaux défis alimentaires. Elle permettra une production locale suffisante pour nourrir toute la population, mais aussi pour exporter dans la région du Mali." Jacovetti attribue la faute au gouvernement du pays. "C’est aux politiques de soutenir une agriculture agro-écologique et de protéger le marché national du dumping des produits d’Europe".

Les dernières découvertes en termes d’agro-écologie et l’appel des Nations unies permettront-ils le retour à une agriculture traditionnelle et à l’Afrique de répondre à la crise alimentaire ? Il faudra certainement attendre que les pays occidentaux se rendent compte des effets positifs de l’agro-écologie pour leur propre secteur agricole et pour leur santé. Jacovetti : "En France, par exemple, on commence à prendre conscience de l’énorme perte du savoir-faire paysan. Mais heureusement que l’Afrique a encore beaucoup de producteurs traditionnels, tout n’est pas perdu."
 

  • Agriculture en Afrique : retour aux sources<br>&copy; Photo : Jan Marchal - http://www.rnw.nl/afrique
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  • Agriculture en Afrique : retour aux sources<br>&copy; Photo : Jan Marchal - http://www.rnw.nl/afrique
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