Le Congrès National Africain d'Afrique du Sud, l'ANC, qui a pris le pouvoir en 1994 après des décennies de lutte contre le régime de l'apartheid, célèbre ses cent ans ce weekend avec trois jours de festivités lors desquelles plus de 100.000 personnes sont attendues.
C'est en grande pompe que le mouvement compte célébrer son anniversaire en présence d'une trentaine de chefs d'Etat à Bloemfontein (centre) --aussi appelée Mangaung de son nom africain--, là même où fut fondé le Congrès national indigène sud-africain (SANNC) --rebaptisé Congrès national africain (ANC) en 1923-- le 8 janvier 1912. Plus de 100.000 personnes sont attendues, pour trois jours de festivités de vendredi à dimanche. Au programme, tournoi de golf, cérémonies traditionnelles, concerts, dîner de gala, allumage d'une flamme du centenaire appelée à faire le tour du pays et apothéose dimanche avec une grande fête dans le stade de la ville au cours de laquelle le président Jacob Zuma prendra la parole.
Contrairement à de nombreux "mouvements de libération" africains parvenus au pouvoir plus tôt que lui, l'ANC a jusqu'à présent globalement résisté aux tentations autoritaires.Rien qu'en Afrique australe, l'Angola, le Mozambique, la Tanzanie, le Malawi et la Zambie ont connu des régimes de parti unique imposés par les pères de l'indépendance, tandis que les autorités du Zimbabwe ont laissé bien peu de liberté à une opposition pourtant officiellement tolérée. Le parti de Nelson Mandela a instauré l'une des Constitutions les plus libérales du monde. Douze autres partis sont représentés au Parlement, le pouvoir judiciaire est fort et la presse libre est souvent critique.
Cela dit, si l'ANC n'est pas un parti unique, son poids - avec actuellement 264 députés sur 400 au Parlement - lui laisse largement les mains libres. Mais le poids de l'ANC fait aussi que ses dissensions intérieures deviennent autant d'affaires nationales, alors que ses membres hésitent toujours entre orthodoxie libérale et tentations marxistes. Tous les esprits sont en fait tournés vers la prochaine conférence de l'ANC, qui se tiendra en décembre, également à Bloemfontein. Jacob Zuma compte se succéder à lui-même à la tête du parti, ce qui lui permettrait de rester président du pays en 2014.
Source : AFP














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