Changement climatique : le niveau de la mer monte, on voit de plus en plus de cyclones, de tsunamis et autres catastrophes naturelles. Oui, nous connaissons cela. Les scientifiques ne sont toujours pas d’accord sur ce changement climatique. Cependant, on rencontre toujours des victimes des transformations de la nature. Elles ne peuvent jamais réclamer quoi que ce soit, car elles n’ont aucune existence juridique.
A vrai dire, de qui parlons-nous ? Des nomades d’Ethiopie et de Somalie, qui vont chercher toujours plus loin de la nourriture pour leur bétail et qui se retrouvent face à des frontières érigées par des personnes ? Pour eux, le plus grand problème n’est pas le changement climatique, mais le fait que les gouvernements leur refusent l’accès aux sources et limitent leurs débouchés.
Monsieur Muniruzzaman, spécialiste climatique originaire du Bangladesh, affirme qu’on aurait besoin d’un cadre juridique pour protéger les victimes du changement climatique :
Si nous ne faisons rien, ces gens vont se retrouver totalement sans Etat, ils n’auront aucun statut juridique et aucun pays n’est obligé juridiquement de faire quoi que ce soit pour eux s’il arrive quelque chose.
Des dizaines de millions
Des dizaines de millions de personnes vont se déplacer, ajoute l’expert juridique Wybe Douma. Même si le nombre précis de personnes est discutable, il ne fait aucun doute que le problème existe et qu’il faut trouver un endroit à l’intérieur du système pour parvenir à une solution.
A l’heure actuelle, les réfugiés climatiques se retrouvent devant des portes closes.
Des villageois au Malawi, qui doivent choisir entre un manque d’eau potable et un danger d’inondation. Ils fuient les forts courants d’eau, mais veulent revenir chez eux car ils n’ont pas d’alternative pour avoir de l’eau potable. Les cotonniers du Mali, qui voient leur récoltes détruites par la sécheresse. Pas de pluie signifie rien à manger.
Les réfugiés sont, selon les Nations unies, des personnes qui doivent quitter leur pays pour des raisons politiques, sociales ou religieuses. On ne parle jamais du climat. Et l’organisation de réfugiés onusienne UNCHR n’a aucun intérêt à reconsidérer cette définition : ils n’ont pas d’argent et la situation pour les migrants climatiques est vraiment différente.
A l’intérieur des frontières
Les directives régionales et internationales existantes sur l’accueil des victimes de catastrophes naturelles et la protection des personnes offrent sans doute quelque soulagement pour le nouveau type de migrant. Si elles sont bien appliquées, nous pouvons nous y retrouver, affirme Alex Flavell, membre de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les Bengalis qui sont chassés en grand nombre vers la frontière indienne à cause des inondations ? Il est prévu que 20% du pays se retrouve sous l’eau. Ce qui ferait fuir 30 à 35 millions de personnes à la recherche de terre ferme.
La déclaration faite lors du Sommet climatique de Cancun en 2010 a entrouvert une porte. Les Etats sont invités à mieux collaborer aux déplacements, migrations et relocations planifiées dus aux changements de climat. Le Conseil de sécurité de l’ONU a reconnu en juillet dernier que le changement de climat pourrait mener à des conflits.
Mais où est l’origine du problème et où est la conséquence ? La rareté de l’eau et d’autres problèmes climatiques riment souvent avec conflits et migrations. C’est toujours plus complexe que de dire : pénurie, donc conflit, donc migration, constate Alex Flavell, de l’OIM.
Petits pas
En résumé : un problème complexe, et des petits pas en direction d’une solution. C’est ainsi que le Haut Commisariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ne veut pas être responsable pour les migrants climatiques, mais est en train d’élaborer une directive pour les déplacements hors des frontières comme suite aux catastrophes naturelles. Mais pour résoudre un problème structurel, il faut une solution structurelle, dit Ingrid Boas, qui espère écrire sa thèse de fin d’études sur ce sujet :
Maintenant il s’agit de parer au plus pressé, si quelque chose arrive nous intervenons e façon désordonnée. C’est pourquoi il serait bon d’avoir un projet structurel et faire du travail préventif. Maintenant, tout le monde en parle et personne n’est d’accord à ce sujet, et ce sont les réfugiés qui en sont les victimes. Ce n’est pas juste.















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